Pétrole : Pourquoi le pétrole flambe après l’escalade Iran-États-Unis
Le cessez-le-feu signé le mois dernier entre Washington et Téhéran, après près de quatre mois de guerre, vient de prendre un sérieux coup au moral. Hier, l’Iran a attaqué le méthanier qatari Al-Rekayyat alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, ce goulot d’étranglement par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Les États-Unis ont répondu par une nouvelle vague de frappes sur plus de 80 cibles iraniennes, système de défense aérienne et vedettes des Gardiens de la révolution compris, avant que Téhéran ne promette une « réponse écrasante » et ne frappe, selon les Gardiens eux-mêmes, 85 sites militaires américains au Bahreïn et au Koweït. Washington a profité de l’occasion pour révoquer sa dérogation sur les ventes de pétrole iranien, en laissant jusqu’au 17 juillet pour liquider les transactions en cours.
- Le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran a été sérieusement compromis après l’attaque iranienne d’un méthanier qatari dans le détroit d’Ormuz.
- Les États-Unis ont répliqué par des frappes sur des cibles iraniennes, entraînant des tensions sur le marché pétrolier avec une hausse des prix du Brent et du WTI.
Le pétrole panique un peu, sans perdre totalement son sang-froid
Sans surprise, le pétrole a réagi le premier. Comme le rapportait CNBC cette nuit, le Brent a clôturé en hausse de 3% à 74,16 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), la référence américaine, gagnait 2,8% à 70,44 dollars. En séance, la hausse a même dépassé les 5% sur les deux références avant de se tasser légèrement. Ce n’est pas la première fois que le détroit d’Ormuz fait grimper la tension : le Journal du Coin suivait déjà la précédente escalade lorsque les États-Unis avaient riposté et placé le pétrole sous tension, un scénario qui semble se répéter à chaque nouvel accrochage.
| Référence | Prix | Variation |
|---|---|---|
| Brent | 74,16 $/baril | +3% |
| WTI | 70,44 $/baril | +2,8% |
Une progression réelle, donc, mais qui reste loin des scénarios catastrophe évoqués depuis des mois par les analystes en cas de fermeture pure et simple du détroit d’Ormuz. Et pour cause : personne, à ce stade, ne parle de blocage du passage, seulement d’attaques ciblées sur des navires isolés. Le marché price un risque accru, pas (encore) une rupture d’approvisionnement.
La ligne rouge qui ferait vraiment déraper les prix
La nuance compte, parce qu’elle trace la ligne rouge à surveiller. Tant que le trafic pétrolier continue de circuler dans le détroit, même sous la menace, les prix resteront dans une fourchette nerveuse mais contenue. Le vrai basculement interviendrait si l’Iran décidait de multiplier les attaques au point de dissuader durablement les compagnies maritimes d’emprunter la route, ou si les tensions dégénéraient en confrontation directe et prolongée entre les deux armées.
Dans ce cas de figure, les projections les plus pessimistes évoquent des sommets bien au-delà des niveaux actuels, avec des répercussions immédiates sur l’inflation mondiale et sur des banques centrales déjà en équilibre précaire sur leurs décisions de taux.
Bitcoin et les cryptomonnaies résistent
Pour l’instant, le marché semble parier sur une désescalade rapide, comme cela avait été le cas lors des précédents épisodes de tension depuis le début de l’année. Mais la fenêtre donnée par Washington aux acheteurs de pétrole iranien, jusqu’au 17 juillet, offre un calendrier précis à surveiller : c’est probablement d’ici cette échéance que l’on saura si cette flambée n’était qu’un accès de fièvre de plus, ou le prélude à une remontée plus durable des prix de l’énergie.
Face à cette nouvelle escalade géopolitique et à la hausse marquée du pétrole, les cryptomonnaies ont réagi de manière classique en mode risk-off. Le Bitcoin a légèrement reculé d’environ 1 %, évoluant autour de 62 600-62 800 $ dans la journée, sous la pression d’un dollar plus fort et d’une aversion au risque accrue. Ethereum et les principales altcoins ont suivi le mouvement, sans panique généralisée mais avec une volatilité marquée. Le marché crypto reste sensible aux tensions au Moyen-Orient : il encaisse les chocs géopolitiques par des corrections modérées, en attendant des signaux de désescalade ou une stabilisation des prix de l’énergie pour retrouver de l’appétit pour le risque.