MNBC : Le Sénat US interdit le dollar numérique de la Fed pour 4 ans
Non aux MNBC ! Le projet était déjà au ralenti, le voilà désormais gelé par la loi. En glissant une clause dans un texte majeur sur le logement (le 21st Century ROAD to Housing Act), le Sénat américain interdit purement et simplement à la Réserve fédérale d’émettre un dollar numérique grand public avant le 31 décembre 2030. Une nouvelle preuve de la profonde défiance que le Congrès nourrit envers les CBDC (Central Bank Digital Currency) ou MNBC en bon français (Monnaie Numérique de Banque Centrale).
Points clés
- Le Sénat américain interdit à la Fed de lancer un dollar numérique avant le 31 décembre 2030 via un amendement glissé dans une loi sur le logement.
- La mesure, portée par le sénateur Mike Lee, a été adoptée par 89 voix contre 10, avec le soutien de quelques démocrates.
- Les élus redoutent qu’une CBDC ne serve à surveiller les paiements et à restreindre la liberté économique des citoyens.
- Le texte doit encore passer la Chambre des représentants, où la majorité républicaine devrait confirmer l’interdiction.
Le Sénat verrouille le dollar numérique jusqu’en 2030
La manœuvre détonne par son support : c’est dans une loi consacrée à l’accessibilité du logement que les sénateurs américains ont inséré cette restriction monétaire. Le texte est sans ambiguïté : la Fed ne pourra émettre aucune monnaie numérique de banque centrale largement accessible au grand public avant la fin de la décennie.
Le compromis a recueilli un soutien massif : 89 voix pour et seulement 10 contre. Ce résultat est d’autant plus frappant que la Fed n’avait, à ce jour, présenté aucun projet finalisé de dollar numérique. Si certains républicains de la ligne dure, à l’instar de Mike Lee (Utah), ont voté contre la loi globale en estimant qu’une interdiction temporaire jusqu’en 2030 était « insuffisante face aux risques de dérive », la majorité des législateurs a préféré acter ce garde-fou immédiat.

Une défiance ancrée envers les MNBC aux Etats-Unis
Le vote traduit une hostilité de fond, particulièrement vive dans les rangs républicains, mais partagée par une frange démocrate. La crainte tient en deux mots : surveillance et contrôle. Beaucoup d’élus redoutent qu’une monnaie numérique pilotée par l’État ne devienne un outil d’espionnage des paiements courants. Le sénateur Bill Hagerty (Tennessee) a ainsi appuyé cette interdiction, la jugeant indispensable pour protéger les Américains d’une « surveillance gouvernementale excessive ».
Ce rejet s’inscrit dans une ligne politique de plus en plus affirmée à Washington, qui préfère laisser les initiatives privées occuper le terrain technologique. Pendant que le Congrès encadre strictement les ambitions de la Fed, les stablecoins privés adossés au dollar continuent de prospérer et d’irriguer les marchés des actifs numériques. Pour ces législateurs, la numérisation du billet vert passera avant tout par le secteur privé.
En choisissant de geler le projet de la Fed au nom des libertés individuelles, les États-Unis creusent une fracture idéologique majeure face à l’avance technologique du yuan numérique chinois ou du futur euro numérique. Ce coup de frein législatif laisse ainsi le champ libre aux stablecoins privés pour assurer la numérisation du billet vert, faisant le pari que le dollar conservera sa suprématie mondiale par le biais des acteurs de marché plutôt que par un contrôle étatique.