Encyclopédie du Coin

Bitcoin en 10 questions

1. Qu’est-ce que Bitcoin ?

Avant d’aller plus loin sur la définition de ce qu’est le Bitcoin, il faut prendre en compte que derrière ce mot se cache deux choses :

La blockchain Bitcoin. Première blockchain au monde, celle qui fut appelée « Bitcoin » tire son nom de sa cryptomonnaie.
Le Bitcoin, avec un B majuscule, est donc une cryptomonnaie. Elle fut la première créée, et son but premier est de rémunérer les mineurs qui sécurisent la blockchain. Lorsque le terme est utilisé pour définir un montant, on utilisera un b minuscule.
Exemple :
Bitcoin devient monnaie officielle du Salvador. On utilisera le B majuscule, le terme Bitcoin désignant ici la monnaie au sens large.
– J’ai reçu 0,3 bitcoins sur mon porte-monnaie. Le bitcoin est une unité de mesure, au même titre que le dollar ($) ou l’euro (€). Dans ce cas, on peut également l’écrire en utilisant son abréviation : le mot « BTC».

Il est donc important, lorsque l’on fait des recherches ou que l’on est train de lire un article, de bien faire la différence entre ces deux notions. Elles sont certes étroitement liées, mais ne désignent pas la même chose. Nous allons voir en détail quel est le rôle de chacun de ces deux synonymes et pourquoi ils ne portent la même dénomination.

Le nom Bitcoin vient de l’addition de deux mots : « BIT » qui veut littéralement dire Binary Digit (chiffre binaire en français), qui est une unité de mesure fixant les bases de l’informatique. Et le suffixe « COIN » que l’on peut traduire par pièce (de monnaie). Le Bitcoin est donc une monnaie numérique.

À l’inverse des monnaies fiduciaires, que l’on appelle monnaies FIAT, le Bitcoin n’est pas géré par un État, ou par une zone économique comme peuvent l’être le dollar ou l’euro. Cette monnaie est complètement indépendante et surtout décentralisée.

Cette cryptomonnaie, le Bitcoin, fut créée dans le but de permettre à tout un chacun d’être autonome et de pouvoir s’échanger de la valeur sans contrainte. Et pour faire ces échanges de manière sécurisée, il faut utiliser la blockchain Bitcoin.

Cette technologie permet de faire des échanges de pair-à-pair (peer-to-peer). Et pour sécuriser ces transactions faites sur la blockchain, les mineurs (acteurs chargées de la sécuriser) sont récompensés via la création et la distribution de bitcoins.

Si vous avez déjà fait une transaction en utilisant des bitcoins, vous avez certainement déjà vu ou entendu le terme « satoshi ». Un satoshi représente la plus petite unité divisible du bitcoin. Il est au Bitcoin ce qu’est le centime à l’Euro. La différence se trouve dans la valeur, la fraction de la monnaie de base.
Un centime représente un centième d’euros. Un satoshi représente le cent millionième d’un bitcoin, c’est-à-dire 8 chiffres après la virgule. Un satoshi équivaut donc à 0,00000001 BTC.

2. Qui est le créateur de Bitcoin ?

Le créateur du Bitcoin est connu sous l’identité de Satoshi Nakamoto. Comme vous l’avez deviné, c’est son nom qui a été utilisé pour qualifier la valeur la plus petite fraction du bitcoin. Cette terminologie fut établie par la communauté en hommage à son créateur.

Le 21 octobre 2008, Satoshi Nakamoto publie sur internet son livre blanc. En moins de dix pages, Satoshi explique les fondements théoriques du fonctionnement de sa cryptomonnaie. Il explique travailler sur le concept de Bitcoin depuis 2007. Son idée de base est de disposer d’une alternative, totalement décentralisée, au fonctionnement bancaire, qui entraînera une crise mondiale en 2008.

Née du mouvement cypherpunk, son idée grandit et prend forme progressivement jusqu’à ce que la blockchain soit lancée et stable.

Suite à cette publication initiale, des discussions s’engagent sur un forum spécialisé, qui prendra le nom e BitcoinTalk. Satoshi développera alors son idée et, avec l’aide d’autres développeurs, la blockchain Bitcoin verra le jour, le 3 janvier 2009.

Moins d’un mois plus tard, Satoshi va miner les premiers bitcoins de l’histoire avec son ordinateur personnel.

Après s’être assuré que son concept est viable, le 12 décembre 2010, il poste un dernier message sur un forum dans lequel il désigne Gavin Andresen comme son successeur, puis il disparaît. Satoshi Nakamoto ne sera jamais revu. Aujourd’hui encore, son identité réelle est totalement inconnue.

