Crise en Iran : Effondrement monétaire et révolte sociale
Le peuple dans la rue. Le début de l’année 2026 marque un tournant critique pour l’Iran, où une crise économique latente a atteint un point de rupture. Le rial iranien s’est effondré à des niveaux historiques, avec des taux informels dépassant 1,4 million de rials pour 1 USD sur le marché noir. Cette dépréciation massive alimente une inflation galopante, estimée à environ 42 %, rendant les produits de base inaccessibles pour une grande partie de la population.
- L’Iran vit une crise économique majeure avec l’effondrement historique de son rial et une inflation galopante qui a rendu les produits de base inaccessibles.
- Un soulèvement national, initié par les marchands du Grand Bazar de Téhéran, s’est mué en révolte contre le régime, entraînant une répression sévère et un climat de contestation intense.
- Bitcoin a émergé comme refuge face à l’effondrement de la monnaie locale, illustrant une perte de confiance totale dans les institutions monétaires centrales du pays.
Une économie asphyxiée par les sanctions et la corruption en Iran
La chute du rial est le résultat d’une combinaison de pressions internationales et de failles structurelles internes. Le rétablissement des sanctions globales de l’ONU en septembre 2025, après l’échec des négociations nucléaires, a paralysé l’accès aux revenus pétroliers et aux marchés financiers mondiaux. De plus, la baisse du prix du baril de Brent à environ 60$ en 2025 a creusé un déficit budgétaire massif, le gouvernement ayant besoin d’un baril à 165$ pour équilibrer ses comptes.
L’économie subit également l’emprise croissante des Gardiens de la Révolution, qui contrôlent des pans entiers de l’industrie, du pétrole aux télécommunications. Cette domination, couplée à une corruption systémique, limite la capacité du gouvernement à stabiliser la monnaie. Bien que le Parlement ait validé la suppression de quatre zéros du rial pour faciliter les transactions, cette mesure technique ne traite pas les causes profondes de la crise.

Un soulèvement national né de la détresse économique
Le mécontentement, initié fin décembre 2025 par les marchands du Grand Bazar de Téhéran, s’est transformé en une révolte nationale. Ces commerçants, autrefois piliers du régime, dénoncent l’impossibilité d’importer des biens et la volatilité extrême des prix. La contestation a rapidement évolué vers des revendications politiques radicales, appelant à la fin du régime du Guide Suprême Ali Khamenei.
La répression menée par les forces de sécurité aurait déjà fait au moins 544 morts (certaines sources parlent de 2 000) et entraîné plus de 10 000 arrestations, selon les chiffres fournis par des ONG internationales. Contrairement aux crises passées, ce mouvement unit des classes sociales hétérogènes, des étudiants aux ouvriers, tous frappés par une baisse drastique de leur niveau de vie. Le gouvernement a répondu par des coupures d’internet et des arrestations arbitraires massives, sans parvenir à éteindre le foyer de contestation.

Bitcoin : l’ultime refuge contre l’effacement de la monnaie fiat
Dans ce contexte de chaos monétaire, Bitcoin est devenu un baromètre de l’érosion du rial. Le 13 janvier 2026, des données de marché ont révélé un effondrement spectaculaire de la monnaie nationale face au BTC, atteignant environ 105 milliards de rials pour 1 $BTC. Des relevés en temps réel ont même montré des pics dépassant les 630 milliards de rials, soit une progression de plus de 600 % en seulement cinq jours !
Cette situation est perçue comme un effacement pur et simple de la valeur de la monnaie fiduciaire en temps réel. Pour les citoyens iraniens, la conversion de l’épargne en Bitcoin ou en actifs numériques n’est plus une spéculation, mais une stratégie de survie face à une monnaie locale qui perd toute utilité commerciale. Cette fuite vers la crypto souligne la perte de confiance totale dans les institutions monétaires centrales du pays.
L’Iran entre dans une zone de turbulences majeures où l’effondrement du rial agit comme le catalyseur d’une rupture sociale profonde. La population, prise entre une inflation insupportable et une monnaie qui s’évapore face aux grandes devises du monde (et au Bitcoin), manifeste une volonté de changement radical. Sans réforme structurelle ou allègement des sanctions, la simple suppression de zéros sur les billets ne suffira pas à stabiliser une nation dont les fondements économiques et politiques sont désormais en péril.