« Ma seule limite, c’est moi-même » : L’interview vérité de Donald Trump au New York Times
Le crypto-président face à la presse. Dans une rencontre fleuve de près de deux heures accordée au New York Times ce mercredi 7 janvier 2026, le président Donald Trump a dévoilé les multiples facettes de son second mandat. Entre démonstration de force militaire, projets immobiliers pharaoniques pour la Maison-Blanche et confidences sur sa santé, l’entretien a surtout mis en lumière un président plus enhardi que jamais, affirmant sans détour que sa seule limite est sa « propre moralité » et son « propre esprit ».
- Donald Trump a affirmé sa stratégie de faire des États-Unis le leader mondial de l’industrie crypto, balayant les accusations de conflits d’intérêts familiaux.
- Il a exposé des projets immobiliers ambitieux pour la Maison-Blanche, tout en affichant une assurance inébranlable quant à sa santé et à son autorité politique.
Le Crypto-Président assume ses intérêts
Parmi les nombreux sujets abordés par les journalistes du New York Times, Donald Trump est revenu sur l’un des piliers de sa stratégie économique et électorale : les actifs numériques. Alors que sa famille est devenue un acteur majeur de l’industrie crypto au cours de l’année écoulée, le président a balayé les accusations de conflits d’intérêts : « j’ai obtenu énormément de voix parce que j’ai soutenu la crypto, et j’ai fini par aimer ça », a-t-il déclaré dans son style caractéristique.
Pour Trump, ce soutien n’est pas qu’une affaire de votes, mais une question de suprématie nationale. Il a affirmé que sa priorité est de faire des États-Unis le leader mondial de l’industrie crypto, une place que la Chine convoiterait. Sous son administration, le relâchement des contrôles de la SEC a largement profité aux entreprises liées aux entreprises crypto de la famille Trump. Interrogé sur l’éthique de ces activités familiales alors qu’il est aux affaires, le président s’est montré cinglant : « je leur avais interdit de faire des affaires lors de mon premier mandat et je n’ai reçu aucun crédit pour cela. Personne ne s’en soucie, et en plus, j’ai le droit de le faire ».

Une géopolitique de fer : Venezuela et Colombie
L’entretien a été ensuite brièvement interrompu par un appel du président colombien Gustavo Petro. Donald Trump, qui avait menacé d’attaquer la Colombie après avoir qualifié Petro de « malade qui aime fabriquer de la cocaïne », a finalement opté pour un ton plus diplomatique après une heure de discussion, tout en lançant une pique à son prédécesseur : « vous pensez que Biden pourrait faire ça ? ».
Concernant le Venezuela, le président était attendu sur l’opération militaire largement critiquée par la communauté internationale et ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro. Pour l’homme fort de la Maison-Blanche, aucun regret. Mieux, les États-Unis pourraient rester impliqués « pendant des années » pour superviser le gouvernement et, surtout, les ressources pétrolières du pays. Combien de temps ? « Seul l’avenir nous le dira », a-t-il ajouté, non sans mystère.
Le président a également profité de l’occasion pour endosser son costume de promoteur immobilier, celui-là même qui le rendait célèbre dans le Queens. Il a fièrement présenté une maquette détaillée de son projet de salle de bal de 400 millions de dollars, financée par des fonds privés et ses propres deniers.
Dotée de vitres pare-balles de 12 centimètres d’épaisseur, cette structure est conçue pour accueillir les futures investitures présidentielles. « J’améliore tout. Je suis un upgrader. Je suis un grand monsieur de l’immobilier », a-t-il affirmé en replaçant lui-même une miniature du bâtiment du Trésor sur la maquette.

Santé, élections et Maison-Blanche : Trump fait du Trump
À l’aube de ses 80 ans (en juin prochain), Donald Trump a cherché à faire montre d’une énergie décuplée. Il a assuré se sentir physiquement « comme il y a 40 ans », rejetant l’usage de médicaments pour la perte de poids (type Ozempic), bien qu’il ait admis qu’il « aurait probablement dû le faire avant ». Il a enfin confirmé prendre une « aspirine quotidienne de 325 mg pour fluidifier son sang », malgré les réserves des cardiologues pour les personnes de son âge.
Sur le plan politique, l’ombre du 6 janvier 2021 et de l’invasion du Capitole plane toujours. Bien qu’il affirme « toujours respecter les résultats des élections », il a immédiatement qualifié le système américain de « truqué » et « malhonnête », réitérant – sans aucune nouvelle preuve – qu’il avait bien remporté l’élection de 2020.
Enfin, une scène a marqué les reporters : la présence de JD Vance (41 ans) et Marco Rubio (54 ans) dans le Bureau Ovale. Le président s’est référé à son vice-président et à son secrétaire d’État comme à des « enfants », notant au passage que les deux hommes portaient des chaussures qu’il leur avait lui-même offertes.
Cette interview brosse le portrait d’un président sans filtre, qui fusionne ses intérêts familiaux et la puissance militaire américaine. En revendiquant haut et fort son rôle de protecteur de l’Amérique (et de la crypto), il signale au monde que son second mandat sera celui d’une autorité sans entrave, guidée par une confiance absolue en son propre jugement. Trump fait du Trump. Ses supporters adorent ça. Ses détracteurs le détestent chaque jour un peu plus. Mais il reste aux commandes de la première puissance du monde pour encore de longues années, et il faudra faire avec.