Le Web 3.0 : décentralisons Internet grâce aux blockchains interconnectées

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A quoi ressemblera le web 3.0 ? Un des sujets sur lesquels planchent actuellement plusieurs équipes qui s’intéressent à la blockchain est la connexion de blockchains. Les exchanges et les solutions de paiement s’y intéressent naturellement afin de pouvoir faciliter l’échange de monnaies (cf. le COMIT de TenX). Cette interconnexion pourrait bien faire naître un web 3.0 entièrement décentralisé dans les années à venir.

Dans ce web 3.0, le contenu du web que des milliards de personnes consultent chaque jour ne sera plus stocké sur des serveurs gérés par des acteurs centralisés comme Microsoft, Google ou Amazon, mais disséminé sur des ordinateurs qui recevront de petites sommes de cryptomonnaies pour héberger ce contenu. Chaque blockchain a ses avantages et désavantages, et propose telle ou telle fonction. Un Internet des blockchains permettrait aux utilisateurs de transférer de la valeur entre blockchains pour profiter des caractéristiques et applications proposées par chacune d’entre elles. Avec le web 3.0, c’est véritablement l’ossature et la manière de fonctionner d’Internet qui est remise en question, et orientée vers une décentralisation que permet la blockchain. Le web décentralisé pourrait être ainsi, après les cryptomonnaies, la prochaine application pratique de la blockchain.

Le nouvel Internet se dessine grâce aux blockchains

Pour rappel, le web 1.0, né officiellement en 1994, est celui qui nous permettait de nous renseigner, d'acheter et de communiquer par mail avec d'autres personnes. Des sites comme Amazon, Google ou Wikipedia sont nés à cette époque. Puis vint le web 2.0 dix ans plus tard, qui permettait aux internautes de s'approprier un peu plus Internet en leur permettant de créer du contenu et de communiquer en temps réel entre eux grâce à des sites comme Facebook ou Youtube. Le web 3.0 propose un nouveau modèle d'interaction entre programmes et contenus sur le web dont le maître mot est la décentralisation.

Web-3-0

Si les plateformes centrales que sont Facebook et Google disparaissent, beaucoup de problèmes qui émergent avec l'explosion de la masse de contenus disparaîtront avec elles, et ce contenu sera disséminé sur une myriade d'ordinateurs. Les propriétaires de ces ordinateurs seront incités financièrement à les mettre à disposition pour stocker ce contenu. Des processus basés sur la cryptographie asymétrique remplaceront le SSL, et de puissants protocoles d'indexation le HTTP. Ils sont actuellement développés pour organiser ce nouvel Internet et ont pour noms IPFS, IPNS, Swarm, Filecoin etc. Dans le web 3.0, le contenu auquel vous accéderez sera stocké sur plusieurs ordinateurs membres de blockchains qui ont chacune une fonction bien précise (gérer des mots de passe, effectuer des transactions financières, proposer des informations sur des produits, stocker des vidéos etc.). Votre navigateur fera appel à telle ou telle blockchain et assemblera ces contenus et fonctions pour répondre à vos requêtes.

Comme le contenu sera dupliqué sur plusieurs ordinateurs et qu'il n'y aura pas de serveur central qui organise le trafic, les connexions pourront trouver dynamiquement le chemin le plus efficace dans ce nouveau web et contourner la congestion ou les ordinateurs défaillants. Les systèmes blockchain actuels n'ont cependant pas encore la capacité de gérer de telles masses de données et de requêtes, mais l'architecture théorique du web 3.0 prend forme à l'heure où j'écris. Le protocole d'indexation IPFS (Interplanetary File System) développé par Viktor Trón et son équipe (Protocol Labs) permet ainsi de stocker des données sur un grand nombre d'ordinateurs connectés. Dans ce protocole, un réseau pair à pair remplace un serveur central pour établir des connections. Différents modèles sont par ailleurs à l'étude pour stocker le contenu et rémunérer les nœuds en fonction de la masse de contenu qu'ils stockent, de leur capacité à résoudre des problèmes mathématiques ou du hasard.

Pour résumer, Internet tel que nous le connaissons fonctionne selon un modèle qui s’est beaucoup centralisé, que ce soit la gestion du trafic, des contenus, ou la captation des profits. Après le web 1.0 qui a donné à tous la possibilité de se renseigner et d’acheter en ligne, et le web 2.0 qui a permis à chacun de créer, de communiquer et d’avoir ainsi sa place sur le web, un nouvel Internet se fait jour. Ce nouvel Internet, le web 3.0, fonctionne selon un modèle décentralisé de stockage des données sur des ordinateurs membres de différentes blockchains, remplissant chacune un rôle, et que le terminal de l’utilisateur va combiner pour répondre à ses requêtes. De nombreuses équipes mettent actuellement en place des systèmes d’indexation et d’incitation financière, comme IPFS ou Swarm, afin de construire ce nouveau web décentralisé.

