Elon Musk, Anthropic et les patrons de l’IA alertent sur l’Intelligence Artificielle : Les marchés dévissent
Consensus rarissime au sommet de l’IA. Dario Amodei (Anthropic), Sam Altman (OpenAI) et Elon Musk (xAI) ont convergé ce week-end vers le même constat : il faut ralentir la course aux capacités. Le marché a réagi dès lundi. SoftBank a perdu 11,73 % à la Bourse de Tokyo, entraînant dans sa chute les semi-conducteurs asiatiques et européens.
Le bitcoin, lui, ne suit pas le mouvement. Il s’accroche à 77 800 dollars quand CoreWeave perd 5 % en avant-Bourse et Nebius 6 %, les deux valeurs les plus exposées à la location de calcul pour l’IA. Les mineurs de Bitcoin reconvertis en fournisseurs de calcul restent, eux, à l’affût du sentiment sur ce secteur.
Points clés
- Amodei propose trois mesures pour freiner le développement de l’IA
- Altman renonce à une introduction en Bourse d’OpenAI cette année
- SoftBank signe la pire séance du Nikkei, à -11,73 %
- Le bitcoin grimpe pendant que les valeurs de calcul pour l’IA reculent
Un front commun inédit chez les patrons de l’IA
Dans un essai publié samedi sur son site personnel, Dario Amodei propose un plan en trois volets :
- donner à des évaluateurs indépendants un accès permanent aux modèles d’Anthropic,
- fixer des standards de sécurité communs entre laboratoires occidentaux,
- négocier des garde-fous avec les gouvernements qui ne partagent pas ces règles. Anthropic ne s’engage que sur ce point.
Sam Altman a suivi le mouvement dans un entretien accordé à Fortune samedi. Il écarte toute entrée en Bourse d’OpenAI en 2026 et dit vouloir « pacer » le développement de ses modèles, comme le lui demande Amodei. Elon Musk a validé la démarche en trois mots sur X : « Dario a raison ».
De son côté, Microsoft, par la voix de Satya Nadella, accueille favorablement l’idée d’évaluateurs intégrés et prépare un « code de conduite » interne pour ses propres modèles. Google DeepMind, Meta et Nvidia n’ont pour l’instant pris aucun engagement public.
Tokyo, Séoul, Francfort encaissent la correction
SoftBank est le plus exposé à OpenAI. Le conglomérat de Masayoshi Son a soldé sa participation dans Nvidia, environ 5,8 milliards de dollars, pour financer un engagement pouvant atteindre 30 milliards dans OpenAI et sa participation à Stargate, la coentreprise de centres de données lancée avec Oracle. Le titre a perdu 11,73 % lundi à Tokyo, la plus forte baisse du Nikkei 225, qui recule de 1,61 % à 62 979 points.
La correction déborde largement le Japon. Le Kospi sud-coréen cède 2,5 %, plombé par SK Hynix et Kioxia, en repli respectivement de 5,3 % et 6 % en séance. En Europe, ASML perd 4,4 % et STMicroelectronics 3,4 %. Une partie de la nervosité tient aussi aux paris sur une baisse de taux de la Fed cette semaine et à la flambée du brut, deux facteurs sans lien direct avec l’IA. Fin juillet déjà, SoftBank, SK Hynix et Samsung avaient perdu ensemble plus d’un billion de dollars de capitalisation lors d’un précédent accès de nervosité sur la valorisation de l’IA.
Bitcoin, le grand découplé de la séance
Le repli épargne le bitcoin. Le prix grimpe à 77 800 dollars lundi, en hausse d’environ 1 %, quand CoreWeave cède 5 % et Nebius 6 % en avant-Bourse. Aucune donnée n’est encore disponible pour Core Scientific, Cipher Mining ou TeraWulf, les mineurs de Bitcoin reconvertis en fournisseurs de calcul pour l’IA.
Les deux paris ne reposent pas sur la même mécanique financière. La thèse IA suppose des processeurs graphiques amortis sur quatre à six ans, financés par de la dette et parfois adossés à des montages circulaires entre fournisseurs et clients. L’émission du bitcoin est inscrite dans le code, sans échéancier de remboursement ni obsolescence matérielle à provisionner.
Les contrats de colocation décrochés par les mineurs reconvertis courent sur plusieurs mégawatts déjà réservés pour les prochaines tranches. Un ralentissement assumé de la course à l’IA remettrait en cause des capacités contractées bien avant d’être construites, quand les blocs Bitcoin, eux, continueront de tomber toutes les dix minutes.