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$89M blanchis via les crypto-exchanges ? Le CEO de ShapeShift réagit

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Toujours prompts à salir la réputation des cryptomonnaies, les médias traditionnels ne ratent jamais une occasion de dire du mal de cette alternative économique au système qui les finance. Malgré le fait qu’un ancien procureur fédéral américain ait dit haut et fort cet été qu’il n’y avait pas plus de criminalité financée en cryptomonnaies plutôt qu’en cash (dollars, euros,…), c’est ici le Wall Street Journal qui prétend que les cryptomonnaies auraient permis le blanchiment de 89 millions de dollars.

Près de 89 millions de dollars d’argent sale blanchi dans les cryptos ?

Le premier problème, c’est que ni les cryptomonnaies ni le cash ne sont “sales”, ce sont ceux qui les utilisent à de mauvaises fins qui le sont, c’est-à-dire l’humain qui pervertit l’outil, aussi fantastique soit ce dernier.

D’après l’article du Wall Street Journal, ce seraient 88,6 millions de dollars issus d’activités frauduleuses qui auraient transité par 46 exchanges de cryptomonnaies.

L’article charge en particulier ShapeShift, plateforme d’échange de cryptos basée en Suisse, par laquelle 9 millions de dollars de fonds douteux auraient transité.

L’enquête aurait permis de retracer 2 500 transactions obscures, de fraudes ou d’activités criminelles présumées, remontant jusqu’à 2016.

Les profils des “criminels” seraient vastes, allant des agents nord-coréens, aux fraudeurs de cartes de crédit, en passant par les escrocs à la pyramide de Ponzi.

Outre ShapeShift, le blanchiment serait passé par différents exchanges bien connus comme Binance, Bitfinex, BTC-e, Bittrex, Changelly, Gemini, KuCoin, Bitstamp ou encore HitBTC.

Comme le fait remarquer Cryptovest, ce serait notamment l’équivalent de 35 millions de dollars de bitcoins (BTC) et 16,4 millions de dollars d’ethers (ETH) mal acquis qui auraient été convertis dans la cryptomonnaie Monero, anonyme et intraçable.

Réponse de ShapeShift aux accusations

Il est bon de rappeler que ShapeShift avait, de sa propre initiative, décidé en début de mois dernier de mettre fin à l’anonymat sur sa plateforme d’échange, en annonçant l’arrivée d’un KYC (Know Your Customer).

Le Wall Street Journal ayant fourni à ShapeShift une liste d’adresses “suspectes” étant passées par leur plateforme, la directrice juridique de ShapeShift, Veronica McGregor, a affirmé que ces comptes avaient été préventivement bannis en attendant plus de preuves.

Quant au CEO de ShapeShift, Erik Voorhees, il a réagi au rapport du Wall Street Journal (WSJ) en l’accusant de diffamation et de malhonnêteté intellectuelle (façon polie de dire “propagande anti-cryptos” sûrement), sur son compte Twitter officiel :

« Nous sommes au courant de l’article mal documenté écrit contre nous par un membre du WSJ. Les accusations sont malhonnêtes et trompeuses. L’auteur a choisi des données, excluant les faits contraires à son récit de diffamation. Le chiffre de 9 millions de dollars représente moins de 0,2 % de notre volume sur la période. Parallèlement, le blanchiment d’argent à travers les banques est de 2 à 5 % », citant des données de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.

Le pourcentage d’activités frauduleuses est ici bien plus faible sur l’exchange qu’avec les banques traditionnelles. Bizarrement, la personne du Wall Street Journal a éludé ce fait… Tout comme elle a oublié de faire une mise en perspective : par les banques, c’est 2 700 millions de dollars par jour d’argent qui serait blanchi, contre l’allégation de 89 millions de dollars en 2 ans via les crypto-exchanges.

Avec son article calomnieux au titre sensationnaliste, le Wall Street Journal vient d’apporter une nouvelle définition de l’expression : « on voit la paille dans l’œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien ».

Sources : Cryptovest ; WallStreetJournal || Image from Shutterstock

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Rémy R.
Issu d’une formation universitaire en Sciences, je m’intéresse aux blockchains et à Bitcoin depuis 2013 et en ai même miné à l’époque. La bulle qui s'en est suivie m'en a détourné, mais je m'y suis replongé depuis 2017 et les étudie depuis avec passion.

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