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Auteur

Français de l'étranger depuis 2008, je suis rédacteur, traducteur indépendant et auteur de « Bitcoin, ether & cie: guide pratique pour comprendre, anticiper et investir » (Dunod). Intéressé avant tout par les applications concrètes et la régulation à venir des cryptomonnaies et la blockchain, j’aime apprendre et comprendre pour pouvoir expliquer les tenants et aboutissants de ce monde encore en pleine ébullition.

  1. cryptoamtometrader44 dit :

    Je partage plutôt cette vision.

    Depuis un an que je farfouille dans tout ce méli-mélo de blockchains plus ou moins utiles, je constate la ême chose que l’auteur : de nombreux projets cherchent a les faire communiquer entre elles pour éviter le passage par les exchanges qui prennent de belles commissions bien juteuses.

    Il faut refaire tous les systemes : DNS, Stockage, Calculs selon le besoin, Processeur de paiements, affichage, moteur Web, …etc Une fois tout ça recréé et interconnecté dans un système décentralisé, Il sera bcp plus difficile pour les acteurs majeurs acvtuels du réseau de faire ce qu’ils veulent et ils pourront aussi répodnre aux gouvernements qu’ils ne peuvent pas faire ceci ou cela selon leur bon vouloir.

    je pense que les affaires Snowden, Cambridge analytica et l’ajout du RGPD en Europe a provoqué une prise de conscience de la trop grande place (domination totale) des États-Unis dans l’orientation d’internet depuis plusieurs décennies. TOUTES les grosses entreprises du numérique sont étasuniennes ! Il va falloir que cela cesse et que internet deviennent un meilleur représentant des diversités économiques, commerciales et industrielles mais aussi, linguistiques de cette planète. Sur ce dernier point, il faut espérer que ceux qui recréeront DNS (NameCoin ?) dans une blockchain, permettront cette fois d’utiliser des chaines de caractères de chacune des langues, et pas uniquement le latin anglish.

    • Marco dit :

      Je ne partage pas trop cette vision.

      Tokeniser et blokchainiser le monde pour répliquer ce qui se fait déjà n’a selon moi pas beaucoup de sens. Les acteurs centralisés investissent beaucoup dans des infrastructures performantes et ont une puissance de financement pour le marketing très importante. Le client final est un produit qu’il faut rentabiliser, utiliser dans des silos non-intéropérables, tant que c’est acceptable pour lui alors c’est suffisant.

      La décentralisation n’a que des inconvénient de latence réseau, mise à jour, état des données, etc… L’avantage est d’être non-censurable et immuable (si le réseau est suffisamment grand). Donc pour moi si l’on a pas de gros problèmes de censure alors on a toutes les bonnes raisons de faire un réseau centralisé.
      Les exchanges décentralisés seront toujours plus lent, ont peut avoir du séquestre décentralisé tout en ayant un carnet d’ordre centralisé et efficace, il faut trouver un juste compromis.

      La prise de conscience peut avoir eu lieu mais rien n’a changé, personne n’a quitté Facebook, la surveillance de masse révélé par Snowden a toutes les raisons d’être encore présente et même encore plus grande.
      La silicon Valley est présente car elle est la meilleure, Filecoin est une boite américaine ^^

      NameCoin est un échec, dans le monde du cyber-espace la langue du consensus est l’anglais, les petites parties du web de langue françaises disparaitront petit à petit tout comme nos langues régionnales l’on été.

      • Jojo dit :

        “Donc pour moi si l’on a pas de gros problèmes de censure alors on a toutes les bonnes raisons de faire un réseau centralisé.”
        Ce passage est caricatural des gens qui ne comprennent pas l’intérêt de construire un réseau décentralisé.
        Alors déjà je passe gentillement sur la formulation qui sous-entend que selon vous “un peu de censure” c’est pas trop grave, qui est en soi tristement révélatrice de votre niveau de réflexion.
        Mais surtout la censure, elle peut arriver à n’importe quel moment, sous n’importe quelle forme et se mettre en place très rapidement. Vous ferez quoi si c’est le cas un jour ? Vous essayerez d’aller sur l’internet décentralisé ? Ah bah non on avait jugé inutile de le mettre en place à l’époque…

        “Personne n’a quitté Facebook” -> Encore du n’importe quoi, allez dire ça aux 120mds de capitalisation perdus
        “La langue du consensus est l’anglais” -> On en reparle dans 50 ans quand les chinois seront plus avancés que les américains

  2. Leon dit :

    Excellent article, je ne pourrais être plus d’accord – si ce n’est avec le commentaire de Jojo, que je trouve absolument parfait pour répondre enfin efficacement aux rabats-joie ! ^^

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