Telegram : Moscou accuse la messagerie de ne pas coopérer contre le trafic de drogue
Telegram de nouveau visé par Moscou. Le ministère russe de l’Intérieur accuse la messagerie de ne pas répondre à ses propositions de coopération contre le trafic de stupéfiants. Kirill Smurov, chef par intérim de la Direction principale du contrôle des stupéfiants, a formulé ces reproches le 7 octobre. Ils s’ajoutent aux restrictions techniques et aux procédures engagées en Russie contre Telegram et son fondateur, Pavel Durov.
- Moscou a de nouveau accusé Telegram de ne pas coopérer dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.
- Pavel Durov est poursuivi par le FSB depuis juillet et figure sur la liste de Rosfinmonitoring.
La police russe reproche à Telegram son absence de coopération
Kirill Smurov s’est exprimé lors d’une réunion du Conseil public auprès du ministère de l’Intérieur consacrée notamment à la prévention du trafic de drogue chez les jeunes. Selon lui, les échanges entre consommateurs et vendeurs de stupéfiants passent fréquemment par Telegram, en dehors du darknet. Mais Smurov n’a avancé aucun chiffre à l’appui.
Le responsable a directement évoqué Pavel Durov, affirmant que le fondateur ne répondait pas aux propositions de contact des services de police. Il a résumé son reproche en ces termes :
« Telegram ne réagit à rien et ne partage aucune information. »
Kirill Smurov, chef par intérim de la Direction principale du contrôle des stupéfiants – Source : interfax.ru
Il estime également que les opérateurs doivent eux-mêmes bloquer les groupes faisant la promotion des drogues. À titre d’exemple, le responsable a cité Yandex, qui procède à ces suppressions.
Il faut toutefois distinguer la suppression de contenus, la transmission de données et l’établissement de contacts avec la police. La déclaration ne détaille ni les demandes adressées à Telegram ni leur fondement juridique. Elle ne permet donc pas, à elle seule, d’établir les circonstances de chaque refus ou absence de réponse.

Restrictions et poursuites : le différend avec Moscou se poursuit
Roskomnadzor, le régulateur russe des communications, affirme que Telegram ne respecte pas les exigences nationales et justifie ainsi les restrictions engagées depuis août 2025. Selon l’agence TASS, le régulateur a adressé plus de 150 000 demandes de retrait de contenus à l’équipe de Pavel Durov, restées sans réponse.
Le 29 juillet 2026, le FSB a annoncé avoir accusé Pavel Durov de soutien à des activités terroristes. Les services russes reprochent à la messagerie de ne pas supprimer des canaux et des bots qui serviraient à coordonner des attentats et des sabotages. Il s’agit d’accusations des autorités, et non d’une culpabilité établie par un jugement.
Le lendemain, Rosfinmonitoring a inscrit Pavel Durov sur sa liste des personnes liées au terrorisme ou à l’extrémisme. Cette inscription entraîne notamment des restrictions sur les comptes et services bancaires en Russie.
Telegram coopère pourtant dans un cadre précis. Sa politique de confidentialité prévoit qu’après réception d’une ordonnance judiciaire valide et analyse juridique, l’entreprise peut transmettre l’adresse IP et le numéro de téléphone d’un suspect dans une affaire criminelle impliquant une violation de ses conditions d’utilisation. Cette disposition ne constitue pas une autorisation générale d’accéder aux conversations.
En parallèle, les tribunaux de Moscou ont déjà infligé plus de 100 millions de roubles d’amendes à Telegram au premier semestre 2026, d’après Interfax. La messagerie reste prise entre les exigences des autorités et les libertés des utilisateurs, en Russie comme en France.