Bitcoin, yen et dette : Scott Bessent défie les traders du monde entier
Le Trésor américain hausse le ton. Scott Bessent a prévenu les traders tentés de parier contre les interventions menées pour soutenir le yen japonais. Le secrétaire au Trésor affirme disposer d’une information « asymétrique » et assure désormais « tenir la banque » [« I’m the house now »] face aux spéculateurs. Une déclaration remarquée alors que Washington double certains rachats d’obligations à long terme et que Bitcoin évolue autour des 80 000 dollars.
Points clés
- Scott Bessent affirme désormais « tenir la banque » face aux traders positionnés contre le yen
- Le Trésor porte certains rachats d’obligations longues de 2 à au moins 4 milliards de dollars par opération
- Ces rachats soutiennent la liquidité du marché obligataire, mais ne correspondent pas à une création monétaire de la Fed
- Le Trésor influence aussi le secteur crypto grâce au GENIUS Act et à la réserve stratégique de bitcoins
« Je tiens la banque » : Bessent avertit les traders sur le yen
Ancien gérant de fonds spéculatif, Scott Bessent connaît les stratégies utilisées sur les devises et les obligations. Ses déclarations font référence aux actions coordonnées des États-Unis et du Japon pour soutenir le yen :
« J’ai une information asymétrique. […] Et désormais, c’est moi qui tiens la banque. »
Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor – Source : Bloomberg
Selon le Financial Times, cette mise en garde fait suite à une rare intervention coordonnée des États-Unis et du Japon pour soutenir le yen. Grâce à ses échanges avec le gouvernement japonais et la Banque du Japon, Scott Bessent affirme mieux connaître leurs intentions que les traders et les dissuade ainsi de parier contre la monnaie japonaise.
En parallèle, le Trésor a relevé le plafond de ses rachats de titres à long terme. Depuis le 9 septembre, certaines opérations peuvent atteindre au moins 4 milliards de dollars, contre 2 milliards auparavant. Cette mesure reste applicable jusqu’au prochain refinancement trimestriel, prévu le 4 novembre. Le montant de 8 milliards de dollars évoqué par certains traders constitue une anticipation et non une décision officielle.

Bitcoin réagit aux conditions de liquidité
Les rachats permettent au Trésor de retirer du marché certains titres anciens et moins liquides, tout en continuant d’émettre de nouvelles obligations pour financer l’État. Ils peuvent réduire les tensions sur les rendements, mais ne constituent pas une opération de création monétaire comparable aux achats d’actifs de la Réserve fédérale. Le communiqué officiel présente d’ailleurs le dispositif comme un soutien à la liquidité.
Bitcoin a progressé d’environ 20 % après l’annonce initiale d’août, avant de retrouver la zone des 80 000 dollars. Cette proximité dans le calendrier ne suffit cependant pas à établir un lien de causalité. Les flux vers les ETF, les anticipations de taux et l’évolution du dollar participent également au mouvement.
Le Trésor possède toutefois des leviers plus directs sur le secteur. Il supervise la mise en œuvre du GENIUS Act, qui impose aux émetteurs de stablecoins de conserver des réserves liquides, notamment en dollars et en titres publics à court terme. Leur croissance pourrait ainsi soutenir la demande de bons du Trésor.
Pour Bitcoin, l’enjeu immédiat réside surtout dans l’effet de ces rachats sur les rendements obligataires et le dollar. Leur doublement pourrait réduire certaines tensions sur la dette américaine, mais il ne déclenchera pas automatiquement une nouvelle vague de liquidités. À ce stade, le programme constitue un soutien ciblé au marché obligataire, pas une garantie de hausse pour les cryptomonnaies. Wait and see.