Sur son profil, il déclarait être un Japonais de 40 ans. Mais en mars 2014, la journaliste Leah McGrath Goodman annonce avoir retrouvé sa trace et Satoshi serait, selon elle, un Américain d’origine japonaise de 64 ans.

Mais cette thèse a été très vite remise en question par des linguistes anglais qui ont réalisé une étude sur les différents écrits de Satoshi. Et pour eux, le papa de Bitcoin ne serait ni japonais ni américain, mais il s’agirait d’un Britannique.

Est-ce que Satoshi agissait seul ? Ou ce patronyme cachait-il un groupe de développeurs qui souhaitait rester anonyme ? On ne le sait pas et on ne le saura peut-être jamais. Malgré le fait que quelques personnes aient tenté de se faire reconnaître comme étant le créateur du Bitcoin, sans pouvoir le prouver, son identité est aujourd’hui toujours inconnue.

Le créateur de la première cryptomonnaie au monde est anonyme et le restera certainement.

Une statue le représentant est visible dans les jardins du Graphisoft Parc à Bupapest. Mais si vous la regardez, vous ne verrez rien d’autre que votre visage se reflétant sur une surface dorée. Le but de cette œuvre est de mettre en avant le fait qu’au travers de son mode de fonctionnement, de sa dématérialisation et de sa décentralisation, Bitcoin n’est personne. Mais tout le monde peut être Bitcoin, et donc Satoshi Nakamoto.

3. Comment fonctionne Bitcoin ?

Le fonctionnement de la blockchain est à la fois simple et très complexe. Simple dans son mode de fonctionnement et complexe dans les détails et les calculs mathématiques nécessaires à la sécurisation.

Pour effectuer une transaction sur la blockchain, un transfert de bitcoins d’un compte A jusqu’à un compte B, il faut un wallet (porte-monnaie).

Une fois la demande de transaction effectuée, elle sera envoyée sur la blockchain et réceptionnée par les nœuds. Un nœud est un ordinateur qui contient une copie de la blockchain et qui a pour but de garder une image de celle-ci. N’importe qui peut détenir un nœud dans son garage ou sur son bureau. Une fois que le nœud s’est assuré que la transaction est conforme et complète, c’est le mineur qui intervient.

Le mineur possède du matériel spécifique qui permet, via des calculs complexes, de valider les transactions et de les intégrer dans un bloc. Les mineurs travaillent en simultané et doivent résoudre un problème mathématique avec une difficulté particulière. Celle-ci est adaptée tous les 2016 blocs minés, soit environ deux semaines. Ce faisant, l’intervalle de temps entre le minage de chaque bloc reste de 10 minutes en moyenne.


Le premier mineur qui a résolu le problème mathématique validera alors le bloc et l’ajoutera à la blockchain. Les nœuds propageront alors l’information de manière décentralisée. Le mineur, lui, sera récompensé pour son travail, en obtenant un certain nombre de bitcoins.

Les transactions ayant été validées, le compte B a désormais ses nouveaux bitcoins sur son wallet, et celui de la personne A a bien été débité.

Ce fonctionnement, le consensus, est appelé « proof of work », ou « preuve de travail » en français. Le minage d’un bloc nécessite des opérations de calcul, donc une preuve de travail (de recherche, de calcul) de la part de machines informatiques.

Il existe d’autres consensus, que nous découvrirons au fil des articles de l’encyclopédie.

4. Comment Bitcoin est-il sécurisé ?

Comme nous l’avons vu, un bloc est créé toutes les 10 minutes environ grâce aux calculs effectués par les mineurs.

Chaque bloc est rattaché à celui qui le précède, ce qui forme une chaîne. C’est la fameuse blockchain. Cet inter-connexion se fait via un hash, un calcul mathématique complexe qui relie le bloc A au bloc B.
En effet, le bloc B contient une information liée au bloc A, qui est intégrée directement dans le bloc B.
De la même manière, le bloc C contiendra la preuve qu’il est relié au bloc B, en intégrant un hash du bloc B, qui contient lui même un hash du bloc A.

Ainsi, chaque maillon de la chaîne contient des informations sur le maillon qui le précède, qui lui contient des informations sur le maillon qui l’a précédé juste avant.
Ce fonctionnement implique que pour modifier une information d’un bloc donné, il faudrait modifier tous les blocs précédents afin que la chaîne soit continue.
Plus on ajoute de blocs sur la blockchain, plus l’opération devient difficile, nécessitant une puissance de calcul considérable.

Nous pouvons également ajouter le fait que Bitcoin est totalement décentralisé. De ce fait, il n’est pas possible de couper ou d’interrompre son fonctionnement, sans couper tous les nœuds dispatchés au travers de la planète.

