Stablecoins et Yield : Trump déclare la guerre aux banques

Les économistes du président américain viennent de publier un rapport qui démolit l’argument central du lobby bancaire contre les rendements sur stablecoins. Un geste politique, calibré pour débloquer le Clarity Act paralysé au Sénat depuis deux mois.

Le timing n’est pas un hasard.

Mercredi 8 avril, le Council of Economic Advisers, l’agence qui conseille directement Donald Trump sur les questions économiques, a publié un rapport de 21 pages sur les stablecoins. Pas un papier académique. Une intervention politique ciblée dans un débat législatif qui patine depuis des mois.

Le débat en question : faut-il, oui ou non, combler la faille qui permet à Coinbase et d’autres plateformes de verser un rendement à leurs utilisateurs sur les stablecoins ?

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Deux camps, un texte bloqué

Rappel du contexte : le GENIUS Act, signé en juillet 2025, a posé les premières règles fédérales sur les stablecoins. Les émetteurs comme Circle ou Tether doivent détenir des réserves en 1:1. Et ils ont interdiction de verser directement un yield aux détenteurs.

Sauf que la loi ne dit rien sur les tiers.

Coinbase a exploité la faille à la perfection. Son programme « USDC Rewards » verse aux utilisateurs un rendement alimenté par un accord de partage de revenus avec Circle. En février 2026, ces rewards s’alignaient sur les meilleurs comptes d’épargne américains à haut rendement.

Le Clarity Act, en négociation au Sénat, devait venir compléter le GENIUS Act. Les banques ont vu l’occasion. Elles poussent pour que le nouveau texte ferme aussi cette voie indirecte. L’industrie crypto, elle, défend le modèle Coinbase comme un droit acquis.

Depuis mars, le texte est bloqué. Les sénateurs Thom Tillis (républicain) et Angela Alsobrooks (démocrate) cherchent un compromis. Trump s’impatiente. Le Clarity Act fait partie de ses priorités législatives.

C’est dans ce blocage que la Maison Blanche vient de lâcher son rapport.

Le chiffre qui structurait le débat était faux

Depuis des mois, le lobby bancaire répète le même argument. L’Independent Community Bankers of America avait chiffré le danger : 1 300 milliards de dollars de dépôts fuiraient vers les stablecoins, et 850 milliards de crédit disparaîtraient. Les patrons de Bank of America et de JPMorgan ont relayé. Certaines études académiques citées au Congrès montaient jusqu’à 1 500 milliards.

Le rapport du CEA démolit ces chiffres méthodiquement.

Dans le scénario de base, une interdiction totale du yield augmenterait le crédit bancaire américain de 2,1 milliards de dollars. Sur un marché du prêt de 12 000 milliards, ça représente 0,02 %. Pour les banques communautaires que les lobbies prétendaient défendre, le gain tombe à 500 millions, soit 0,026 %.

Trois ordres de grandeur d’écart avec les estimations bancaires.

Comment on se trompe à ce point ? En modélisant la moitié du système seulement. Les études bancaires calculaient ce qui arrive à la banque qui perd un dépôt. Elles s’arrêtaient là. Elles oubliaient que l’émetteur du stablecoin réinvestit les réserves en bons du Trésor, qui reviennent ensuite dans le circuit bancaire ailleurs.

Selon le CEA, seuls 12 % des réserves de stablecoins sortent réellement du circuit du crédit. Le reste continue de nourrir le système. L’argent ne disparaît pas. Il se déplace.

Le consommateur paie six fois le prix de la protection des banques

Le rapport ne se contente pas de démolir. Il chiffre aussi le coût d’une interdiction.

Les consommateurs américains perdraient 800 millions de dollars en rendement abandonné, contre environ 120 millions gagnés par les emprunteurs via une légère baisse des taux. Ratio coût-bénéfice : 6,6. La politique coûte six fois plus qu’elle ne rapporte.

« Une prohibition du yield ferait très peu pour protéger le crédit bancaire, tout en privant les consommateurs des bénéfices de rendements compétitifs », écrivent les économistes. Ils ajoutent que les scénarios inverses exigent de cumuler quatre conditions extrêmes simultanément, et qualifient cette hypothèse d’« implausible ».

Traduction politique : le CEA vient de donner à l’industrie crypto toutes les munitions dont elle avait besoin pour tenir sa position au Sénat. Et de priver les banques de leur principal argument.

Et pour l’investisseur français dans tout ça ?

Le débat est américain, mais le rapport contient un passage qui mérite attention côté européen. Les économistes notent que plus de 80 % des transactions en stablecoins se font hors des États-Unis. Les émetteurs détiennent désormais plus de bons du Trésor américain que l’Arabie saoudite.

Ce marché mondial du dollar rémunéré existe. Il tourne. Il n’attend pas le verdict de Washington.

En Europe, MiCA encadre strictement les émetteurs de stablecoins mais ne verrouille pas la détention par les particuliers, ni l’utilisation de protocoles DeFi non-émetteurs. Pendant que le Livret A plafonne à 1,7 % et que l’assurance-vie fonds euros tourne entre 2 et 3 %, le modèle que les économistes de la Maison Blanche viennent de valider reste accessible depuis la France.

Le modèle qui n’attend aucun vote au Sénat

Il y a une nuance que la bataille de Washington masque.

Le yield de Coinbase dépend entièrement du verdict législatif. Si le Clarity Act ferme la faille, le modèle s’éteint du jour au lendemain. Les utilisateurs qui comptaient sur ces rewards perdent leur rendement par décision politique.

Le rendement qui vient directement de la DeFi, lui, ne dépend d’aucun vote. Pas d’émetteur qui verserait un intérêt à ses clients. Pas d’intermédiaire bancaire qui pourrait se voir interdire de le faire. Le rendement vient des prêts décentralisés, de la liquidité fournie aux protocoles, des funding rates. C’est technique, décentralisé, et hors de portée d’un amendement.

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