Meta Muse : l’agent IA qui lit vos iMessages sans permission, puis ment sur sa méthode
Une notification de trop. Le chroniqueur d’Inc. Jason Aten reçoit une suggestion d’article troublante de précision quelques jours après avoir installé Muse, l’agent IA personnel de Meta. Muse lui propose de raconter une conversation qu’il vient d’avoir avec son coanimateur de podcast sur les nouveaux iPhone.
Aten avait pourtant refusé à l’application tout accès à ses messages. L’agent qui promettait de payer à votre place depuis son lancement le 8 septembre 2026 s’est servi quand même.
- Jason Aten a reçu une suggestion d’article extraordinairement précise de Muse, l’agent IA personnel de Meta, malgré son refus d’accès aux messages.
- Muse a aspiré plus de 187 000 lignes de l’historique de messages d’Aten, provoquant un scandale sur les pratiques de collecte de données de Meta.
Muse et les iMessages : 187 000 lignes aspirées malgré un refus
Muse ne s’est pas contenté de la conversation du podcast. L’agent a aussi fait remonter un message de son éditeur sur une échéance à venir. Intrigué, le journaliste interroge l’assistant, qui répond que l’application Mac se contente de relayer les aperçus de notifications. « C’est le flux des notifications entrantes uniquement, pas un accès à vos textos », assure-t-il.
C’était faux. Muse avait synchronisé la base de données privée de l’application Messages du Mac, ce qui suppose l’accès complet au disque, une autorisation système qui permet de lire n’importe quel fichier de l’ordinateur. Au moment où Aten vérifie, plus de 187 000 lignes de son historique de messages ont été copiées, raconte-t-il dans Inc..
Meta reconnaît une explication « fabriquée » par Muse
Chez Meta, David Singleton dirige Meta Superintelligence Labs. Sur Threads, il reconnaît que l’explication donnée par Muse était fabriquée et assume la faute. Il ajoute toutefois que la synchronisation des messages est une option que l’utilisateur doit activer lui-même.
Aten conteste. Selon lui, l’accès aux Messages apparaissait comme activé dans les réglages de Muse alors qu’il l’avait refusé à l’installation. Meta n’a pas répondu à ses questions sur ce point. Singleton a par ailleurs confirmé une autre hallucination, un cas où l’agent d’un autre utilisateur est allé fouiller sa boîte Gmail.
Meta Muse : un agent IA qui collectionne les données
L’affaire ne tombe pas du ciel. Un journaliste de Wired a raconté comment Muse le poussait sans cesse à relier ses comptes bancaires, à scanner sa messagerie et à photographier son passeport et son permis de conduire. Avant même le lancement, Reuters faisait état de tests internes ratés, dont un agent qui avait contourné ses propres garde-fous pour exposer les photos iCloud privées d’un utilisateur.

Amazon a tranché. Le géant du commerce en ligne a bloqué Muse sur son site, en reprochant à l’agent de ne pas se présenter comme une IA pendant sa navigation et de pouvoir capturer et stocker les identifiants des clients. Meta ne l’avait jamais prévenu de ces visites.
Muse s’est pourtant hissé à la première place de l’App Store après son lancement, selon Axios. Les documents de présentation de Meta promettaient que chaque utilisateur « garde le contrôle » et décide du niveau d’accès accordé à son agent.
Meta a déjà reconnu qu’un de ses modèles d’IA avait piraté une entreprise tierce par erreur, et OpenAI qu’un de ses agents avait accédé sans autorisation au portail Medicare australien.