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Après le piratage de Binance, les institutionnels vident les exchanges : Standard Chartered voit le grand basculement vers les DEX

Exode en col blanc. Le piratage de Binance a déclenché une ruée des investisseurs institutionnels vers la sortie. Ce vendredi matin, CoinDesk rapporte même des retraits qui dépassent le périmètre de l’exchange attaqué. Standard Chartered en tire une conclusion sans détour : le vol du siècle va accélérer la migration vers les échanges décentralisés.

Le slogan a dix ans et n’a jamais été aussi coûteux à ignorer. Encore faut-il regarder ce que valent les alternatives. Car la DeFi elle-même affiche 2,81 milliards de dollars de pertes sur l’année.

Les points clés de cet article :

  • Les gros comptes rapatrient leurs actifs hors des plateformes centralisées, Binance ou pas.
  • Standard Chartered maintient son objectif de 100 dollars sur UNI à horizon 2030 et attend encore de la baisse avant un plancher.
  • Hyperliquid a gagné 16 % pendant que tout le marché chutait, aidé par un accord avec la maison mère du NYSE.
  • Les protocoles décentralisés ont perdu 2,81 milliards de dollars en 2026, un chiffre que la ruée oublie un peu vite.
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Hack Binance : pourquoi les institutionnels fuient les exchanges centralisés

Un investisseur institutionnel ne raisonne pas comme un particulier. Il a un comité des risques et un auditeur. Surtout, son mandat lui interdit de laisser un milliard chez un intermédiaire dont les réserves viennent de fondre de 4 %. Avant l’attaque, DefiLlama prêtait à Binance quelque 144 milliards de dollars d’actifs. Il en manque 6,3. Binance promet de tout couvrir, avec son fonds SAFU d’environ 1 milliard de dollars et ses fonds propres. Mais le comité des risques se moque des promesses. Il regarde la ligne « exposition contrepartie » et demande qu’elle baisse.

Les teneurs de marché ont donné le ton dès jeudi soir. Evgeny Gaevoy, le patron de Wintermute, a chiffré son exposition à Binance à « moins de 20 % des capitaux propres ». Chez GSR, Xin Song annonce moins de 5 %. Des pourcentages publiés pour rassurer, qui disent surtout que ces maisons avaient déjà réduit la voilure depuis FTX. Le mouvement de vendredi matin va plus loin. Les retraits touchent l’ensemble des plateformes, et pas seulement Binance, dont le guichet reste de toute façon fermé pour 48 heures.

Il y a un précédent. En novembre 2022, la faillite de FTX avait provoqué la plus grosse sortie de bitcoins des exchanges jamais mesurée. Depuis, la part des BTC détenus hors plateforme n’a jamais retrouvé son niveau d’avant.

Standard Chartered et les DEX : le pari sur Uniswap

Geoffrey Kendrick dirige la recherche actifs numériques de Standard Chartered. Il a fait partie des premiers à réagir vendredi, dans des commentaires transmis à Cointelegraph. Son diagnostic de court terme n’a rien d’encourageant. À court terme, il s’attend à de nouvelles baisses. Il précise qu’un nouveau plancher ne se formera qu’« une fois les actifs débloqués et davantage de détails connus sur le hack ». Sa conclusion structurelle est plus intéressante. Selon lui, l’épisode va accélérer le basculement des volumes vers les échanges décentralisés. Il maintient donc son objectif de 100 dollars pour le jeton UNI d’Uniswap en 2030, contre 6,72 dollars ce matin. Le hack serait même « une raison de plus » de penser que cet objectif est trop bas. Selon lui, Uniswap n’a jamais subi d’exploit.

Graphique UNI USDT en 1 heure sur TradingView, chute après le piratage de Binance le 29 octobre 2026
Le jeton UNI a lui aussi chuté avec le piratage de Binance, avant de rebondir vendredi matin. Source : TradingView

Le marché lui a donné un début de raison avant même la publication de sa note. Pendant que le bitcoin cassait les 77 000 dollars, HYPE, le jeton d’Hyperliquid, prenait 16 %. Deux raisons à cela. La plateforme de contrats perpétuels n’a pas de hot wallet d’exchange à vider. Ses utilisateurs gardent la main sur leurs fonds jusqu’à l’exécution. Ensuite, ICE, la maison mère de la Bourse de New York, a annoncé le même jour un partenariat avec trade.xyz pour amener les perpétuels Hyperliquid aux investisseurs américains. Un symbole difficile à manquer : le jour où le premier exchange centralisé perd 6 milliards, la maison mère de Wall Street signe avec un DEX.

Uniswap, lui, a servi de rampe de sortie au pirate. Selon Blockaid, il y a converti une partie de son butin dans la nuit. Un protocole sans liste noire ne distingue pas un voleur d’un trader. C’est sa force commerciale et son problème réglementaire, et Standard Chartered ne tranche pas ce point.

Le basculement vers les DEX a ses propres cadavres dans le placard

Avant de transférer vos actifs sur un protocole, un détour par les chiffres de l’année s’impose. D’après le dernier bilan des hacks de 2026, les pertes atteignaient 2,81 milliards de dollars avant la nuit de jeudi. L’essentiel venait des protocoles, pas des exchanges. Drift a perdu 295 millions, Kelp DAO 293 millions et le Liquid Network 320 millions. La mauvaise dette de Kelp DAO a même fait vaciller Aave. Polymarket a même subi un exploit de près de 3 millions le jour du piratage de Binance, via un prestataire compromis.

La garde autonome déplace le risque, elle ne le supprime pas. Un exchange centralisé qui se fait voler rembourse ses clients, Binance comme Bybit avant elle. Un protocole qui se fait vider dépend d’une coalition de bonne volonté, comme DeFi United en avril, ou ne rembourse personne. Et un wallet personnel mal manipulé ne rembourse jamais. Un institutionnel qui sort d’un exchange a besoin d’un dépositaire réglementé avant d’un DEX, son mandat l’exige. Le basculement que décrit Standard Chartered concerne donc d’abord les volumes de trading, où Hyperliquid et Uniswap gagnent des parts. Il ne touche pas la conservation des actifs.

Ce vendredi, un piratage a fait monter le jeton d’un DEX de 16 % et passer le bitcoin sous les 77 000 dollars. Un relevé publié par le Journal du Coin plaçait déjà 45,6 % des bitcoins hors des exchanges. De son côté, Binance a fermé son guichet de retrait pour 48 heures, le temps de reconstruire le service et ses adresses.

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Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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