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Grand ménage sur les cryptos en Chine : exchanges bloqués et pubs bannies

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« Je t’aime… moi non plus » pourrait résumer la relation de la Chine avec les cryptomonnaies. Alors que d’un côté, la Banque Populaire chinoise multiplie les dépôts de brevets liés aux blockchains et que le Président chinois, Xi Jinping, considère que la blockchain est une révolution technologique, de l’autre côté, le gouvernement se montre très agressif contre les cryptos, comme nous en avons plusieurs exemples dernièrement.

Blocage de 124 plateformes de change crypto étrangères

D’après Cryptovest, ce sont 124 plateformes d’échanges étrangères qui vont subir les foudres des autorités chinoises, via le “China National Fintech Risk Rectification Office”, qui a déclaré vouloir adopter « des mesures de nettoyage ciblées pour maintenir l’ordre financier et la stabilité sociale ».

Ces exchanges continuaient d’officier dans le pays, malgré le bannissement du trading de cryptomonnaies il y a un an tout juste; c’est à se demander si l’univers des cryptos va devoir subir un coup de balai chinois chaque début d’automne.

Depuis l’an dernier, ce sont 88 plateformes d’échange nationales de cryptos qui ont été expulsées, la plupart ayant simplement quitté le pays pour s’installer dans des pays plus crypto-friendly.

La guerre contre les ICO : épisode 2, un an après

Comme nous l’avions traité en septembre 2017, les ICO (Initial Coin Offering) avaient été interdites en Chine, car ces activités de collecte de fonds avaient été considérées « non autorisées » et « illégales ». Environ 85 plateformes/sites de ventes de tokens menant des ICO ont ainsi été fermés par les autorités.

Cité par BitcoinMagazine, Pan Gongsheng, du “Internet Financial Risks Remediation Group” (on notera beaucoup de « Remediation » et de « Rectification » en Chine, cela fait sans doute mieux que « Repression »), a déclaré :

« Si les choses étaient restées comme elles étaient (…), plus de 80% du commerce mondial des bitcoins et du financement d’ICO se dérouleraient en Chine (…) A quoi les choses ressembleraient-elles aujourd’hui ? C’est vraiment très effrayant. »

Ainsi, on apprend notamment par Cointelegraph, que le 22 août le district de Chaoyang la capitale, Pékin interdisait à tous les centres commerciaux, les hôtels et les immeubles de bureaux d’héberger la moindre forme de publicité liée aux ICO et aux cryptomonnaies en général.

Parmi les raisons invoquées pour justifier ces mesures, l’avis mentionne la « protection des droits de propriété publique », « la prévention du blanchiment de capitaux » et le maintien de « la sécurité et de la stabilité du système financier ». La dénonciation est également encouragée par l’avis.

WeChat bannit 7 sites liés aux cryptos pour avoir fait la promotion d’ICO

En parlant de dénonciation/collaboration, WeChat, la célèbre application de messagerie, a été très pro-actif pour suivre le sens du courant répressif. WeChat ayant ainsi également interdit tous contenus liés aux cryptomonnaies, ce sont 7 sites qui ont été bloqués par l’application, notamment Huobi News et Coindaily.

Comme le signale FinanceMagnates, cette répression pourrait provoquer un transfert d’utilisateurs depuis WeChat vers Telegram, hors de portée de l’autoritaire (totalitaire ?) gouvernement chinois.

Le paradoxe chinois sur les cryptomonnaies continue donc de plus fort. Les autorités étant très friandes de technologies blockchains, surtout pour mettre au point une cryptomonnaie d’état. Mais elles ne veulent laisser aucune chance à la concurrence, que cette concurrence soit bénéfique ou non à son peuple, peu importe, le mot d’ordre officiel est : INTERDICTION (c’est dans ces moments-là qu’on aimerait bien dire qu’il est « interdit d’interdire »).

Sources : CCN ; BitcoinMagazine ; Hacked ; Cryptovest || Image from Shutterstock

Rémy R.
Issu d’une formation universitaire en Sciences, je m’intéresse aux blockchains et à Bitcoin depuis 2013 et en ai même miné à l’époque. La bulle qui s'en est suivie m'en a détourné, mais je m'y suis replongé depuis 2017 et les étudie depuis avec passion.

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