Le fonctionnement de la blockchain Bitcoin n’a jamais été mis en défaut. Des piratages ont existé et existeront, mais aucun n’est lié à la blockchain. À chaque fois, ils ont eu lieu sur des plateformes d’échange ou sur des protocoles qui utilisent la blockchain.

5. Comment les bitcoins sont-ils créés ?

Comme nous l’avons vu, les blocs sont « minés » pour ensuite être ajoutés sur la blockchain. Chaque création de bloc récompense le mineur par une certaine quantité de bitcoins qui lui sont alors versés.

Le nombre de bitcoins qu’il sera possible d’avoir en circulation n’est pas infini. Il a été fixé dès le départ, par Satoshi lui-même, par cette formule.

Le nombre de bitcoins qu'il sera possible d'avoir en circulation n'est pas infini. Il a été fixé dès le départ, par Satoshi Nakamoto.
Formule de création du Bitcoin

Il y en aura 21 millions au total, ou plus précisément 20 999 999 976,9 BTC.

En 2008, chaque bloc produit rapportait 50 bitcoins. Ce nombre a été divisé par 2 en 2012, et ce sera le cas tous les 4 ans, ou plus précisément tous les 210 000 blocs. Ce processus de divisions par 2 de la récompense est ce qu’on appelle le Halving.

=> lien vers l’article du halving

À l’heure actuelle, chaque bloc rapporte 6,25 bitcoins, le dernier halving ayant eu lieu en 2020. Le prochain sera donc en 2024, et la récompense passera à 3,125 bitcoins par bloc. Le tout dernier bitcoin sera donc vraisemblablement produit au cours de l’année 2144.

Le tout dernier bitcoin sera donc vraisemblablement produit au cours de l'année 2144.
Nombre de bitcoins en circulation au fil des années

La moitié des bitcoins qui seront en circulation ont été produits en seulement 4 ans. Et en 2022, près de 90 % du montant total ont déjà été minés.

On estime par ailleurs aujourd’hui que près de 4 millions de bitcoins sont « perdus ». C’est-à-dire stockés sur des wallets dont les clefs ont étés égarées, rendant les bitcoins irrécupérables.

6. Bitcoin. Avant, après, qu’est-ce qu’il a apporté ?

La première chose que Bitcoin a apportée, c’est une réelle décentralisation. Grâce à son fonctionnement, la blockchain a permis de pouvoir faire transiter une monnaie entre individu, sans banque et sans avoir besoin de faire appel à un tiers de confiance pour faire transiter un bitcoin d’un wallet A à un wallet B.

Cette liberté, et surtout le fait de réellement posséder ses cryptomonnaies, est un progrès incomparable par rapport au système bancaire classique. Votre souveraineté est réelle.

Ce fonctionnement implique aussi que le Bitcoin est incensurable. Personne ne peut vous interdire d’utiliser vos BTC. Son mode de fonctionnement décentralisé nécessiterait que tous les nœuds soient bloqués pour que vos cryptomonnaies le soient aussi.

De plus, Bitcoin ne connaît pas les jours fériés, n’est pas en pause le week-end, ne dort pas la nuit et ne fait pas les ponts. Une transaction prendra toujours une dizaine de minutes, là où le fonctionnement bancaire classique peut mettre des jours.

Image représentant qu'est-ce que le Bitcoin, découpé façon boucherie
Les nombreux avantages de Bitcoin

Ajoutons à cela la liberté apportée dans les pays peu ou pas bancarisés, comme certains pays d’Amérique du Sud ou la majorité des pays d’Afrique. Une simple connexion internet permet d’envoyer de l’argent, même à l’autre bout de la planète, le tout de manière rapide et complètement sécurisée.

Le fait que le nombre de bitcoins pouvant jamais exister soit limité à 21 millions d’exemplaires est aussi quelque chose de complètement nouveau. Le dollar, l’euro, le yen ou toutes les autres monnaies peuvent être imprimées à l’infini, suivant le besoin. Et depuis quelques années, on sait que la machine à imprimer tourne en continu.

Pour le Bitcoin, tout est inscrit dans son code depuis le premier jour. Ce fonctionnement le rend donc naturellement rare et peut le transformer en réelle réserve de valeur.

7. Comment est fixé le prix du Bitcoin ?

Vous savez maintenant que son prix n’est manipulé par aucun des Etats, de par son fonctionnement totalement décentralisé et sa production limitée.

La valeur d’un bitcoin est tout simplement lié au principe de l’offre et de la demande. Si l’offre est supérieure à la demande, son prix baissera. À l’inverse, si c’est la demande qui est la plus forte, alors mécaniquement le prix va augmenter.

