Bitcoin n’est plus seulement un actif risqué selon ce responsable de BlackRock
Bitcoin change-t-il de catégorie ? Après avoir rebondi depuis la zone des 60 000 dollars jusqu’à brièvement dépasser 81 000 dollars, le BTC résiste mieux que les actions et évolue davantage comme l’or. Pour Robbie Mitchnick, responsable des actifs numériques chez BlackRock, cette séquence renforce son rôle de diversifiant face aux dettes publiques, aux déficits et à l’érosion des monnaies. Une thèse soutenue par le retour des capitaux institutionnels, mais encore fragile à court terme.
Points clés
- Robbie Mitchnick (BlackRock) estime que le récit du Bitcoin actif refuge est celui sur lequel parier à long terme, porté par les inquiétudes budgétaires mondiales
- Les ETF Bitcoin spot américains ont enregistré environ 2,4 milliards de dollars d’entrées nettes, leur meilleur mois de l’année, alors que Strategy n’achète plus depuis mai
- La corrélation du BTC avec le Nasdaq est retombée autour de 0,3, contre près de 0,9 au sommet, le Bitcoin se comportant davantage comme l’or
- La zone des 80 000 à 83 000 dollars fait office de résistance clé, avec le milieu des 70 000 comme premier support identifié
BlackRock compare Bitcoin à l’or
Interrogé par CNBC, Robbie Mitchnick reconnaît que Bitcoin peut se comporter comme un actif risqué. Sa volatilité, sa relative nouveauté et le poids du trading à effet de levier renforcent régulièrement sa corrélation avec les actions technologiques.
Ses moteurs fondamentaux seraient toutefois différents. BlackRock décrit le BTC comme une « alternative monétaire émergente, rare, mondiale et décentralisée ». Lorsque les inquiétudes concernant la dette, les déficits et le pouvoir d’achat des monnaies reviennent au premier plan, Bitcoin pourrait ainsi bénéficier du même réflexe de protection que l’or.
« À long terme, c’est sur ce récit qu’il faut parier », estime ce responsable de chez BlackRock, qui affirme retrouver cette lecture chez les investisseurs institutionnels rencontrés par BlackRock. Les jeunes générations se tourneraient vers Bitcoin comme réserve de valeur, là où leurs parents privilégiaient traditionnellement le métal jaune.
Le gestionnaire profite directement de cette évolution. Son ETF Bitcoin au comptant IBIT dépasse désormais 76 milliards de dollars d’encours, ce qui en fait le plus important produit de ce type aux États-Unis.
La corrélation entre Bitcoin et le Nasdaq est parallèlement retombée autour de 0,3, contre près de 0,9 à son récent sommet. Le BTC a donc évolué plus indépendamment des valeurs technologiques au cours du mois d’août. Cette décorrélation reste néanmoins ponctuelle et ne garantit pas que Bitcoin conservera durablement ce comportement lors des prochaines secousses de marché.

Les ETF soutiennent le rebond
Les ETF Bitcoin au comptant américains ont enregistré environ 2,4 milliards de dollars d’entrées nettes en août, selon Thomas Perfumo, chef économiste de Kraken. Il s’agit de leur meilleur mois de 2026, permettant d’effacer presque la moitié des sorties nettes accumulées depuis janvier.
Cette reprise intervient alors que Strategy n’achète plus de bitcoins depuis mai. Le retour de l’entreprise de Michael Saylor pourrait donc renforcer la demande, même si les achats cumulés de Strategy et des ETF sur 30 jours restent inférieurs aux niveaux observés lors du précédent marché haussier.
À court terme, Bitcoin doit encore franchir la zone comprise entre 80 000 et 83 000 dollars. Le sommet de mai, situé légèrement sous 83 000 dollars, constitue la prochaine résistance majeure. Après un rejet à 81 200 dollars, le milieu de la zone des 70 000 dollars représente le premier support important.
Plusieurs incertitudes pourraient ralentir le mouvement : la politique monétaire américaine, le conflit entre les États-Unis et l’Iran et les discussions autour du Clarity Act. Robbie Mitchnick considère toutefois ce texte comme moins décisif pour Bitcoin que pour la DeFi et les autres cryptoactifs, le BTC disposant déjà d’une reconnaissance réglementaire relativement établie.
Le rebond actuel renforce donc la thèse d’un Bitcoin utilisé comme couverture contre le risque monétaire. Mais sa récente chute vers 60 000 dollars rappelle qu’il reste capable de décrocher avec les actions. Son statut de diversifiant devra se juger sur le temps long, pas sur quelques semaines de décorrélation. Et manifestement BlackRock l’a compris.