DeFi : 87 % des revenus sont captés par seulement 10 protocoles
Les chiffres sont sans appel : au cours du dernier mois, les 10 principaux protocoles DeFi ont capturé 87 % des revenus redistribués aux holders de tokens. Une concentration extrême qui confirme ce que beaucoup suspectent depuis longtemps : la capture de valeur dans la DeFi reste l’affaire d’une élite très restreinte.
- Les 10 principaux protocoles DeFi ont capturé 87 % des revenus redistribués aux détenteurs de tokens, une concentration extrême limitant la valeur à une élite réduite.
- Hyperliquid, edgeX et Pump dominent outrageusement le secteur, s’appropriant plus de 70 % des revenus, révélant une domination oligarchique au sein de la DeFi.
Le trio de tête écrase tout
Selon les données DefiLlama, le podium est particulièrement éloquent. Hyperliquid domine outrageusement avec 53,5 millions de dollars, soit 38,4 % du total des revenus distribués. Un mastodonte qui, à lui seul, pèse presque autant que les suivants réunis.
Derrière, edgeX (23,3 M$, 16,7 %) et Pump.fun (22,9 M$, 16,4 %) complètent un trio qui représente à lui seul plus de 70 % des revenus. Le reste du classement s’effrite rapidement : Chainlink, Aerodrome, Uniswap et une poignée d’autres se partagent les miettes dans un long tail de petits rectangles colorés.
Une oligarchie qui se renforce
Cette concentration n’est pas nouvelle, mais elle s’accentue. Dans un marché qui se veut décentralisé par nature, on observe une réalité plus prosaïque : les protocoles qui ont su construire une réelle productivité économique captent l’essentiel de la valeur créée.
Le reste de l’écosystème, des centaines de projets, se bat pour les 13 % restants. Un signal clair pour les investisseurs : la dispersion des capitaux sur des protocoles de seconde ou troisième zone reste un pari risqué, souvent plus proche de la loterie que de l’investissement rationnel.

Que nous dit vraiment ce treemap ?
Au-delà des chiffres bruts, cette visualisation DefiLlama montre la maturité (ou la rigidité) actuelle du secteur. Les leaders d’hier et d’aujourd’hui continuent de consolider leur avance grâce à des moats solides : effet réseau, liquidité profonde, et modèles de tokenomics qui récompensent effectivement les holders.
Hyperliquid en est l’archétype : en s’imposant comme la plateforme de contrats perpétuels dominante, elle transforme son activité en cashflow réel pour ses token holders.
Tant que la DeFi restera dominée par ce type de dynamique « winner-takes-most », les nouveaux entrants devront proposer une proposition de valeur radicalement supérieure ou se résoudre à jouer les seconds rôles.
La concentration n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, elle reflète simplement un marché qui récompense l’efficacité et l’exécution. Mais elle pose aussi une question gênante : à quel point l’écosystème est-il réellement décentralisé si 87 % de la valeur distribuée passe par seulement dix protocoles ?