1,5 million de milliards de dollars d’ici 2035 ? Les 2 raisons du boom des stablecoins selon Chainalysis
1 500 000 milliards de dollars. Si le secteur des cryptomonnaies nous a habitués aux montagnes russes, les dernières projections de Chainalysis dessinent une trajectoire plus structurelle que spéculative. En 2025, les stablecoins ont traité environ 28 trillions en activité économique réelle (volume ajusté des bruits de marché comme le wash trading). À l’horizon 2035, ce chiffre pourrait littéralement changer d’échelle pour atteindre le seuil symbolique du quadrillion.
Cette ascension ne relève pas de la génération spontanée. Elle s’appuie sur une efficacité opérationnelle que le système bancaire traditionnel, avec ses délais de règlement en « J+3 » et ses intermédiaires en cascade, peine à égaler. Les stablecoins offrent un règlement quasi instantané, 24h/24 et 7j/7, transformant la monnaie en un outil programmable capable de s’insérer directement dans les flux de travail numériques.
- Le secteur des cryptomonnaies a dessiné une trajectoire plus structurelle avec une projection des stablecoins atteignant un volume économique réel de 28 trillions en 2025.
- Le phénomène du « Grand Transfert de Richesse » vers les Millennials et la Gen Z pourrait ajouter $500 trillions au volume annuel des stablecoins en dix ans, renforçant leur rôle dans l’économie numérique.
Le transfert de richesse : un relais de croissance mécanique
Le premier moteur de cette accélération est démographique. Nous entrons dans la période du « Grand Transfert de Richesse ». D’ici 2048, environ $100 trillions passeront des mains des Baby-Boomers à celles des nouvelles générations. Contrairement à leurs aînés, les Millennials et la Gen Z considèrent les actifs numériques comme des outils financiers par défaut.
Selon les données de marché, cette bascule patrimoniale pourrait ajouter à elle seule plus de $500 trillions au volume annuel des stablecoins d’ici dix ans. Ce n’est pas tant une question d’idéologie qu’une question d’habitude de consommation : pour une génération habituée à l’instantanéité, les rails on-chain sont simplement plus naturels que le circuit de correspondance bancaire classique.

Vers une convergence avec les réseaux de paiement mondiaux
Le second levier est l’acceptation aux points de vente. Jusqu’ici, payer en stablecoins relevait du parcours du combattant. Demain, ce sera une simple ligne de code en arrière-plan. L’intégration des stablecoins dans les services marchands marque une étape clé : le passage du transfert spécialisé au commerce quotidien.
Les projections indiquent que les transactions on-chain pourraient croiser la courbe de volume de géants comme Visa et Mastercard entre 2031 et 2039. Les récents mouvements stratégiques ne trompent pas : l’acquisition de Bridge par Stripe ou les partenariats de Mastercard avec des acteurs comme BVNK montrent que les acteurs historiques ne comptent pas rester sur le quai. Ils cherchent à intégrer ces nouveaux rails pour réduire leurs propres coûts opérationnels et accélérer les règlements marchands.
La finance on-chain sort de sa zone de turbulences pour devenir une infrastructure de marché à part entière. Pour les institutions financières, l’enjeu n’est plus de savoir si cette technologie va perdurer, mais de déterminer comment opérer sur ces deux rails, traditionnels et on-chain, pour ne pas perdre la main sur les flux de capitaux de demain.
Bien sûr, les choses semblent plus faciles pour les stablecoins aujourd’hui, mais n’oublions pas qu’on nous avait promis un metaverse à plusieurs milliers de milliards de dollars selon McKinsey, une vision qui a depuis été largement tempérée par la réalité.