Bitcoin dans les entreprises : Les banques ne sont pas encore prêtes d’après Morgan Stanley

Morgan Stanley resserre son étreinte sur la reine des crytomonnaies. Lors de la conférence Bitcoin de Las Vegas, Amy Oldenburg, responsable de la stratégie actifs numériques de la banque, a confirmé que l’institution étudie sérieusement l’inscription de BTC à son propre bilan. Le verrou ? Une pile réglementaire dont chaque étage doit céder avant que la première ligne comptable n’apparaisse.

Les points clés de cet article :
  • Morgan Stanley a resserré son étreinte sur Bitcoin lors de la conférence à Las Vegas, envisageant d’inscrire BTC à son bilan, malgré des obstacles réglementaires.
  • La banque a lancé un ETF Bitcoin spot, le MSBT, qui a rapidement attiré plus de 100 millions de dollars, devenant le produit le moins cher de sa catégorie.

Morgan Stanley et Bitcoin, une trajectoire qui s’accélère

La maison new-yorkaise n’est plus une novice en matière de cryptomonnaies. Morgan Stanley a lancé le MSBT, son premier ETF Bitcoin spot, devenant la première grande banque américaine à proposer un tel produit. Le pari est agressif sur le prix. En effet, avec une commission de 0,14 %, MSBT est l’ETF Bitcoin spot le moins cher du marché, sous-cotant l’IBIT de BlackRock qui facture 0,25 %. Une stratégie assumée pour s’attaquer à un fonds qui pèse déjà des dizaines de milliards.

Le résultat ne s’est pas fait attendre. Le fonds, lancé le 8 avril, suit le CoinDesk Bitcoin Benchmark 4 PM New York Settlement Rate. Il est le produit le moins cher de la catégorie, et a attiré plus de 100 millions de dollars d’entrées en six jours. Eric Balchunas, analyste ETF chez Bloomberg, a classé le démarrage de MSBT dans le top 1 % des lancements d’ETF.

« Cela fait de nombreuses années que nous sommes impliqués dans l’espace plus large des actifs numériques, et l’environnement réglementaire est devenu plus favorable pour nous permettre de le faire. »

Amy Oldenburg, Morgan Stanley – Source

Bitcoin et banques : Le mille-feuille réglementaire qui bloque Morgan Stanley

Avant que Bitcoin ne s’installe au passif d’une grande banque américaine, plusieurs strates de régulation doivent bouger en même temps. Un vrai parcours du combattant !

Oldenburg a déroulé la liste : le SAB 121, l’orientation comptable de la SEC qui rendait plus difficile pour les banques la conservation d’actifs crypto à grande échelle, dont l’abrogation a changé une partie de l’équation. Mais elle a immédiatement élargi la focale.

Le SAB 121 (Staff Accounting Bulletin n° 121) n’est qu’un étage de la pile. Les obstacles réglementaires venant de la Fed, des règles de Bâle et des régulateurs mondiaux restent sur le chemin. Pour une banque d’importance systémique, faire entrer un actif aussi volatil au bilan suppose de coordonner trois niveaux de supervision :

  • prudentiel américain (Réserve fédérale),
  • capitalistique international (Comité de Bâle, qui définit les exigences en fonds propres applicables aux expositions crypto),
  • autorités locales sur les marchés étrangers.

Une demande client que les conseillers ne suivent pas

Le grand écart est d’abord interne. Si Morgan Stanley recommande désormais une allocation de 2 à 4 % en Bitcoin à sa clientèle aisée, l’adoption traîne du côté des conseillers financiers, freinés par un déficit de formation sur ces actifs.

Le chiffre cité par Oldenburg illustre la dynamique. 80 % de l’exposition aux ETP (Exchange Traded Products) sur la plateforme de gestion de patrimoine de la banque est en mode self-directed, autrement dit déclenchée par les clients eux-mêmes, sans passer par un conseiller.

« Il y a un écart important entre ce que les conseillers offrent aux clients et où se situe la demande. »

Amy Oldenburg

L’angle mort : la charte fiduciaire numérique

Au-delà du bilan, la pièce maîtresse de la stratégie se joue à Washington. Selon un dépôt rendu public le 27 février, l’entité proposée, Morgan Stanley Digital Trust, National Association (MSDTNA), opérerait comme une trust bank à charte nationale axée sur les services de garde d’actifs crypto. La banque a déposé sa demande auprès de l’OCC (Office of the Comptroller of the Currency). C’est le régulateur fédéral des banques nationales aux États-Unis.

Le calendrier s’éclaire quand on relie les pièces. En septembre 2025, Morgan Stanley a annoncé un partenariat avec Zerohash pour permettre le trading crypto via sa plateforme ETRADE, avec un lancement prévu pour le premier semestre 2026. La demande de charte OCC s’inscrit dans une stratégie plus large.

Reste la question du tempo. Tant que la Fed et le Comité de Bâle n’auront pas tranché le traitement prudentiel de Bitcoin pour une banque d’importance systémique mondiale, l’inscription au bilan demeurera un projet. Morgan Stanley avance ses pions un par un, ETF, charte fiduciaire, plateforme retail, et cale la dernière pièce sur un agenda qui ne dépend plus d’elle.

Magali

Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.

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