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Échanges BTC/Yuan : moins de 1% des volumes BTC/fiat

Les paradoxes de la Chine surgissent de façon criante dans l’univers des cryptomonnaies. D’un côté, le gouvernement chinois investit fortement dans l’étude et le développement des blockchains, dans l’intention de créer sa propre cryptomonnaie DCEP (Digital Currency Electronic Payment) avec 41 demandes de brevets déposées en un an par l’organe de recherche de la PBoC (Banque Populaire de Chine) ; d’un autre côté, la même PBoC avait décrété l’interdiction totale des exchanges cryptos et une tolérance zéro pour les Initial Coin Offering (ICO).

Dans ce cadre, l’agence de presse officielle chinoise Xinhua a publié les résultats d’un rapport de la PBoC concernant le trading de cryptomonnaies avec le Yuan chinois (aussi appelé Renminbi, abrégé RMB). Selon ce rapport, la monnaie chinoise ne serait plus utilisée que dans seulement 1% des échanges de bitcoins en monnaies fiduciaires, alors que sa part dans ces volumes d’échanges avait connu des pics allant jusqu’à 90% (!) avant les interdictions de fin 2017.

D’après cette publication officielle, depuis septembre 2017, c’est 88 exchanges de cryptos et 85 plateformes supportant des ICO qui auraient dû cesser leur activité en Chine. Pour Zhang Yifeng, un analyste officiel chinois des blockchains, « Les mesures prises par les régulateurs “chinois” ont efficacement repoussé l’impact des hauts et des bas des cours des cryptomonnaies et ont enclenché la tendance réglementaire mondiale ».

Mais comme le rapporte le site d’information Hacked, c’est en fait un jeu de dupes : l’interdiction de la PBoC n’a pas dissuadé les ressortissants chinois d’investir dans les cryptomonnaies, mais au contraire, à l’image des exchanges Binance et Huobi, les investisseurs se sont juste expatriés dans des pays moins oppressifs, pour investir plus sereinement leur argent dans les cryptos. C’est le cas notamment à Singapour, qui est devenu l’une des destinations les plus prisées pour les investisseurs cryptos originaires de Chine, avec des milliers de fonds d’investissement qui y sont gérés par des ressortissants chinois.

Jusqu’à quand la Chine va pouvoir mener ce double jeu ? Le président chinois Xi Jinping avait dit lui-même que la blockchain faisait partie d’une “nouvelle génération” de technologies produisant des “percées” importantes. Les Chinois, en avance dans beaucoup de domaines technologiques, ont compris l’intérêt majeur que vont représenter les cryptomonnaies pour le monde, mais le pouvoir central, avec son parti unique, veut tout gérer et refuse toute libre concurrence. Seul l’avenir nous dira l’effet final que tout cela aura.

Sources : Xinhuanet ; CoinTelegraph ; HACKED ; CCN || Image from Shutterstock

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Rémy R.
Issu d’une formation universitaire en Sciences, je m’intéresse aux blockchains et à Bitcoin depuis 2013 et en ai même miné à l’époque. La bulle qui s'en est suivie m'a fait fuir, mais je m'y suis replongé depuis 2017 et les étudie depuis avec passion.

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