Direction les 65 000 $ pour bitcoin ? Les institutionnels US en vacances
BTC boudé ? Le bitcoin a enchaîné six jours de hausse consécutifs avant de marquer une pause ce mardi, autour de 63 700 dollars, sa meilleure série hebdomadaire depuis mars. De quoi relancer la question du titre : un retour vers les 65 000 dollars est-il crédible à court terme ? Selon certains analystes, une reconquête décisive du niveau des 64 000 dollars cette semaine donnerait un nouvel élan au marché.
- Le marché des cryptomonnaies a profité d’une pression réglementaire moins forte aux États-Unis, permettant au Bitcoin de retrouver une dynamique haussière.
- Malgré ce regain, plusieurs indicateurs révèlent une demande américaine toujours faible, avec le Coinbase Premium en territoire négatif depuis 50 jours consécutifs et une chute de 30 % du volume de trading du bitcoin sur le CME.
Bitcoin : une demande américaine toujours en retrait
Mais tous les voyants ne sont pas au vert. Le Coinbase Premium, qui mesure l’écart de prix entre Coinbase et Binance, campe en territoire négatif depuis 50 jours consécutifs selon Coinglass, du jamais-vu depuis le lancement du suivi de l’indice.
Dans les détails, le Coinbase Premium Index compare le prix du bitcoin sur Coinbase (en dollars) à celui sur Binance (en USDT), la référence mondiale. En effet, Coinbase concentre une part disproportionnée des flux institutionnels américains : hedge funds, family offices, trésoreries d’entreprise, et surtout l’infrastructure de garde et de trading des ETF spot bitcoin américains. De fait donc, un premium positif et durable traduit une demande américaine forte ; un premium négatif prolongé, comme actuellement, traduit une demande US en retrait ou des ventes nettes.
Concrètement, le bitcoin s’échange moins cher aux États-Unis que sur la plateforme mondiale Binance, un signal de demande américaine relativement faible, renforcé par huit semaines consécutives de sorties nettes sur les ETF spot bitcoin américains.
Le côté réglementaire : ce n’est plus l’histoire de Gary Gensler
Sur le plan réglementaire, le narratif a changé de personnage. Gary Gensler a démissionné de la présidence de la SEC début 2025 ; c’est désormais Paul Atkins qui dirige le gendarme boursier américain, avec une ligne nettement plus favorable aux cryptos.
Le GENIUS Act, promulgué en 2025, classe les stablecoins de paiement conformes comme n’étant ni des valeurs mobilières ni des matières premières, les sortant de facto du giron direct de la SEC.
En mars 2026, un cadre conjoint SEC-CFTC est allé plus loin en qualifiant le bitcoin, l’ether, le solana, le XRP et le LINK de « digital commodities ». Le relâchement de la pression réglementaire est donc bien réel, mais il ne suffit pas, à lui seul, à faire décoller la demande institutionnelle américaine.

Une demande institutionnelle atone
En effet, du côté des institutionnels, le tableau reste mitigé. Le volume des futures bitcoin sur le CME (Chicago Mercantile Exchange) est retombé à son plus bas niveau en 14 mois, plombé par le débouclage des positions de « basis trade », une stratégie d’arbitrage entre marché spot et marché à terme rendue moins rentable par la hausse du coût du capital et un regain de volatilité.
D’autres jauges racontent une histoire plus nuancée. L’aSOPR (adjusted Spent Output Profit Ratio), qui mesure la rentabilité moyenne des transactions on-chain, évolue actuellement tout près du seuil de 1, la ligne de partage entre prises de bénéfices et pertes réalisées. Historiquement, un passage durable au-dessus de ce seuil a souvent marqué la bascule d’une phase de capitulation vers une reprise de la demande, un niveau à surveiller de près dans les prochains jours plutôt qu’un signal déjà acquis.
Ce flottement institutionnel contraste d’ailleurs avec le comportement des whales, ces gros portefeuilles on-chain : comme le détaillait notre article sur le divorce entre les whales et les ETF bitcoin, ces dernières ont accumulé près de 270 000 BTC en deux semaines pendant que les ETF américains subissaient des sorties nettes records. Deux visages de la demande américaine, deux tendances opposées : c’est peut-être là, plus que dans le seul calendrier réglementaire, que se joue la suite du rebond.