Comme on connaît la quantité de bitcoins en circulation à un instant T et que l’on sait qu’il sera limité à 21 millions au total, on imagine qu’il ne cessera de prendre de la valeur au cours des années. Bien sûr, il ne s’agit que d’une projection. Rien n’est sûr à 100 % et tout est possible (disruption technique, régulation, …).

Ainsi le 5 octobre 2009, on estime que la valeur du bitcoin est de 0,001 dollar. Ce montant est calculé avec le coût de production nécessaire à miner un bitcoin.

Ce prix connaîtra une évolution rapide, jusqu’à atteindre 69 000 dollars en 2021.

=> liens vers l’article avec les dates

8. Utiliser Bitcoin me rend-il anonyme ?

La réponse est claire : non. Le fonctionnement de la blockchain Bitcoin ne rend pas vos transactions anonymes, et chaque bitcoin en circulation est lié à un wallet, dont l‘adresse est connue et traçable. C’est le principe même de la blockchain.

En effet, son utilisation est volontairement transparente. A l’aide d’un explorateur, si vous connaissez l’adresse du wallet d’une personne, vous pouvez suivre en intégralité les mouvements et les transactions effectuées, que ce soit en dépôt ou en retrait.

Mais, c’est un point important, Bitcoin est pseudonyme. En effet, rien ne relie l’adresse d’un wallet à une personne physique. Si vous donnez à quelqu’un votre adresse publique, sans lui donner votre nom, il sera capable de voir ce qui se passe sur votre wallet, mais ne saura pas à qui appartiennent les bitcoins.

C’est pourquoi l’argument lié au fait que la blockchain Bitcoin serve à blanchir de l’argent sale ne tient pas la route. Toutes les opérations sont tracées, lisibles. Même si cela demande beaucoup de travail, il est possible de remonter la vie d’un Bitcoin en particulier, du wallet le contenant actuellement, jusqu’au bloc dans lequel il a été miné.

Est-ce que les Etats, notamment l’Europe et la France en particulier, vont faire en sorte que ce fonctionnement pseudonyme ne soit plus possible ? Il semblerait que l’on se dirige dans cette direction.
Mais n’oubliez pas que Bitcoin n’est ni français, ni européen, ni même américain. Son fonctionnement décentralisé en fait un citoyen du monde.

L’utilisation et la détention de bitcoins sont tout à fait légales. Même si beaucoup de pays tentent de mettre en place une législation et une régulation, aucun n’a pour l’instant rendu Bitcoin illégal.

Il serait d’ailleurs difficile, même en le rendant illégal, de bloquer complètement l’utilisation de Bitcoin. Étant donné que la blockchain est totalement décentralisée et que son utilisation est pseudonyme, il serait impossible de bloquer les transactions, hormis en rendant l’utilisation d’internet illégale.

Par contre, les pays pourraient interdire de transformer vos bitcoins en monnaies fiat, telles que l’euro ou le dollar. Mais n’allons pas leur donner des idées !

10. Pourquoi Bitcoin et pas une autre cryptomonnaie ?

S’il fallait donner des arguments pour ne garder qu’une seule cryptomonnaie, à savoir le Bitcoin (ce qui serait, il faut l’avouer, fort dommage), on pourrait simplement souligner que le Bitcoin est roi.

La blockchain Bitcoin est la première à être née, et elle a donné naissance à des milliers d’autres coins qui ne seraient pas là si lui n’avait pas été créé par Satoshi Nakamoto.

Le Bitcoin est la première monnaie totalement numérique, décentralisée et égalitaire. Elle est neutre politiquement et se fiche que vous soyez riche ou pauvre. Un Bitcoin est un Bitcoin, qui peut être envoyé à l’autre bout de la planète en quelques minutes.

Souvent surnommé « l’or numérique », il mène la danse, quelle que soit la cryptomonnaie qui est en face. De manière générale, si le Bitcoin monte, le cours des autres tokens en fera de même. Et on sait que si Bitcoin tousse, ce sont les autres cryptomonnaies qui s’enrhument.

Là ou d’autres cryptomonnaies, comme l’Ether, permettent de payer les frais de transaction sur une blockchain afin de mettre en place des applications, l’unique fonction du Bitcoin est celle qui a été décidée par Satoshi il y a 14 ans. Elle permet de faire des transactions. Bitcoin est une monnaie numérique, décentralisée et infalsifiable.

On conclura en soulignant que si on prend le temps de regarder le top 50, 10 ou même 5 des cryptomonnaies sur quelques années en arrière, beaucoup de tokens auront chuté, voire complètement disparu de la circulation. Le Roi Bitcoin lui, occupe toujours le trône.

Chapitre 1 : Bitcoin - Partie c

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