Agressions crypto en France : la justice sonne l’alarme
Comment enrayer le phénomène ? Une violente intrusion – une de plus – a visé un couple à Bondy, en Seine-Saint-Denis, mercredi dernier peu après cinq heures du matin. Trois individus armés ont fracturé la porte d’entrée d’un pavillon avant de surprendre les occupants dans leur sommeil. Les agresseurs ont frappé et ligoté les victimes sous la menace d’une arme de poing, exigeant l’accès à des portefeuilles numériques. Malgré la fouille systématique des lieux, les malfaiteurs n’ont trouvé aucun actif numérique, les propriétaires actuels n’ayant aucun lien avec ce secteur. Les suspects ont finalement pris la fuite avec des ordinateurs et un smartphone, avant de les abandonner lors d’une tentative d’interpellation par la brigade anticriminalité dans le XVIIIᵉ arrondissement de Paris. Hasard du calendrier, le procureur Renaud Gaudeul a pris la parole ce week-end pour aborder justement le sujet des agressions crypto en France ce week-end. Voici ce qu’il s’est dit.
- Une intrusion violente a eu lieu à Bondy où des malfaiteurs armés ont cherché de la crypto sans succès.
- Ces attaques criminelles exploitent des données piratées, ciblant des individus par le biais de fuites de données massives.
Une criminalité organisée exploitant des données piratées
Les services de police judiciaire notent que ces attaques, qualifiées de low-cost, reposent souvent sur des informations obtenues illégalement. Les auteurs identifient leurs cibles via des fuites de données massives ayant touché des sociétés spécialisées dans la gestion des actifs crypto et l’incident autour de Waltio a été cité en exemple lors de la conférence de presse de dimanche dernier.
Le colonel Mickaël Petit, commandant de la section de recherches de Toulouse, souligne ensuite la fragilité de notre système : « le maillon faible de la cryptomonnaie, c’est le détenteur lui-même. C’est à travers lui qu’on récupère l’argent ». Les autorités recensent un mode opératoire récurrent qui débute par des appels de faux agents administratifs cherchant à confirmer la détention d’actifs, suivis de l’irruption de faux livreurs au domicile des victimes pour initier la phase de contrainte physique.
Cette délinquance, autrefois localisée dans certains secteurs, s’étend désormais sur l’ensemble du territoire français, notamment sur la façade ouest. Les dossiers traités par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux montrent que l’obsolescence des données piratées provoque parfois des méprises tragiques.
À Anglet, en avril dernier, un commando a agressé les occupants d’une maison dont la véritable cible avait déménagé dix ans plus tôt. Par ailleurs, la note de la police judiciaire indique qu’une quarantaine de faits de ce type ont déjà été recensés sur les quatre premiers mois de l’année 2026, confirmant une progression notable de ce phénomène criminel par rapport aux années précédentes.

Des réseaux structurés et des enjeux judiciaires lourds pour les agresseurs crypto
Lors de la conférence de presse à Bordeaux, le procureur Renaud Gaudeul a détaillé l’accélération de ces activités criminelles, soulignant le caractère organisé des réseaux. Les exécutants, souvent âgés de 17 à 24 ans, sont recrutés sur les réseaux sociaux par des structures mafieuses. Le magistrat alerte sur la dangerosité de ces groupes, évoquant la saisie d’armes de guerre prêtes à l’emploi lors de récentes interventions.
Il insiste sur la disproportion entre les gains réels et les sanctions possibles : « il y a un décalage considérable entre le fruit escompté et les peines encourues ». En effet, les agresseurs acceptent parfois des missions pour quelques centaines d’euros, alors qu’ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité pour séquestration en bande organisée.
Enfin, les autorités ont reconnu que pour faire face à cette menace immédiate, la stratégie avait changé. Le procureur de Bordeaux a expliqué que les parquets privilégient désormais des interpellations rapides pour empêcher la réitération des actes : « aujourd’hui, il faut agir extrêmement vite pour empêcher la réitération des faits ». Les autorités recommandent aux détenteurs de se méfier des appels suspects et de prévenir immédiatement les forces de l’ordre en cas de doute.
La rapidité du signalement après une agression reste également déterminante pour espérer retracer les flux financiers sur la blockchain. Cette forme de délinquance impose donc aux propriétaires d’actifs numériques une vigilance accrue concernant la confidentialité de leurs données personnelles et la gestion de leur sécurité domestique. Le phénomène des attaques à domicile explose dans le pays et nul ne peut désormais l’ignorer.