Ordre limite vs ordre au marché – La minute trading
Deux façons d’acheter. Un ordre au marché s’exécute immédiatement, au meilleur prix disponible sur le carnet d’ordres au moment où il est passé. Rapide, garanti en exécution, mais pas en prix : si le marché bouge vite, vous pouvez être servi bien plus cher (ou moins cher) que ce que vous voyiez à l’écran une seconde plus tôt. Un ordre limite, lui, fixe un prix précis d’achat ou de vente : il ne s’exécute que si le marché l’atteint. Vous maîtrisez le prix, mais pas le moment, ni même la certitude que l’ordre sera un jour rempli. Pour cerner plus en détail cette distinction, notre lexique dédié à l’ordre à cours limité entre dans le détail technique.
- L’ordre au marché s’est exécuté immédiatement, mais son prix n’est pas garanti, surtout en cas de forte volatilité.
- L’ordre limite a permis de fixer un prix d’achat ou de vente, mais son exécution n’a pas été certaine, en particulier durant la frénésie boursière de GameStop en janvier 2021.
L’ordre au marché, ou la roulette qu’on ne voit pas tourner
La différence semble théorique jusqu’au jour où elle ne l’est plus. Sur un actif liquide et calme, un ordre au marché s’exécute quasiment au prix affiché.
Sur un actif en pleine frénésie, avec un carnet d’ordres qui se vide plus vite qu’il ne se remplit, le prix réellement obtenu peut s’écarter fortement du prix visé quelques secondes plus tôt : c’est ce qu’on appelle le slippage, ou dérapage d’exécution.
L’ordre limite protège justement de ce dérapage, au prix d’un risque inverse : ne jamais être exécuté si le marché s’envole sans repasser par votre prix. Nous détaillions déjà l’ensemble de ces types d’ordres crypto dans un précédent guide.
Janvier 2021 : GameStop, ou la volatilité qui rend les deux ordres dangereux à leur manière
Prenons un cas concret. Fin janvier 2021, des milliers de particuliers se sont coordonnés sur le forum Reddit WallStreetBets pour acheter massivement l’action GameStop. Leur but : faire perdre de l’argent aux fonds spéculatifs qui avaient parié sur sa baisse (une technique appelée vente à découvert). Résultat : le cours, qui valait environ 17 dollars début janvier, a été multiplié par 15 à 20 selon la période retenue, jusqu’à toucher un pic proche de 483 dollars le 28 janvier.
Le 28 janvier 2021, en pleine explosion des cours, le courtier Robinhood a restreint les achats sur GameStop et plusieurs autres valeurs, comme le rapportait CNBC ce jour-là, invoquant l’obligation de lever des garanties suffisantes auprès des chambres de compensation. Robinhood a dû réunir un milliard de dollars auprès de ses investisseurs avant de rouvrir les achats dès le lendemain.

2 types d’ordres indispensables et insuffisants
Dans cette pagaille, les deux types d’ordres se sont révélés à la fois indispensables et insuffisants. Un ordre au marché passé en pleine explosion de volatilité pouvait s’exécuter à un prix radicalement différent de celui affiché quelques secondes avant, le carnet d’ordres se vidant à toute vitesse dans un sens ou dans l’autre.
Un ordre limite lui, protégeait du prix, mais laissait le trader sur le carreau si le titre s’envolait sans jamais redescendre à son niveau, ou pire, restait totalement inexécutable une fois les plateformes de courtage passées en mode achat impossible.
L’épisode GameStop reste un cas d’école moins pour son issue boursière que pour ce qu’il révèle en creux : le choix du type d’ordre n’est jamais neutre, il traduit un arbitrage entre certitude d’exécution et certitude de prix.
Sur un marché calme, la différence est cosmétique. Sur un marché qui devient fou, en bourse comme en crypto, c’est souvent ce détail technique, choisi ou négligé des mois plus tôt, qui décide si l’on sort de l’épisode avec un joli gain ou avec une exécution à un prix qu’on n’aurait jamais accepté de sang-froid. De quoi rappeler, une fois de plus, pourquoi savoir entrer en position compte autant que savoir en sortir.