Stablecoins : Après le rachat de BVNK par Mastercard, Visa cherche un nouveau partenaire
Un partenaire passé chez le rival. Selon des indiscrétions de la presse spécialisée, Visa chercherait un nouveau prestataire pour assurer ses opérations de règlement et de conversion en stablecoins. Le rôle était précédemment occupé par BVNK, une fintech britannique désormais détenue par Mastercard. Le cahier des charges mettrait l’accent sur une architecture capable de traiter plusieurs stablecoins, plutôt que de dépendre d’un jeton ou d’un émetteur unique. Visa aurait refusé de commenter ces informations.
Points clés
- Visa cherche un nouveau prestataire de règlement en stablecoins après l’absorption de BVNK par Mastercard, pour un montant estimé à 2 milliards de dollars
- Le cahier des charges exige la prise en charge de plusieurs stablecoins et de plusieurs blockchains, sans dépendance à un émetteur unique
- Le programme de règlement de Visa couvrait neuf blockchains et atteignait un rythme annualisé de 7 milliards de dollars en avril 2026.
- Mastercard achète son infrastructure stablecoin, Visa préfère la louer : deux stratégies opposées sur les rails de paiement
Mastercard rachète le partenaire stablecoin de Visa
Visa Ventures avait investi dans BVNK en mai 2025, avant que les deux entreprises ne renforcent leur partenariat en janvier 2026. La fintech fournissait alors l’infrastructure permettant aux clients de Visa Direct de préfinancer des paiements en stablecoins et d’envoyer des fonds directement vers des portefeuilles numériques.
La situation a changé le 3 août avec la finalisation du rachat de BVNK par Mastercard. Annoncée en mars, l’opération pouvait atteindre 1,8 milliard de dollars, dont 300 millions conditionnés à l’atteinte de certains objectifs.
BVNK fournit des passerelles entre monnaies traditionnelles et stablecoins dans plus de 130 pays. Son infrastructure permet aux entreprises de recevoir, convertir, conserver et envoyer des fonds sur différentes blockchains. Elle revendiquait environ 30 milliards de dollars de paiements en stablecoins traités chaque année au moment de son partenariat avec Visa.
Selon CoinDesk, Visa cherche désormais un partenaire disposant de licences d’échange de cryptomonnaies aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et à Singapour. Cette couverture réglementaire réduirait fortement le nombre de candidats potentiels.
Le futur prestataire devrait assurer le règlement des transactions, mais aussi proposer des services de gré à gré, ou OTC. Il devra notamment pouvoir échanger rapidement différents stablecoins et monnaies traditionnelles afin de fournir la liquidité nécessaire aux opérations de Visa.

Open USD impose une architecture multi-stablecoins
Le prestataire recherché devrait également intervenir dans le règlement lié à Open USD, une initiative portée par Open Standard et soutenue notamment par Stripe, Visa et Mastercard. Malgré leur concurrence, les deux réseaux de cartes participent donc au même écosystème.
Visa a lancé en juillet sa Visa Stablecoin Platform, actuellement proposée en version bêta à certains clients. Celle-ci permet aux banques, fintechs et prestataires de paiement d’accéder à des stablecoins, de les conserver, de les transférer et de les convertir. Open USD constitue le premier jeton pris en charge.
Cette intégration ne signifie pas que Visa abandonne les autres stablecoins. Son directeur général, Ryan McInerney, a décrit la stratégie du groupe comme « multi-coin et multi-chain ». Son programme de règlement prenait déjà en charge plusieurs actifs et s’étendait à neuf blockchains en avril 2026.
L’appel à partenaires s’inscrit dans cette logique : trouver une infrastructure réglementée capable de passer d’un stablecoin à l’autre et d’opérer sur plusieurs marchés. Mastercard a choisi d’acquérir directement BVNK. Visa semble, pour l’instant, privilégier la sélection d’un nouveau prestataire externe afin de poursuivre le développement de ses propres services.