Bittrex interdit d’opérer à New York

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Alors que Bitstamp vient d’obtenir la BitLicense, qui permet à une crypto-entreprise d’opérer dans l’État et la ville de New York, Bittrex s’est au contraire vu refuser le précieux sésame.

Rejet de la demande de BitLicense de Bittrex

L’exchange Bittrex avait déposé sa demande de BitLicense le 10 août 2015. Malgré cette longue attente de près de 4 ans, sa demande a été rejeté par le Département des Services Financiers de New York (NYDFS).

Dans la lettre notifiant cette décision à Bittrex, le NYDFS invoque des manquements de l’exchange. Principalement en matière de lutte contre le blanchiment d’argent (AML), de manque de capital, et sur ses standards d’exigence concernant une quinzaine de tokens listés sur sa plateforme d’échange.

Le sérieux des contrôles internes et de la vérification d’identité des utilisateurs (KYC) sont également remis en cause par le NYDFS, car Bittrex aurait « un nombre important d’alias » parmi ses clients, comme Donald Duck ou Elvis Presley ou encore Give me my money (!).

Autre reproche selon le NYDFS :

« un grand nombre de transactions pour des clients domiciliés dans des pays sanctionnés (y compris l’Iran et la Corée du Nord) ont fait l’objet d’un masquage et ont été traitées ».

Conséquence de cette décision : à compter du 11 avril 2019, Bittrex doit immédiatement cesser ses activités dans l’État de New York et, dans les 60 jours, mettre fin à ses activités dans la ville de New York.

Bittrex ayant environ 35 000 utilisateurs à New York, l’exchange devra également prévoir un plan de liquidation de ses activités pour ses clients new-yorkais, qui doit être présenté sous 14 jours.

« Il n’y a pas de procédure d’appel à la suite d’un refus [de la BitLicense], mais l’entreprise pourra présenter une nouvelle demande », représentant du NYDFS

Réponse de Bittrex

Face à la crise, Bittrex a rapidement sorti un communiqué pour contester la décision du NYDFS, parlant de « plusieurs inexactitudes factuelles ».

Notamment concernant un des griefs invoqués ci-dessus :

« Les clients iraniens mentionnés dans la lettre [du NYDFS] ont été signalés à l’OFAC en janvier 2018 ; nous n’avons, et n’avons jamais eu, aucun client nord-coréen ».

De plus, Bittrex explique qu’en janvier dernier les autorités new-yorkaises voulaient lui faire signer un « accord de supervision », jugé inacceptable par l’exchange.

Dans le cadre de cet accord, Bittrex aurait dû :

  • Limiter son offre à 10 cryptomonnaies seulement pour ses clients de New York ;
  • Se conformer à des « exigences irréalistes en matière de capital » (largement supérieures à celles de tout autre État) ;
  • Et enfin Bittrex aurait dû se soumettre à l’approbation des autorités pour pouvoir constituer ou acquérir toute autre entité.

Bittrex signale également qu’on lui a déclaré que toutes ces dernières exigences « n’étaient pas négociables ». L’exchange estime pourtant avoir « répondu à toutes les demandes de renseignements » pendant cette longue procédure.

Manifestement refroidi par toute cette attente et ce travail pour rien, Bittrex n’a pas manifesté son intention de représenter une nouvelle demande de BitLicense pour l’instant.

Après Kraken, voici donc Bittrex qui est victime de la BitLicense.

“[La BitLicense est] une créature si fétide, si cruelle que même Kraken n’a pas le courage ou la force de faire face à ses dents pointues, grandes et méchantes” Jessee Powell, CEO de Kraken

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Rémy R.
Issu d’une formation universitaire en Sciences, je m’intéresse aux blockchains et à Bitcoin depuis 2013 et en ai même miné à l’époque. La bulle qui s'en est suivie m'en a détourné, mais je m'y suis replongé depuis 2017 et les étudie depuis avec passion.

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