Qu’est-ce que le take profit ? La minute trading
Prendre ses gains. Le take-profit, ou TP dans le jargon des cryptos-bro, est le symétrique du stop-loss : un ordre conditionnel qui clôture automatiquement une position gagnante lorsque le prix atteint un seuil fixé à l’avance. Là où le stop-loss limite les pertes, le take-profit sécurise les gains, sans attendre que le trader soit devant son écran ni compter sur son sang-froid au moment exact où le marché touche l’objectif visé. Sur le papier, c’est l’outil le plus simple à comprendre. Dans les faits, c’est l’un des plus difficiles à utiliser, parce qu’il oblige à accepter, par avance, qu’on ne vendra jamais exactement au sommet. Un sujet que nous abordions déjà dans notre masterclass sur le stop-loss et le take-profit.
- Le take-profit a été décrit comme l’équivalent positif du stop-loss, permettant de sécuriser les gains automatiquement avant qu’ils ne disparaissent.
- Les investisseurs expérimentés, tels que les « baleines », ont souvent vendu avant d’atteindre le sommet historique, illustrant l’importance d’un take-profit bien défini.
Le take-profit, ou l’art de partir avant la fin de la fête
Le réflexe naturel d’un trader gagnant est de laisser courir sa position tant que la tendance semble intacte, dans l’espoir de capter encore plus de hausse. Le problème, c’est que personne ne sonne la cloche au sommet : le retournement, quand il arrive, est généralement visible seulement après coup.
Fixer un take-profit à l’avance revient à accepter de laisser un peu de hausse potentielle sur la table, en échange de la certitude de matérialiser le gain avant qu’il ne s’évapore. Ce n’est pas un aveu de manque d’ambition, c’est une gestion du risque appliquée aux gains plutôt qu’aux pertes.
Novembre 2021 : les gros portefeuilles vendaient déjà quand le grand public achetait encore
Le bitcoin a atteint son sommet historique d’alors, autour de 69 000 dollars, le 10 novembre 2021. Forbes s’en souvient encore. Cette semaine-là, la plateforme d’analyse on-chain (l’étude des transactions inscrites publiquement sur la blockchain) Glassnode observait déjà un basculement révélateur : après des mois d’accumulation, les détenteurs de long terme s’étaient mis à dépenser environ 150 000 bitcoins depuis octobre, soit 1,11 % de leur solde total, un signe classique de début de distribution plutôt que d’attente du tout dernier prix.
Concrètement, cela revient donc à automatiser sa sortie.
Perdre de l’argent pour mieux en gagner
Autrement dit : les traders les plus expérimentés ne cherchent généralement pas à vendre exactement au sommet, ce qui est statistiquement quasi impossible à réaliser de façon répétée. Ils fixent des objectifs de prise de profit en amont, parfois échelonnés à plusieurs paliers, et les exécutent sans attendre de voir si le marché ira encore un peu plus haut. Ce sont souvent les investisseurs les moins expérimentés, entrés tardivement dans le marché sur la foi de l’euphorie ambiante, qui restent investis jusqu’au bout, sans objectif de sortie défini, et qui matérialisent ensuite les pertes lors du retournement.
Le take-profit ne garantit jamais de vendre au meilleur prix possible. Il garantit quelque chose de plus utile à long terme : sortir avec un gain défini, décidé à froid, plutôt que dans l’urgence d’un marché qui se retourne. La vraie question à se poser avant d’ouvrir une position n’est donc pas seulement « à quel prix suis-je prêt à sortir en cas de baisse », mais aussi, avec la même rigueur, « à quel niveau de gain suis-je prêt à dire stop, avant que l’appât d’un peu plus ne me coûte tout ». La question miroir de celle posée dans notre chronique sur le stop-loss.