Bitcoin est-il une monnaie d’Etat ? (Dossier KPMG)

Le pied dans la porte – KPMG, société de conseil et d’audit internationale a publié sa dernière analyse « Les perspectives cryptos pour 2022 ». Dans une série de quatre articles nous vous présenterons les 4 points clés mis en lumière par ce rapport.

Aujourd’hui, direction Le Salvador. Le pays de 6 millions d’habitants a en effet promulgué la ley Bitcoin le 7 septembre 2021. Cette loi permet à sa population d’utiliser le bitcoin pour payer ses impôts, recevoir son salaire et acheter ses biens. Le Salvador a également mis en place son propre wallet, ouvert 200 distributeurs de bitcoin et permis l’émergence d’une industrie nationale de minage.

Le Salvador : l’expérience de Bitcoin comme monnaie d’Etat

KPMG nous rapporte les statistiques d’une adoption historique. Ce sont ainsi 5 millions de Salvadoriens qui ont ouvert un compte sur le porte-monnaie Chivo, soit 77% de la population.

Auparavant, seulement 1,7 million de personnes étaient bancarisées (26%). Cependant, il ne faut pas négliger qu’une part importante de cette population a créé son compte pour gagner les 30$ de bitcoins offerts (le salaire moyen salvadorien étant de 240$).

Au début de cette année 2022, on peut tirer d’ores et déjà quelques constats :

  • Le Bitcoin facilite les transactions avec la diaspora salvadorienne. Une manne financière représentant 24% du PIB. Un potentiel manque à gagner de 400 millions de dollars pour western union;
  • Les grandes enseignes utilisent le Bitcoin, moins les petits commerces;
  • 10 à 20% de l’économie informelle se fait via le réseau Bitcoin;
  • La population manque d’éducation à la protection de ses données, et à l’investissement pour se prémunir de la volatilité du bitcoin.
La Casa del Bitcoin voit le jour au Salvador pour former aux Salvadoriens sur l'univers des cryptomonnaies
Le drapeau du Salvador

Deux wallet, deux ambiances, le Chivo Wallet et le Lighting network sont en concurrence. Le pays utilise le lightning Network, ce layer 2 qui permet d’accélérer les transactions en diminuant les frais.

Cependant ils utilisent aussi le Chivo Wallet. Mais le Chivo wallet est un réseau privé centralisé qui fonctionne de manière opaque. Il n’est pas rare que des transferts d’un porte-monnaie non custodial vers le Chivo wallet échouent, à quoi s’ajoutent des failles dans les KYC. Cependant le choix entre les deux wallet est toujours possible, bien que l’utilisation du réseau lightning en lieu et place du Chivo Wallet ne soit pas intuitive.

La suite de l’aventure est semée d’embûches. Avec son émission d’obligation bitcoin d’un milliard de dollars, Bukele prend de court les institutions. Cela va lui permettre de se financer sans les marchés traditionnels. Ainsi le pays contourne le FMI et ses conditions restrictives. Cette obligation lui permettra de financer une hypothétique Bitcoin city et lui servira à acheter des bitcoins pour rembourser ses investisseurs. Mais gare à la banqueroute en cas de bear market.

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Le Salvador, précurseur des futures « Nations-Bitcoin » ?

Pourquoi d’autres états pourraient adopter le bitcoin comme monnaie légale. 

  • Faciliter les transferts internationaux : ils coûtent 27€ en moyenne, et sont une source de revenu importante pour les pays émergents.
  • Favoriser l’inclusion financière : une large part de la population mondiale n’a toujours pas accès à un compte bancaire.
  • Renforcer partiellement la souveraineté nationale : stopper sa dépendance à l’euro ou au dollar, mais les manœuvres politiques sont difficiles, voire impossibles à effectuer.
  • Optimiser la production énergétique : rendre le secteur plus rentable. On parle de 3 à 5 milliards de KWH de surplus qui pourraient être rentabilisés au Tadjikistan par exemple.
Les transactions de bitcoins à l'internationale sont bien plus rapides et moins chers qu'en monnaie fiat
Les transactions de bitcoins à l’international sont bien plus rapides et moins chers qu’en monnaie fiat

Ce qui pourrait décourager les pays émergents serait :

  • Le faible niveau d’adoption des cryptomonnaies : Selon Chainalysis, elles sont plus adoptées dans les pays émergents que dans les pays développés (possiblement à cause des transactions off-chain sur les exchanges).
  • Le risque de banqueroute : Si une dette est libellée en BTC et que le marché s’effondre l’état peut alors faire faillite.
  • Contexte politique : dans des pays en crise, la pyramide de maslow s’effondre et la priorité est plus à la subsistance qu’à l’adoption d’une nouvelle monnaie.

Cette ébauche du rapport de KPMG met en relief l’avancée politique du Bitcoin comme monnaie nationale et les défis qu’il lui reste à résoudre. Si le Salvador peut enfin se prémunir de l’hyperinflation de sa monnaie et s’affranchir de l’influence de la FED, le pays ne reste pas moins susceptible de subir les foudres de la volatilité du bitcoin, et incapable d’utiliser des politiques monétaires pour booster ou freiner son économie. Le Salvador a d’ailleurs récemment subi le courroux de l’agence de l’agence Fitch rating pour son mariage avec le Bitcoin.

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Antoine Fraisse

Débutant en finance d’entreprise, je suis curieux voire enthousiaste sur les innovations amenées par les cryptomonnaies et la blockchain. Je découvre et explore cet environnement avec vous.

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