Bitcoin et Ethereum : La Thaïlande abat une nouvelle carte dans la course aux ETF
Encore une étape, pas la ligne d’arrivée. Après avoir dévoilé son plan stratégique sur trois ans en janvier, le régulateur boursier thaïlandais passe à la phase suivante. La SEC locale a ouvert le 24 août deux consultations publiques : l’une sur les règles précises de futurs ETF Bitcoin et Ether cotés sur place, l’autre sur les dépositaires étrangers d’actifs numériques autorisés à intervenir dans le pays. Bangkok avance méthodiquement, brique après brique, vers son ambition de devenir un hub crypto régional.
- La SEC thaïlandaise a ouvert deux consultations publiques sur les règles d’ETF Bitcoin et Ether et sur les dépositaires étrangers d’actifs numériques, se terminant le 20 septembre.
- Un plancher d’exposition de 80% pour les futurs ETF thaïlandais a été fixé, avec une gestion passive limitée à la Bourse de Thaïlande, et un débat persistant sur la garde des actifs numériques.
Un plancher d’exposition de 80% pour les futurs ETF thaïlandais
Le texte publié fixe des garde-fous précis, loin des annonces vagues de janvier. En effet, chaque fonds devra maintenir une exposition nette moyenne d’au moins 80% de son actif net à la cryptomonnaie sous-jacente sur l’année comptable, selon le communiqué de la SEC thaïlandaise publié le 24 août.
Ces ETF, gérés de façon passive, ne pourront trader que sur la Bourse de Thaïlande (SET), et seuls Bitcoin et Ether sont éligibles pour cette première phase, faute d’autres actifs jugés suffisamment liquides par le régulateur. Les sociétés de gestion devront aussi prouver qu’elles disposent du personnel et des systèmes adaptés à ce type de produit avant tout lancement effectif.
Le texte du 24 août prolonge une première mouture soumise à commentaires dès avril, quand le régulateur avait posé les grands principes de gestion et de garde. La majorité des retours soutenaient déjà le projet à l’époque, seule la question des dépositaires avait suscité assez de réserves pour pousser la SEC à revoir sa copie. Le régulateur avait aussi évoqué, dès janvier, la piste de teneurs de marché dédiés pour garantir une liquidité suffisante une fois ces produits effectivement cotés, un chantier qui reste ouvert en parallèle des deux consultations en cours.
La question des dépositaires, point de friction depuis avril
Le sujet qui a le plus fait grincer des dents lors de la première consultation, en avril, concerne la garde des actifs, comme souvent.
La version révisée maintient les dépositaires locaux comme option par défaut, tout en laissant à la SEC une marge de manœuvre pour autoriser des prestataires étrangers qualifiés « si les circonstances le justifient ». Un compromis qui protège l’industrie locale de la garde d’actifs numériques sans fermer complètement la porte à l’expertise internationale. Les fonds mutuels et privés déjà autorisés à investir dans des ETF crypto étrangers pourront, sous les mêmes plafonds réglementaires, se tourner vers ces nouveaux véhicules thaïlandais une fois le cadre finalisé. Les certificats représentatifs adossés à des ETF crypto étrangers, eux, resteront interdits durant cette première phase : Bangkok veut garder la main sur les produits domiciliés localement avant d’envisager d’ouvrir davantage la porte.
Consultation ouverte jusqu’au 20 septembre, verdict attendu ensuite
La fenêtre de commentaires reste ouverte pour l’instant, rien n’est encore gravé dans le marbre. Le public et les acteurs du secteur ont jusqu’au 20 septembre pour réagir aux deux textes, avant que la SEC ne poursuive le processus réglementaire. Ce chantier avance en parallèle d’un autre : depuis février, les cryptomonnaies sont reconnues comme actifs sous-jacents valables pour des contrats à terme réglementés en Thaïlande, un cadre distinct mais complémentaire qui vise, lui aussi, à rapprocher la finance traditionnelle du marché crypto local.
En avril, la SEC avait également proposé de simplifier l’accès aux dérivés crypto pour les entreprises déjà agréées, sans les obliger à créer une entité juridique distincte pour chaque nouveau produit. Bangkok avait déjà posé une première pierre en juin 2024, avec un ETF Bitcoin réservé aux investisseurs qualifiés géré par One Asset Management. Cette fois, l’ambition change d’échelle : un accès coté directement sur la SET, potentiellement ouvert à une base d’investisseurs bien plus large que le cercle restreint des grandes fortunes visées par le premier produit.