Crypto et arnaques : 11 milliards $ volés en 2025, alerte le FBI
Les séniors en première ligne. Le rapport annuel 2025 du bureau du FBI dédié aux crimes sur internet (IC3) marque une progression historique de la cybercriminalité aux États-Unis. Pour la première fois en vingt-cinq ans d’activité, l’agence a recensé plus d’un million de plaintes en une seule année civile. Les pertes financières globales ont atteint 20,9 milliards de dollars, soit une hausse de 26 % par rapport à l’exercice précédent. Cette dynamique repose en grande partie sur l’efficacité des fraudes dites « cyber-activées », qui concentrent 85 % de la valeur totale dérobée malgré une part plus modeste dans le volume des plaintes. Les seniors de 60 ans et plus constituent la cible la plus vulnérable, déclarant à eux seuls 7,7 milliards de dollars de préjudice. Quant à la crypto, elle représente une part de plus en plus importante des affaires traitées l’an dernier. Explications.
- Le rapport 2025 du FBI a révélé une hausse historique de la cybercriminalité aux États-Unis avec plus d’un million de plaintes et des pertes atteignant 20,9 milliards de dollars.
- Les seniors ont été des cibles majeures, accusant un préjudice de 7,7 milliards de dollars, avec une montée inquiétante des fraudes à l’investissement, exacerbée par l’usage de l’intelligence artificielle.
Une professionnalisation des méthodes de fraude à l’investissement
Selon les équipes du FBI, la fraude à l’investissement s’établit comme le moteur principal des pertes financières déclarées en 2025. Cette catégorie a généré à elle seule 8,6 milliards de dollars de préjudices, dont une part prépondérante liée aux actifs numériques. Le volume de plaintes pour ce type d’infraction a augmenté de 48 % par rapport à 2024, témoignant d’une sollicitation accrue des victimes.
Le FBI impute la majorité de ces opérations à des organisations criminelles structurées, principalement basées en Asie du Sud-Est, qui exploitent une main-d’œuvre issue du trafic d’êtres humains dans des centres spécialisés au Cambodge, au Laos et au Myanmar.
L’usage de l’intelligence artificielle (IA) apparaît également comme un facteur d’accélération notable. Pour l’année 2025, l’IC3 a identifié plus de 22 000 plaintes impliquant cette technologie pour un montant de 893 millions de dollars. L’IA facilite la création de contenus frauduleux réalistes, tels que des profils synthétiques ou des voix clonées, rendant les tentatives d’hameçonnage plus difficiles à détecter.
Parallèlement, les escroqueries à la récupération, où les fraudeurs se font passer pour des cabinets d’avocats ou des agents gouvernementaux pour cibler des victimes déjà lésées, ont engendré 1,4 milliard de dollars de pertes supplémentaires.
Les statistiques relatives aux cryptomonnaies occupent désormais une place centrale dans le bilan annuel de la cybercriminalité. En 2025, les pertes liées à ces actifs ont franchi le seuil des 11,3 milliards de dollars, représentant plus de la moitié du montant total des crimes signalés sur internet.

L’impact croissant de la crypto sur la cybercriminalité
Le nombre de plaintes spécifiques a progressé de 21 %, tandis que le préjudice moyen par victime s’élève désormais à 62 604 dollars. Les investisseurs de 60 ans et plus sont particulièrement touchés par ces stratagèmes, avec des pertes atteignant 4,4 milliards de dollars pour cette seule tranche d’âge, soit une augmentation de 56 % en un an.
Les « distributeurs automatiques et kiosques » de cryptomonnaies constituent un vecteur de fraude de plus en plus actif. Les pertes via ces terminaux ont grimpé de 58 % pour atteindre 389 millions de dollars en 2025. Cette situation a d’ailleurs conduit plusieurs États, comme le Connecticut, à durcir le cadre législatif encadrant ces opérateurs.
En réponse, les autorités fédérales renforcent leurs capacités de saisie. La cellule de récupération de l’IC3 a ainsi pu geler 679 millions de dollars l’an dernier. De plus, les programmes de notification proactive ont permis de prévenir environ 225 millions de dollars de pertes en alertant les victimes potentielles avant que les fonds ne soient définitivement transférés.
Le bilan de l’année 2025 souligne une transformation profonde du paysage de la fraude numérique, marquée par une sophistication technologique accrue et une exploitation ciblée des populations les plus aisées. Si l’augmentation des plaintes reflète une meilleure déclaration des crimes, elle expose surtout l’ampleur des défis pour les organismes de régulation. L’intégration de l’intelligence artificielle et la persistance des structures criminelles internationales suggèrent que la lutte contre la cybercriminalité nécessite désormais une coopération transversale entre les secteurs technologiques et financiers. La stabilisation de ces chiffres dépendra de la capacité des autorités à maintenir un rythme d’intervention comparable à l’évolution des outils utilisés par les fraudeurs.