Ethereum mieux préparé que Bitcoin face à la menace quantique ? (Citi)
Différents niveaux de menace quantique. Aussi bien les développeurs de Bitcoin (BTC) que ceux d’Ethereum (ETH) prennent au sérieux la menace que représente les ordinateurs quantiques pour la cryptographie au cœur de ces cryptomonnaies. Pourtant, dans une récente analyse, la banque Citi considère que Bitcoin serait globalement plus exposé qu’Ethereum face à l’informatique quantique.
- La banque Citi considère que Bitcoin serait plus exposé que Ethereum aux menaces des ordinateurs quantiques.
- Ethereum, grâce à sa gouvernance flexible et sa capacité à intégrer des mises à jour rapides, serait mieux préparé à résister aux attaques quantiques, bien que la sécurité totale ne soit pas encore garantie.
25% des BTC du réseau Bitcoin menacés par les ordinateurs quantiques ?
Dans une récente note de recherche, les analystes du groupe bancaire Citi expliquent que Bitcoin présenterait une exposition notable face à l’informatique quantique, en grande partie à cause à son modèle de gouvernance plus conservateur et à la plus grande lenteur de ses mises à jour de protocole, notamment par rapport à Ethereum.
Pour exécuter une transaction sur le réseau, l’expéditeur doit révéler sa clé publique jusqu’à la confirmation du bloc. Un ordinateur quantique suffisamment puissant pourrait alors, en théorie, dériver la clé privée correspondante et voler les fonds. Google estime qu’une machine d’environ 500 000 qubits pourrait briser cette cryptographie en quelques minutes. Une telle machine n’existe pas encore, mais les estimations du « Q-Day » (le jour où un ordinateur quantique capable de casser la cryptographie actuelle deviendra opérationnel) se resserrent : Google évoque autour de 2032, tandis que d’autres chercheurs parlent même de 2030.
Le rapport de Citi souligne notamment le problème des wallets dormants : entre 6,7 et 7 millions de BTC ont déjà leurs clés publiques exposées sur la blockchain. Parmi eux, le million de BTC attribué à Satoshi Nakamoto, stocké sur d’anciens formats d’adresses, apparaît particulièrement vulnérable. Cependant, cela ne représente qu’environ 25% de l’ensemble des bitcoins en circulation. La grande majorité des BTC détenus dans des adresses où la clé publique n’a jamais été révélée resterait protégée du quantique.

Ethereum serait mieux armé pour contrer rapidement la menace quantique
Selon Citi, Ethereum et les autres réseaux en Preuve d’enjeu (ou PoS, pour Proof-of-Stake) auraient un meilleur potentiel de base pour résister aux ordinateurs quantiques. Leur gouvernance plus souple, leur historique de hard forks réguliers, et leur capacité à pousser des mises à jour de protocole seraient autant d’atouts qui manqueraient à Bitcoin.
Leur sécurité reste toutefois loin d’être absolue. Un attaquant quantique pourrait théoriquement reconstituer assez de clés privées pour contrôler environ 33% des ETH en staking, de quoi compromettre la finalité des blocs ou perturber le réseau.
Les analystes de Citi se veulent malgré tout confiants sur la capacité d’adaptation des différentes cryptomonnaies à long terme, grâce aux travaux sur la cryptographie post-quantique (post-quantum) et aux refontes de protocoles.
Les experts du groupe bancaire citent ainsi les propositions d’amélioration BIP-360 et BIP-361 pour préparer Bitcoin à la résistance au quantique. Bitcoin et Ethereum portent chacun leurs forces et leurs faiblesses face à l’échéance du Q-Day, comme toutes les autres cryptomonnaies d’ailleurs. D’ailleurs, les écosystèmes de Solana (SOL) et du XRP de Ripple se préparent aussi face à cette menace quantique de moins en moins lointaine.