Le dollar US perd du terrain face à l’or comme actif de réserve mondial (BCE)
Le roi dollar mis à mal par le roi des métaux précieux. La Réserve fédérale américaine (Fed) et le Trésor US peinent à convaincre les investisseurs à long terme concernant les obligations américaines, ces derniers étant notamment inquiets de la dette colossale des États-Unis (plus de 39 000 milliards de dollars désormais). Ces mêmes investisseurs diversifient ainsi leurs avoirs hors des bons du Trésor US, notamment au profit de l’or, qui gagne du terrain comme actif de réserve.
- Le dollar US perd du terrain face l’or dans les réserves officielles, à cause de diverses inquiétudes des investisseurs.
- Les banques centrales, qui cherchent à diversifier leurs réserves, ont significativement augmenté leurs achats d’or, atteignant environ 27% des réserves officielles mondiales.
Les bons du Trésor US ne sont plus les actifs de réserve préférés
Selon le récent rapport de la Banque centrale européenne (BCE), publié ce début juin 2026, sur le rôle international de l’euro (qui y est donc comparé au dollar US) : les données observées montrent une certaine érosion des positions en bons du Trésor américain dans les réserves officielles au cours des premiers mois de 2026. Dans un contexte plus large de diversification des banques centrales.
En cause, principalement : la volatilité accrue de ces obligations souveraines (autrefois considérées comme l’étalon de la sécurité), ainsi que les déficits américains élevés et les risques géopolitiques. Les gestionnaires de réserves ont donc cherché une diversification, trouvant un refuge dans le roi des métaux précieux qu’est l’or.
L’or redevient le grand favori des banques centrales
Toujours selon la BCE (voir graphique ci-dessous), la part de l’or dans les réserves officielles mondiales totales a progressé significativement grâce à la hausse des prix et aux achats, atteignant environ 27% fin 2025, contre 22% pour les bons du Trésor US. Cela alors que, fin 2023, la proportion était de 16% pour l’or, et 26% pour les obligations US. Une dynamique en faveur du métal doré qui est portée en grande partie par les pays émergents, qui cherchent à diversifier leurs réserves pour se prémunir contre les risques économiques et géopolitiques.
Et la tendance continue, puisque les banques centrales ont déjà acquis 244 tonnes d’or sur le seul premier trimestre de 2026, d’après les données du World Gold Council. La progression des achats reste soutenue, confirmant un mouvement de fonds entamé depuis plusieurs années. On notera d’ailleurs au passage que la crypto-entreprise Tether, l’émetteur du stablecoin USDT, a été un acheteur d’or très important en 2025, avec l’acquisition de plus de 100 tonnes du métal précieux.
Si le dollar perd ainsi du terrain dans son rôle d’actif de réserve mondial, le phénomène n’est pas inédit. L’or avait déjà retrouvé ses lettres de noblesse pendant la crise financière de 2008, alors que les bons du Trésor américain pliaient sous le choc des subprimes.

Le métal jaune n’est toutefois pas le seul à profiter de cette défiance envers le billet vert ces dernières années. En effet, ces dernières années, Bitcoin (BTC) s’affirme également comme une alternative aux monnaies fiduciaires traditionnelles, et a séduit un nombre important d’investisseurs institutionnels. Même si le marché crypto est morose depuis quelques mois, il ne faut pas oublier qu’avec l’approbation des ETF Bitcoin par la SEC en janvier 2024, les portes du BTC se sont ouvertes en grand aux divers institutionnels et gestionnaires d’actifs.