Meta : Le grand pivot vers l’IA au détriment de la VR et d’Horizon Worlds
Plan B. L’année 2026 marque un tournant structurel pour Meta, qui délaisse ses ambitions immersives initiales pour une intégration profonde de l’intelligence artificielle. Mark Zuckerberg, cofondateur de l’entreprise, supervise actuellement le développement d’un agent d’IA personnel destiné à optimiser sa propre gestion opérationnelle. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique globale visant à transformer les méthodes de travail des 78 000 employés du groupe. En parallèle, la plateforme Horizon Worlds, autrefois symbole du métavers, subit une mutation majeure en quittant le support de la réalité virtuelle pour se concentrer sur le marché mobile, signalant la fin d’une ère pour la division Reality Labs.
- Meta a délaissé ses ambitions immersives pour une intégration profonde de l’intelligence artificielle, marquant un tournant structurel en 2026.
- La plateforme Horizon Worlds a connu une mutation majeure, quittant la réalité virtuelle pour se concentrer sur le marché mobile, signalant la fin d’une ère pour la division Reality Labs.
L’automatisation interne comme levier de productivité chez Meta
La direction de Meta mise désormais sur les technologies agentiques pour réduire les strates hiérarchiques et accélérer la circulation de l’information. Selon des informations récentes du Wall Street Journal, Mark Zuckerberg utilise déjà un agent d’IA pour simplifier l’accès aux données internes, évitant ainsi de solliciter plusieurs équipes pour des recherches factuelles. Cette recherche d’efficacité répond à la concurrence des startups natives de l’IA, qui opèrent avec des effectifs réduits mais une agilité supérieure.
Le PDG a d’ailleurs souligné que 2026 représenterait l’étape où l’IA modifierait radicalement l’organisation interne de la firme, favorisant les contributeurs individuels au détriment des structures d’encadrement complexes. Les employés de Meta exploitent déjà des outils internes tels que MyClaw, qui facilite l’accès aux journaux de bord et aux fichiers de travail, ou Second Brain. Ce dernier, s’appuyant sur l’infrastructure Claude d’Anthropic, agit comme un véritable chef de cabinet numérique pour accélérer l’exécution des projets.
Toutefois, cette transition vers une automatisation accrue s’accompagne de perspectives sociales incertaines. Des informations suggèrent qu’une nouvelle vague de licenciements pourrait impacter jusqu’à 20 % des effectifs afin de compenser les investissements massifs dans l’IA. Bien que Meta qualifie ces rapports de spéculatifs, la tendance au resserrement des priorités semble confirmer un changement de paradigme économique au sein du géant de Menlo Park.

Le déclin d’Horizon Worlds en VR et le recentrage sur le mobile
Par ailleurs, le rêve d’un monde virtuel immersif, pilier du changement de nom de Facebook en Meta en 2021, fait face à une réalité financière difficile. La division Reality Labs a accumulé des pertes estimées à près de 80 milliards de dollars depuis 2020. En conséquence, Meta a initialement annoncé la fin du support d’Horizon Worlds sur les casques Quest pour le 15 juin 2026, avant de nuancer sa position face aux réactions de la communauté.
Si l’accès en réalité virtuelle est maintenu pour l’instant de manière limitée, l’application disparaîtra du store Meta dès le 31 mars pour devenir une expérience prioritairement mobile et web. Ce pivot illustre un constat d’échec pour la VR grand public, incapable de transformer les investissements colossaux en succès d’audience. À l’inverse, la version mobile d’Horizon Worlds affiche une croissance de 53 % de ses téléchargements sur un an, atteignant 45 millions d’installations.
Andrew Bosworth, directeur technologique de Meta, a reconnu que le public sur smartphone est nettement plus large, ce qui justifie de concentrer les efforts de développement sur ces plateformes plutôt que sur des environnements immersifs coûteux. Le métavers, tel qu’imaginé initialement, semble ainsi céder la place à des produits plus conventionnels et accessibles, tandis que les ressources de l’entreprise se dirigent vers les lunettes connectées et les modèles de langage comme Llama.
L’abandon progressif de la réalité virtuelle au profit de l’IA agentique et des services mobiles démontre une volonté de pragmatisme après des années de dépenses somptuaires. Meta semble désormais privilégier l’utilité immédiate et l’efficacité algorithmique pour stabiliser son modèle économique.