Chômage à 8,3% en France : Lecornu mise sur un budget 2027 « réversible » pour tenir
Sixième trimestre de suite dans le rouge. La France flirtait déjà avec la récession fin août après la révision à zéro de sa croissance du deuxième trimestre. L’Insee referme maintenant le dossier de l’emploi, et il n’est pas plus réjouissant. Le taux de chômage grimpe à 8,3 % de la population active, son plus haut niveau depuis l’automne 2020, l’année encore marquée par le Covid. La hausse se poursuit trimestre après trimestre depuis un an et demi, sans qu’aucun signal ne vienne casser la tendance.
- La France a connu une hausse continue du taux de chômage, atteignant 8,3 %, son plus haut niveau depuis l’automne 2020.
- Le gouvernement prépare un projet de loi de finances 2027 sans grande réforme pour éviter la censure parlementaire.
Le chômage grimpe pour la sixième fois de suite
Le nombre de personnes sans emploi et en recherche active a augmenté de 62 000 sur le trimestre, pour atteindre 2,7 millions selon les chiffres relayés par franceinfo. Aucune tranche d’âge n’est épargnée.
En effet, les 15-24 ans encaissent le plus fort, à 21,6 % (+0,4 point). Les 25-49 ans passent à 7,5 % (+0,2 point) et les plus de 50 ans à 5,5 % (+0,3 point). Un jeune actif sur cinq environ cherche aujourd’hui un emploi sans en trouver, contre un peu plus d’un sur vingt chez les seniors.
C’est le sixième trimestre d’affilée où la courbe grimpe, un an et demi de dégradation continue qui commence à s’installer dans le paysage plutôt qu’à faire figure d’accident conjoncturel.

Un budget 2027 taillé pour passer, pas pour réformer
Face à ce tableau, Sébastien Lecornu a réuni son gouvernement en séminaire le 31 août, à l’Élysée puis au siège du SGDSN. L’objectif ? Préparer le projet de loi de finances 2027, qui doit être présenté avant le 7 octobre.
Le pari du Premier ministre tient en un mot : la réversibilité. Plutôt qu’un texte sur la réduction du déficit, il prépare un budget délibérément resserré, sans grande réforme fiscale ni coupe spectaculaire, dans l’espoir de convaincre une partie des députés socialistes de ne pas le censurer. La stratégie ressemble moins à un choix économique qu’à un calcul de survie parlementaire, dans un pays où la croissance patine déjà à 0 % et où la dette dépasse 117 % du PIB. L’objectif d’un déficit ramené à 5 % du PIB paraît donc déjà hors de portée pour une partie des économistes. Ils anticipent un dérapage au-delà de ce seuil si aucune mesure nouvelle n’est votée avant la fin de l’année.
La marge de manœuvre s’amenuise toutefois à mesure que les chiffres s’accumulent. Un chômage qui grimpe, une croissance à l’arrêt, un pouvoir d’achat déjà rogné par l’inflation et les hausses de charges : chaque nouvelle publication de l’Insee referme un peu plus l’espace politique dans lequel Bercy doit boucler ses arbitrages. Le budget 2027 n’aura pas besoin d’être ambitieux pour être difficile à faire passer. Il suffira qu’il existe.