Inflation en France : La hausse des prix accélère à 2,1% en juillet, le Livret A décroche
L’inflation, c’est comme le dentifrice : une fois qu’elle est sortie du tube, il est impossible de l’y faire rentrer. L’image de Karl Otto Pöhl, ex-président de la Bundesbank en 1980 n’a pas pris une ride. Car oui, en France, le tube s’est encore un peu vidé cet été. Après des mois de relative accalmie, la hausse des prix reprend du poil de la bête en France, et ce n’est pas franchement une bonne nouvelle pour le pouvoir d’achat ni pour les épargnants qui comptaient sur leurs livrets pour amortir le choc. L’Insee vient de confirmer les chiffres définitifs de juillet, et la tendance ne va clairement pas dans le bon sens pour ceux qui n’ont pas diversifié vers des actifs perçus comme des remparts contre l’érosion monétaire, à l’image du Bitcoin.
- L’inflation en France a connu une hausse notable, atteignant 2,1% sur un an en juillet 2026, principalement due aux augmentations dans le secteur de l’énergie.
- Le rendement réel du Livret A est devenu négatif à cause de l’inflation, incitant les épargnants à envisager des alternatives comme le Bitcoin pour protéger leur pouvoir d’achat.
Insee : l’inflation grimpe à 2,1% sur un an, portée par l’énergie et les services
Les prix à la consommation ont augmenté de 2,1% sur un an en juillet 2026, contre 1,8% en juin, selon les chiffres définitifs publiés par l’Insee le 14 août.
Sur le seul mois de juillet, la hausse atteint même 0,6%, après un repli de 0,3% en juin. L’inflation sous-jacente, celle qui exclut les prix les plus volatils et les mesures fiscales pour donner une image plus stable de la tendance de fond, grimpe elle aussi, à 1,3% contre 1,0% le mois précédent.
Les services accélèrent (+2,2% après +1,9%), tirés notamment par l’hébergement (+7,3%) et les communications, qui bondissent de 10,7% sur un an. Rien d’alarmant en soi, mais le signal est net : le calme apparent du printemps s’est bel et bien dissipé.

L’énergie, grande responsable de l’accélération des prix
Le vrai moteur de cette poussée, c’est l’énergie. Les prix du secteur s’envolent de 12,6% sur un an, contre 11,0% en juin, avec un gaz qui accélère brutalement à +17,7% et des produits pétroliers en hausse de 20,7%, portés par le gazole (+24,1%) et l’essence (+16,5%).
Ce n’est pas un hasard si le pétrole s’est envolé début août avec l’expiration du délai sur le détroit d’Hormuz : les tensions au Moyen-Orient se répercutent directement sur la facture énergétique des ménages français, avec quelques semaines de décalage entre le marché du baril et le porte-monnaie. L’alimentation, elle, reste plus sage, avec une hausse de 1,0% sur un an, même si les produits frais s’envolent de 3,8%.
Le Livret A, sensé protéger l’épargne populaire, ne suit plus le rythme. Passé à 1,7% depuis le 1er août selon le ministère de l’Économie, son rendement réel, une fois l’inflation déduite, devient officiellement négatif. Autrement dit, l’argent placé dessus perd du pouvoir d’achat mois après mois, même s’il continue d’afficher un solde en hausse sur le relevé bancaire. Ce grand écart entre rendement affiché et rendement réel n’est pas nouveau, mais il s’aggrave, et il explique en partie pourquoi une partie de l’épargne française continue de lorgner vers des actifs alternatifs, Bitcoin en tête, pour tenter d’échapper à cette lente érosion.