Crypto : Des policiers ukrainiens kidnappent des entrepreneurs pour extorquer des millions
Uniforme, badge et clé à molette. Les wrench attacks continuent de frapper le secteur des cryptomonnaies, et les profils visés sont presque toujours les mêmes : entrepreneurs, traders, détenteurs identifiés. La France concentre une part importante des cas, avec 135 incidents recensés depuis 2023. Mais l’Ukraine vient d’apporter une variante glaçante au phénomène : ce sont cette fois des policiers en poste qui ont été identifiés comme membres d’un réseau d’extorsion visant des détenteurs de cryptos.
- La France a été le théâtre de 135 incidents de wrench attacks depuis 2023, mais l’Ukraine a récemment révélé un scandale impliquant des policiers dans des extorsions de cryptomonnaies.
- En Ukraine, un réseau d’extorsion orchestré par des membres des forces de l’ordre a détourné plus de 2,2 millions de dollars, utilisant des méthodes brutales et coercitives.
Quand la police organise elle-même le racket crypto
Les cryptomonnaies offrent une combinaison redoutable pour les criminels : des fonds immédiatement disponibles, transférables en quelques minutes, sans frontière et, surtout, sous la contrainte. Cette caractéristique technique, qui fait aussi la force du secteur, en fait mécaniquement une cible.
La conséquence est connue : une augmentation marquée des crypto-rapts, extorsions ces dernières années. La méthode consiste à contraindre physiquement une victime à transférer ses actifs vers un wallet contrôlé par les agresseurs. Jusqu’ici, les profils mis en cause étaient majoritairement issus de la petite criminalité ou de groupes organisés. Cette fois, le scénario est différent.
Un réseau d’extorsion de fond crypto dirigé par des policiers
Selon le bureau du procureur régional de Kyiv, plusieurs membres des forces de l’ordre auraient monté un réseau d’extorsion ciblant des détenteurs de cryptomonnaies. Le tout en s’appuyant sur leurs « compétences, connexions et ressources officielles » pour agir de manière coordonnée.
« Les procureurs ont terminé l’enquête préliminaire dans la procédure pénale contre deux colonels de police, deux policiers et un civil pour la création et la participation à un gang armé, l’enlèvement, la détention illégale, le vol, l’extorsion, la possession illégale de drogue. »
Procureur régional – Source
La liste des chefs d’accusation donne la mesure du dossier. On y trouve l’arsenal complet de la criminalité organisée, à ceci près que quatre des cinq suspects portaient encore un uniforme au moment des faits.

Plus de 2,2 millions de dollars détournés
D’après les éléments rendus publics, le réseau aurait mené plusieurs opérations ciblées contre des entrepreneurs gravitant dans l’univers crypto. Le mode opératoire : kidnapping, puis pression physique jusqu’au transfert des fonds. Le préjudice cumulé approche les 2,2 millions de dollars sur la période documentée.
Les méthodes employées étaient brutales. Dans un cas précis, une victime a été enlevée à Kyiv puis contrainte de rédiger une reconnaissance de dette fictive de 5 millions de dollars, avant d’être trimbalée entre plusieurs lieux tenus secrets.
« Dans un cas documenté, une victime à Kyiv aurait été enlevée sous la menace d’une arme et forcée de rédiger une fausse « dette » de 5 millions de dollars avant d’être déplacée entre plusieurs endroits non divulgués. »
Vivons heureux vivons cachés
Les activités du groupe ont été interrompues en novembre 2025, toujours selon le bureau du procureur. Les cinq mis en cause ont été révoqués de la police, et le dossier a été transmis au tribunal pour la suite judiciaire.
Reste un constat plus général. Les wrench attacks ne se résument pas aux enlèvements spectaculaires façon Hollywood, comme l’affaire récente liée à The Sandbox.
La majorité des cas sont plus discrets, plus locaux, et reposent sur une information de base : savoir qui détient des cryptos, et où le trouver. D’où l’importance d’appliquer quelques règles d’hygiène numérique élémentaires, à commencer par la discrétion sur ses positions et ses adresses, l’usage de wallets séparés et le cloisonnement entre identité publique et patrimoine onchain.