Microsoft engrange 480 milliards de dollars en une séance, sa plus forte hausse depuis 2008
Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Wall Street n’avait plus vu ça depuis la crise financière. Le titre Microsoft a bondi de plus de 15 % en une seule séance, engrangeant environ 450 à 480 milliards de dollars de capitalisation supplémentaire, du jamais-vu depuis 2008.
De quoi éclipser au passage le précédent record détenu par Nvidia, qui avait ajouté 440 milliards de dollars en une journée quelques mois plus tôt sur fond d’euphorie autour de l’intelligence artificielle.
- Microsoft a connu un bond historique de 15 % en capitalisation boursière, atteignant une hausse spectaculaire de 450 à 480 milliards de dollars.
- Le service cloud Azure a franchi la barre symbolique des 100 milliards de dollars de revenus annuels, surpassant largement les attentes des analystes.
Azure passe enfin la barre symbolique
Le déclencheur tient en un chiffre : Azure, le service cloud de Microsoft, a franchi les 100 milliards de dollars de revenus annuels pour la première fois. Selon Fortune, le chiffre d’affaires du quatrième trimestre fiscal du service a progressé de 43 %, sa meilleure performance depuis début 2022.
Mieux : la direction guide désormais vers une croissance de 45 % pour le trimestre suivant, largement au-dessus des 41 % anticipés par les analystes.
Au-delà d’Azure, quasiment tous les indicateurs du trimestre ont dépassé les attentes de Wall Street, avec un chiffre d’affaires global qui dépasse de 2,4 milliards de dollars le consensus des analystes. Pas un seul mauvais chiffre dans le lot, ce qui explique en partie l’ampleur de la réaction du marché.
Le chiffre qui fait basculer le marché
Franchir les 100 milliards symboliquement, ce n’est pas juste une jolie rondeur comptable. C’est la preuve, aux yeux des investisseurs, que les milliards engloutis dans les centres de données IA par les hyperscalers commencent enfin à se transformer en revenus tangibles, et pas seulement en promesses.
Alphabet, de son côté, avait vu sa trésorerie disponible plonger à -5,86 milliards de dollars le même trimestre à force d’investir massivement sans que les revenus suivent au même rythme. Microsoft, elle, vient de prouver l’inverse : le pari peut payer, à condition de tenir la distance.
Reste que la mécanique n’est pas automatiquement réplicable ailleurs. Azure bénéficie d’un effet d’échelle et d’une base installée que ses rivaux n’ont pas forcément. Meta et Amazon, eux, continuent de dépenser des sommes colossales en infrastructure IA sans avoir encore franchi un cap aussi net sur leurs revenus cloud correspondants.
Microsoft : Une prouesse à relativiser
Il ne faut pas non plus s’emballer trop vite : une hausse de 15 % en une séance, aussi spectaculaire soit-elle, reste un mouvement de marché, pas une garantie de pérennité.
Les mêmes investisseurs qui applaudissent aujourd’hui n’hésiteront pas à sanctionner sèchement le moindre signe de ralentissement au trimestre prochain. La barre des attentes vient d’être placée nettement plus haut, et Microsoft devra désormais vivre avec.
L’épisode illustre surtout une dynamique de fond qui dépasse Microsoft : celle d’un marché qui, après des mois d’inquiétude sur une possible bulle de l’IA, cherche enfin des preuves concrètes plutôt que des promesses. Alphabet a déjà montré l’envers du décor la même semaine avec sa trésorerie exsangue ; Meta et Amazon seront les prochains testés sur ce même critère. Un contexte où même Bitcoin et les actifs numériques continuent de suivre de près chaque soubresaut de la tech traditionnelle.