“Les banques, le Minitel du paiement” : l’exchange Bitcoin Paymium veut lever 10 000 000 € !

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La course à la crypto-banque – A la marge du récent Paris FinTech Forum, le Journal du Coin a eu l’opportunité de s’entretenir avec Pierre Noizat. Le fondateur de Paymium nous a livré sa vision d’un futur crypto-monétaire où l’exchange français souhaite se faire toute sa place. Et pour ça, il est désormais question de lever à terme quelques 10 millions d’euros… le tout sur fond de tensions bancaires, comme en connaissent la plupart des crypto-entrepreneurs français.

Les banques et Bitcoin, un échec annoncé

“Les prises de position du Gouverneur de la Banque de France sont catastrophiques. Comme si on les attendait pour innover, alors que les banques sont déjà incapables de gérer correctement leurs propres réseaux”. Dès le début de l’échange, le ton est donné : Pierre Noizat et les banques françaises, ça n’a rien d’une grande histoire d’amour. Il faut dire que le patron français les a pratiquées : “une banque française par an depuis [la] création en 2010, et maintenant un passage obligé par une nouvelle banque allemande”. Un contexte peu rieur pour tenter de s’imposer alors que les mastodontes du secteur voguent au gré du vent, selon les humeurs des régulateurs. Pour autant, pas une raison pour se laisser abattre : l’exchange français compte bien s’étendre, et pour ça, une levée de fonds serait à l’ordre du jour.

“Nous envisageons une levée de fonds de l’ordre de 10 millions d’euros pour notre développement.” Pierre Noizat, aux Echos du jour.

En effet, à ses yeux, la révolution est en marché, et sa conclusion inéluctable : dans dix ans, “plein de cryptomonnaies seront en usage et acceptées par plein de commerçants”. En France, vraiment ? “On attendra comme d’habitude que ça arrive ailleurs d’abord, pour faire les suiveurs si d’autres pays avancent”, reconnaît M. Noizat.

Lever pour se développer, face à la concurrence et la réglementation

Pourquoi chercher à lever prochainement une dizaine de millions d’euros ? Une nécessité pour répondre “à un contexte très concurrentiel”, mais aussi pour secouer une industrie bancaire “qui profite trop de son contexte de monopole”. Evidemment, Paymium lorgne du côté des désormais fameux security tokens, d’un éventuel stablecoin algorithmique – présenté comme “possiblement assez proche de ce qui se faisait du côté de Basis” – ou encore de produits dérivés de la cryptosphère.

Ce dernier point ne surprendra pas grand monde : tous les principaux exchanges se lancent dans cette forme de crypto-course. Pour autant, chacun des axes de développement soulève des questions juridiques propres, qu’il faudra prendre le temps “d’évaluer soigneusement”, selon M. Noizat. Le fait que de grands acteurs historiques scrutent également la tokénisation au sens large ne semble pas effrayer le patron français, qui considère d’ailleurs que “le temps du consulting intensif est encore loin d’être révolu, avant de voir un géant – comme Euronext – se lancer vraiment”.

Affaire à suivre donc pour Paymium et Pierre Noizat : pour d’autres détails sur cette levée, il faudra encore attendre. D’ici là, ce sera peut-être l’occasion de continuer à se questionner sur les difficultés bancaires toujours rencontrées par les entreprises de la cryptosphère française : avancer l’argument fantasque d’une concurrence entre l’euro (et plus largement, le système financier actuel) et le microbe Bitcoin pourra paraître bien léger.

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Grégory Guittard
Bitcoin Maximaliste, Blockchain-sceptique. Je doute très fortement que la sacro-sainte Blockchain qu'on nous vend à tout bout de champ nous sauvera tous, façon délire christique. La perspective d'un moyen de paiement pair-à-pair, décentralisé et non censurable (Bitcoin) est ce qui me semble réellement révolutionnaire dans la cryptosphère. Je disrupte des articles à l'occasion sur mon temps libre, et souvent, aux dépends de vos shitcoins préférés. Je privilégie les sources vérifiables et le cynisme à la neutralité plate, mais je suis ouvert à la discussion : si j'ai écrit une énormité, n'hésitez pas à m'envoyer vos commentaires, remarques ou vos vociférations directement à [email protected]

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