Goldman Sachs, Jane Street, Millennium : qui détient vraiment les ETF XRP ?
Deux fois par an, la marée se retire un peu sur Wall Street. Les ETF XRP cotés aux États-Unis viennent de livrer leur photo trimestrielle des détenteurs institutionnels, via les rapports 13F déposés auprès de la SEC. Et cette photo réserve son lot de surprises. Goldman Sachs trône en tête, mais son parcours ressemble davantage à des montagnes russes qu’à une trajectoire en ligne droite. Deux nouveaux noms, Jane Street et Millennium Management, s’invitent juste derrière.
- Les ETF XRP ont révélé des mouvements intrigants parmi les détenteurs institutionnels, avec Goldman Sachs en tête, malgré un parcours financier chaotique.
- Jane Street et Millennium Management ont émergé comme de nouveaux acteurs majeurs dans le classement des ETF XRP, soulevant des questions sur leurs véritables intentions.
Goldman Sachs recule, puis revient en force sur les ETF XRP
Les données du deuxième trimestre, compilées par l’analyste Bloomberg James Seyffart, placent Goldman Sachs en tête avec environ 87,4 millions de dollars d’exposition aux ETF XRP. Le détail du formulaire 13F, qui couvre les positions au 30 juin 2026 et a été déposé le 14 août, raconte une histoire plus mouvementée qu’il n’y paraît. Fin 2025, la banque détenait plus de 153,8 millions de dollars de ces produits.
Puis elle a tout liquidé au premier trimestre. Sa position est retombée à environ 4,3 millions de dollars avant de repartir à la hausse, un bond d’environ vingt fois en trois mois. Certains commentateurs sur les réseaux sociaux ont parlé d’un simple retour de Goldman. Les chiffres racontent plutôt un rechargement massif d’une position qui n’avait jamais complètement disparu.
Jane Street et Millennium, les nouveaux venus du classement ETF XRP
Vous vous demandez peut-être pourquoi des noms pareils s’intéressent à un altcoin ? Jane Street arrive en deuxième position avec environ 16,6 millions de dollars, suivie de près par Millennium Management à 16,2 millions. Intesa Sanpaolo et Marex UK Holdings complètent le haut du classement, avec respectivement 14,4 et 8,1 millions de dollars.
Rien de tout cela ne prouve un pari directionnel sur XRP. Jane Street, en particulier, est avant tout un teneur de marché (market maker). Sa présence dans un ETF sert souvent l’arbitrage ou la couverture, pas la conviction. Millennium, fonds spéculatif multi-stratégies, joue un jeu similaire. Ces filings obligatoires, réservés aux gestionnaires qui dépassent 100 millions de dollars d’actifs sous gestion, ne disent donc rien de leur intention réelle. Ils disent seulement qu’ils sont là.

Les 13F ne racontent qu’une partie de l’histoire des ETF XRP
Et c’est là que le bât blesse. Fin 2025, seuls 15,9 % des parts des ETF XRP étaient détenues par des institutions tenues de déposer un 13F. Autrement dit, ce classement flatteur n’éclaire qu’un coin de la pièce. La majorité des détenteurs, particuliers ou petites structures, restent invisibles dans ces formulaires. Selon les données de SoSoValue, les entrées cumulées sur les ETF XRP américains avoisinaient 1,67 milliard de dollars fin août, contre environ 1,79 milliard selon le décompte de Bloomberg. Deux méthodologies, deux chiffres. La tendance de fond, elle, ne fait aucun doute : la semaine dernière a signé la meilleure performance hebdomadaire de l’année, avec plus de 110 millions de dollars d’entrées nettes.
Ce déluge d’argent frais contraste pourtant avec le cours du token. XRP évolue ce mardi autour de 1,39 dollar, encore loin de ses sommets d’août. L’appétit institutionnel grimpe, le prix traîne des pieds. Un peu comme applaudir un spectacle sans acheter le billet. Cette divergence entre flux ETF et performance de marché n’a rien d’anecdotique. Elle rappelle que la démonstration d’intérêt institutionnel et la conviction de prix restent deux histoires distinctes, qui ne convergent pas toujours au même rythme.