Kalshi et Polymarket : Les marchés de prédiction ou la nouvelle frontière culturelle et financière des 20-35 ans
La Gen Z parie sur l’avenir. Alors que la finance traditionnelle s’essouffle auprès des jeunes générations, un nouveau phénomène explose : les marchés de prédiction. Selon une étude récente de The New Consumer et Coefficient Capital, un tiers des Américains — avec une concentration massive chez la Gen Z et les Millennials — est convaincu que ces plateformes vont devenir une force culturelle majeure. Portés par un cadre réglementaire plus souple aux États-Unis, les géants Kalshi et Polymarket pèsent désormais un total combiné de 20 milliards de dollars.
- La Gen Z et les Millennials ont plébiscité les marchés de prédiction, voyant en eux une force culturelle majeure.
- Kalshi et Polymarket ont atteint des valorisations spectaculaires, soutenus par des investissements colossaux et une régulation favorable.
Une fracture générationnelle et des volumes records
L’intérêt pour les marchés de prédiction ne touche pas toutes les tranches d’âge de la même manière, comme le souligne notre étude du jour. On observe une véritable fracture numérique : 17 % des jeunes adultes connaissent Polymarket, contre seulement 4 % chez les plus de 45 ans. Et cette notoriété nouvelle se traduit par des flux financiers vertigineux.
Kalshi traite désormais entre 1,7 et 2,3 milliards de dollars par semaine, tandis que Polymarket suit de près avec des volumes hebdomadaires dépassant régulièrement le milliard de dollars. Cette dynamique est d’ailleurs soutenue par des investissements institutionnels massifs.
L’Intercontinental Exchange (propriétaire de la Bourse de New York) a récemment injecté 2 milliards de dollars dans Polymarket, valorisant la plateforme à 9 milliards. De son côté, Kalshi a levé 1 milliard de dollars sur une valorisation de 11 milliards. Pour ces investisseurs, il ne s’agit plus d’un simple gadget électoral, mais d’une infrastructure de données prédictives capable de rivaliser avec les sondages traditionnels.

Régulation et futur : Vers une fusion avec l’économie réelle
Le décollage de ces plateformes doit beaucoup à un changement de ton à Washington. Sous la direction de Michael Selig, la CFTC a adopté une approche pragmatique, permettant à Polymarket de revenir sur le sol américain fin 2025 avec une bénédiction officielle.
Parallèlement, la victoire juridique de Kalshi en mai 2025 a ouvert la voie aux marchés sur les élections fédérales, malgré la résistance de certains régulateurs locaux craignant une concurrence frontale avec les paris sportifs. L’enjeu est désormais de savoir si ces marchés peuvent s’ancrer durablement dans le quotidien.
Aujourd’hui, 31 % des jeunes Américains placent l’importance culturelle des marchés de prédiction au même niveau que celle des paris sportifs. Le prochain grand test sera la Coupe du Monde de la FIFA 2026 : avec 35 milliards de dollars de mises attendues, les marchés de prédiction devront prouver qu’ils sont des outils financiers sérieux de gestion du risque et non une simple bulle spéculative.
Les marchés de prédiction ne sont plus une niche pour passionnés de statistiques ; ils deviennent le baromètre de vérité d’une génération qui se méfie des médias traditionnels. En transformant chaque événement mondial en un actif négociable, Kalshi et Polymarket redéfinissent notre rapport à l’information. Si la tendance up and to the right [courbe ascendante] se confirme, ces plateformes pourraient bien devenir, d’ici la fin de la décennie, les sources d’information les plus fiables de l’économie mondiale.