Tether au cœur de soupçons de lobbying politique au Royaume-Uni
Nigel Farage fait l’objet d’un signalement aux autorités britanniques pour des opérations supposées de lobbying. Des élus travaillistes reprochent au leader de Reform UK de combattre le « Britcoin », un projet de monnaie numérique de banque centrale à l’étude, après que son parti a reçu des millions de livres d’un donateur lié à l’émetteur privé Tether. Les parlementaires britanniques interrogent ouvertement le financement des campagnes d’opposition par l’industrie des cryptomonnaies.

Les travaillistes réclament une enquête sur les pressions pro-crypto de Nigel Farage
Le 2 juillet 2026, le député travailliste Phil Brickell a signalé Nigel Farage au gendarme parlementaire britannique. Il reproche au leader de Reform UK d’avoir défendu les émetteurs de stablecoins privés puis fait pression sur la Banque d’Angleterre, peu après avoir reçu le soutien financier d’un donateur intéressé à ces mêmes sujets.
Les faits remontent à septembre 2025. Farage a rencontré alors Andrew Bailey, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, et a critiqué devant lui le Britcoin.
Avant ce rendez-vous, il avait publiquement fait l’éloge de Tether et attaqué les restrictions envisagées sur les stablecoins. Il a ensuite revendiqué avoir poussé la banque centrale à adoucir sa position. Reform UK refuse de commenter. Farage nie toute faute.
Fin juin 2026, la présidente du parti travailliste Anna Turley a ouvert un second front. Elle a saisi la Financial Conduct Authority pour lui demander d’examiner si les prises de position de Farage sur la crypto ont servi les intérêts de son donateur.
Le milliardaire Christopher Harborne finance Reform UK à hauteur de 15 millions de livres
L’attention se tourne vers Christopher Harborne, milliardaire britannique et 6e fortune du pays, propriétaire d’environ 12 % de Tether. Les registres officiels de la commission électorale indiquent que Reform UK a accepté 15 millions de livres de dons de sa part entre août 2025 et janvier 2026.
La presse britannique rapporte l’existence d’un second versement sous la forme d’un cadeau personnel de 5 millions de livres.
Cet investisseur remet cette somme à Nigel Farage avant son retour en politique pour les élections législatives de 2024. L’intéressé affirme que ce transfert relève de la sphère privée et n’a aucun lien avec son activité publique.
La régulation des stablecoins devient un terrain de lobbying mondial
Le 22 juin 2026, la Banque d’Angleterre a publié ses règles provisoires sur les stablecoins systémiques. L’institution a abandonné la limite de détention de 20 000 livres par particulier, la restriction précise que Nigel Farage ciblait publiquement.
Elle a instauré à la place un plafond d’émission de 40 milliards de livres par émetteur. Le leader de Reform UK a revendiqué avoir fait plier la banque centrale. Aucune autorité ne confirme l’existence d’un lien causal entre ses attaques et cet assouplissement réglementaire.
Les luttes autour de la législation s’expliquent par l’ampleur des capitaux en jeu. Début juillet 2026, l’USDT de Tether représente environ 184 milliards de dollars en circulation selon les données de DeFiLlama.
Avec un tel poids financier, l’industrie des cryptomonnaies consacre des budgets politiques importants pour défendre son modèle économique face aux banques centrales.
Aux États-Unis, des comités d’action politique pro-crypto comme Fairshake injectent également des dizaines de millions de dollars dans les campagnes électorales pour obtenir un cadre réglementaire favorable à l’industrie.
Les élus britanniques transposent ces craintes d’influence électorale dans leur propre débat national.
La détention directe des actifs écarte les intermédiaires traditionnels
La vraie question de cette affaire dépasse Farage : qui fixe les règles de votre argent ? L’investisseur particulier peut y répondre sans attendre les parlements. Les stablecoins ouvrent des stratégies de rendement propres à la finance décentralisée (DeFi), là où l’épargne classique plafonne. Encore faut-il savoir où chercher.
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Le débat sur la monnaie numérique publique britannique repousse toute décision à la fin de la décennie. L’autonomie financière s’exerce dès aujourd’hui par la détention directe de ses actifs.