Le Delaware adopte la blockchain.

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La semaine dernière, l’état du Delaware a passé des amendements, devant être actifs à la fin du mois de juillet, permettant de donner une vraie base légale aux entreprises souhaitant spéculer via une plate-forme blockchain.

En apparence, cela semble être une petite modification. Mais en fait, les entreprises et marchés boursiers étudient depuis un moment comment se servir des ledgers* afin d’aider à l’émission, l’exécution et le règlement d’ordres. Cependant, ils évoluaient dans un flou juridique, ne sachant comment l’état allait accueillir et réglementer les innovations liées à la blockchain.

Donc, pour la première fois, les entreprises vont pouvoir expérimenter de nouveaux processus tout en sachant qu’elles seront du « bon côté de la loi ». Ceci va donc très probablement ouvrir la voie à un nouveau modèle de trading : les émissions de titres, les banques de dépôts, les traders, les actionnaires, les fonds d’investissements et le commerce en général seront intégrés à la blockchain.
Ceci va avoir pour résultat une modification importante de l’économie à l’échelle mondiale via la blockchain.

Les fonds privés utilisés dans la plupart des marchés de nos jours ont été développés et fonctionnent toujours selon des concepts du 17eme siècle, basés sur l’émission de papiers, ainsi les processus sont complexes, longs et couteux. En effet, chaque étape de validation, sécurisation prend du temps et de l’argent aux travers des intermédiaires (traders, banquiers…).

Ce modèle présente un risque systémique dû aux points d’accès limités et pose des problèmes légaux quant à la propriété ainsi que la valeur réelle de titres pouvant être assez opaque pour beaucoup d’actionnaires.
De plus, ce système « papier » centralisé, même s’il a été digitalisé, reste très vulnérable aux fraudes, malversations ou problèmes de sécurité.

Avec un système basé sur la blockchain, les investisseurs et émetteurs peuvent interagir directement entre eux, se passant, théoriquement, des courtiers, dépositaires, chambres de compensations et différents acteurs des « marchés boursiers classiques ». Ceci entraînant une baisse significative des coûts, ainsi qu’une transparence et une sécurité bien plus importante.

De plus, les transferts de fonds  s’effectueront en minutes, heures au lieu de s’effectuer en jours.

Tout sera plus transparent ; les dividendes ainsi que le fractionnement d’actions « classiques » pourraient être automatisés, réduisant encore une fois les coûts et les risques liés aux erreurs.
Un autre avantage pourrait être, par exemple, l’automatisation des processus de vote, les rendant transparents et quasiment inviolables.

Il y a bien sûr des désavantages. Cette transparence qui est un atout pour de nombreux utilisateurs de la blockchain peut ne pas être désirée par certains investisseurs ne voulant pas afficher leurs positions. De plus, avec le fonctionnement particulier de la blockchain, si une erreur parvient à se glisser dans un block, sa correction est très difficile.

Pour rappel, l’état du Delaware est le 49ème des Etats Unis en terme de taille et le 45ème en terme de population, mais il possède les deux tiers des entreprises américaines cotées en bourse et 85% des introductions en bourse. Il possède plus de personnes morales que de résidents. Ceci étant dû à une législation flexible, de faibles taxes commerciales et sa réputation d’être à l’avant-garde des processus d’innovations commerciales et gouvernementales et nous en avons encore une fois l’exemple parfait.

Notons de plus qu’il y a un an a été lancée la « Delaware Blockchain initiative », ayant pour but d’incorporer la technologie blockchain aux services publics, comme la gestion des titres de propriétés, des certificats de naissances ou décès, des licences professionnelles, des réclamations…

Nous avons donc l’état ayant la plus forte concentration d’entreprises qui soutient la technologie blockchain en lui donnant une base légale. Même si l’adoption de cette technologie ne se fera pas en quelques jours, cela risque d’influencer fortement les autres états américains et le monde entier.

La question se pose alors ; les marchés classiques existeront-ils encore dans 10 ans ?

*Ledgers : Portefeuille d’actions, registre de compte.

Source : Coindesk