Tether (USDT) dans la tourmente : Scam or not ?

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Cointelegraph a précédemment relayé la controverse entourant la devise numérique Tether (USDT) et nous l’avons relayé dans notre 24h crypto n°2. Cette cryptomonnaie a une spécificité bien particulière. La société s’est engagé à ce que son token conserve en permanence une parité de 1:1 avec le dollar américain. Tether s’est également engagé à détenir autant de dollars américains que de tokens émis.

Tether et Bitfinex sont des sociétés sœurs. Chacune des sociétés a des participations dans l’autre. Les deux sociétés ont fait l’objet d’un examen minutieux car leur accès aux services bancaires a été considérablement réduit. Cela a commencé plus tôt en 2017, lorsque l’une de leurs banques, Wells Fargo, a commencé à refuser leurs virements.

Tether affirme que l’USDT n’est pas de l’argent

La controverse sur Tether provient en grande partie de la section « légale » de leur site web. Dans ce document, Tether affirme:

« Une fois que vous avez des Tethers, vous pouvez les échanger, les garder ou les utiliser pour payer des personnes qui accepteront vos Tethers. Cependant, les Tethers ne sont pas de l’argent et ne sont pas des instruments monétaires. Elles ne sont pas non plus stockées en valeur ou en devise. Il n’existe aucun droit contractuel ou autre obligation légale pour nous de racheter ou d’échanger vos Tethers contre de l’argent. Nous ne garantissons aucun droit de rachat ou d’échange de Tethers par notre société contre de l’argent. Il n’ y a aucune garantie contre les pertes lorsque vous achetez, échangez, vendez ou rachetez des Tethers. »

Nous avons donc une entreprise qui crée une devise numérique en prétendant que ce n’en est pas. La société Tether ne garantirait apparemment aucun droit de rachat des tokens Tethers.

Tether affirme réaliser des audits mais ils sont inaccessible au public

Tether assure également aux utilisateurs que la société est régulièrement audité pour s’assurer qu’elle dispose de réserves suffisantes pour couvrir l’intégralité des Tethers contre du dollar américain. Problème : la société n’a jusqu’à présent fourni aucun rapport d’audit. Ils ont promis d’autres vérifications, mais à l’heure actuelle, le dernier contrôle à laquelle ils font référence aurait été publiée en mars. Depuis, le nombre de tokens en circulation a augmenté de plusieurs centaines de millions.

Chaque fois que quelqu’un sur Reddit se demande si l’entreprise va effectivement procéder à son audit, l’un des employés de Bitfinex, bfx_drew, répond en proposant un pari à celui qui pose la question. C’est une forme étrange de service client.

« Ouais, tu veux parier ? »

Beaucoup de gens sur Reddit se sont également demandés comment une entreprise de cette taille pouvait recevoir des centaines de millions de dollars en dépôts. Sans de tels dépôts, les tokens introduits sur le marché ne sont pas entièrement garantis par des dollars américains. Cela signifierait que Tether dirigerait une réserve fractionnaire. On parle de réserve fractionnaire lorsque cette réserve contient moins de dépôt que d’argent émis. Les banques actuels reposent sur un système de réserve fractionnaire : elles émettent plus de monnaie que ce qu’elle ont dans les coffre.

Tether répond… RAS.

L’entreprise a répondu à ces questions. Dans une déclaration officielle, Tether a souligne :

« Nous sommes au courant des discussions en ligne sur les difficultés que rencontre le publique pour accéder à nos audits. Des vérifications cycliques de nos soldes bancaires ont été effectué par la firme d’audits taïwanaise TOPSUN CPAs & Co. Ces audits ont été réalisés dans l’intérêt des actionnaires et il n’était pas prévu que nous offrions un accès public à ces données. Néanmoins, nous leur avons demandé de préparer les attestations suivantes (lien au format PDF) en anglais, qui ont été réalisés aux dates suivantes : 31 décembre 2016, 31 janvier 2017, 28 février 2017 et 31 mars 2017. Cependant, nous n’effectuons plus nos audits via cette société à Taïwan. En raison de l’engouement considérable pour notre projet, nous avons démarché les services de Friedman, LLP, à New York, pour effectuer des vérifications exhaustives du bilan sur une base trimestrielle depuis le 31 décembre 2016. Nous partagerons ces résultats avec vous au fur et à mesure qu’ils seront disponibles dans les semaines ou les mois à venir. »

En ce qui concerne leurs propre allégations selon laquelle les tokens ne sont pas considérés comme de l’argent et ne sont pas garantis d’être remboursés par la société, Tether écrit :

« Nos conditions d’utilisation ont été soigneusement sélectionnées par divers individus malveillants pour suggérer que Tethers ne serait pas échangeable contre de l’argent. C’est faux. C’est faux. Bien que nous nous réservions le droit de ne pas racheter les tokens à un client en particulier comme nous le devrions, nous ne le ferons pas sans raison. Nous avons le devoir d’essayer de faire en sorte que notre service ne soit pas utilisé par des personnes de pays qui restreignent l’usage de notre token ou qui figurent sur une liste de sanctions. En bref, les rachats ne seront pas refusés sans raison, mais nous nous réservons le droit de refuser sélectivement le rachat et la création de Tethers au cas par cas. »

Enfin, Tether note qu’elle a suffisamment de relations bancaires pour desservir certains gros clients, mais pas tous.

« Même si nos défis bancaires sont pénibles mais distrayants, des dizaines de millions de dollars entrent et sortent quotidiennement de Tether par les canaux que nous avons établis. Bien que ces flux ne soient pas disponibles pour tous les utilisateurs, ils ont été suffisants pour ramener les marchés supportant l’USDT à parité avec ceux qui qui supportent l’USD. »

Des utilisateurs malveillants ? Vraiment ?

Les conditions d’utilisation de Tether (ToS) peuvent certainement être interprétées de la manière dont l’entreprise l’explique. Mais encore une fois, il peut être interprété d’autres manières. C’est le problème avec un document juridique ouvert au publique. Leur ToS dit simplement que l’entreprise peut refuser de racheter les tokens. Il n’indique pas explicitement les circonstances dans lesquelles l’entreprise le ferait.

En fin de compte, c’est aux acheteurs et aux vendeurs du token de décider si ceux qui remettent en question les bonnes intentions de l’entreprise sont malveillants ou prophètes.

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Source : CoinTelgraph

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