Top 10 VC : Andreessen Horowitz, Paradigm, les faiseurs de rois de la crypto – Classement Fortune Crypto 100
Derrière chaque protocole qui a changé la crypto, il y a souvent un chèque d’a16z. Nous en sommes au cinquième volet de notre série sur le Fortune Crypto 100 2026. Après la CeFi, la TradFi, la Fintech et la DeFi, on s’attaque à une catégorie souvent discrète, mais absolument centrale pour comprendre comment l’écosystème se construit : les fonds de capital-risque spécialisés en crypto.
Leur influence est inversement proportionnelle à leur visibilité publique. Ce sont eux qui financent les protocoles, recrutent les équipes, ouvrent les portes réglementaires et décident, parfois des années avant le marché, ce qui va compter et ce qui ne comptera pas.
Dans cette série, nous décryptons le Fortune Crypto 100 2026, le tout premier classement des cent acteurs les plus influents de la blockchain selon le magazine américain. Fortune a établi ce classement en croisant des données on-chain, des critères de solidité financière, de conformité réglementaire et d’impact médiatique. À travers dix volets thématiques, nous analysons qui sont vraiment les acteurs qui pèsent dans l’écosystème selon cette grille de lecture. Voici le cinquième, consacré à la VC.
a16z en tête, Paradigm dans les starting-blocks
Andreessen Horowitz trône logiquement en numéro un. Le fonds californien a investi des milliards dans l’écosystème crypto via sa branche a16z crypto : Coinbase, Uniswap, Solana, et nombre des protocoles présents dans ce classement ont bénéficié de ses chèques. Outre l’omniprésence d’a16z dans les levées de fond présentent dans notre écosystème : il embauche des lobbyistes, publie des analyses de référence et exerce une influence politique rare pour un fonds d’investissement.
Paradigm (2e) est peut-être le VC le plus crypto-natif du lot. Fondé par d’anciens de Coinbase et Sequoia, il a développé une expertise technique qui lui permet non seulement d’investir dans des protocoles, mais d’y contribuer directement via de la recherche et du développement.
Dragonfly Capital (3e) se distingue par son ancrage simultané en Asie et aux États-Unis, avec une forte exposition aux protocoles DeFi et aux chaînes alternatives. Ribbit Capital (4e) et Pantera Capital (5e), qui revendique d’être le premier fonds crypto américain, ferment le premier quintet.

Des profils très différents dans le reste du classement
Sequoia (6e), Haun Ventures (7e), Multicoin Capital (8e), Founders Fund (9e, le fonds de Peter Thiel) et Blockchain Capital (10e) représentent chacun une philosophie d’investissement distincte.
Haun Ventures mérite une mention à part : fondé par Katie Haun, ancienne procureure fédérale américaine spécialisée dans la crypto, ce fonds dispose d’une crédibilité réglementaire que très peu de ses concurrents peuvent revendiquer.
Multicoin Capital (8e) se distingue quant à lui par ses paris concentrés et assumés : le fonds a misé tôt et fort sur Solana, un pari qui lui a valu autant de critiques que de profits. Founders Fund, le véhicule de Peter Thiel, apporte une dimension idéologique particulière : Thiel est l’un des rares figures de la Silicon Valley à avoir défendu Bitcoin comme outil de résistance à la surveillance financière bien avant que ce soit à la mode.
Le pouvoir invisible qui structure tout
Les VCs crypto ne sont pas des investisseurs passifs. Ils choisissent quels protocoles existent, quelles blockchains prospèrent, quels standards techniques s’imposent. Leur capacité à concentrer les talents, les capitaux et les relations institutionnelles au service d’un projet en fait des acteurs dont l’influence dépasse largement leurs participations au capital.
La présence d’a16z ou de Paradigm au tour de table d’un protocole est devenue, pour beaucoup d’institutionnels, un premier filtre de due diligence. C’est une responsabilité considérable, et un pouvoir de marché que ces fonds assument pleinement.
Le sixième volet aborde l’un des sujets les plus politiques de la crypto aujourd’hui : les stablecoins, ces tokens qui veulent ressembler au dollar, mais dont les implications sont bien plus larges qu’il n’y paraît.