Planche à billets, taux négatifs : à quelle sauce votre épargne sera-t-elle mangée ?

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La politique monétaire des taux d’intérêts négatifs est populaire dans certaines zones économiques, dont l’Union Européenne. Pour Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine, il est hors de question que la banque centrale se lance dans une telle aventure.

Invité par Scott Pelley dans l’émission 60 Minutes sur CBS News, et placé à une bonne distance de son interlocuteur, Jerome Powell a eu quelques difficultés pour se montrer rassurant quant à l’avenir économique des États-Unis.

La réalité de l’économie américaine selon le grand manitou

« S. P : À quelle réalité économique les américains doivent-ils se préparer ?

J. P : Et bien, je prendrais une approche plus optimiste de ceci, si je le pouvais. C’est un moment de grande souffrance et de grande difficulté. Et cela nous est arrivé si rapidement, et avec une telle force, que vous ne pouvez vraiment pas mettre de mots sur la douleur que les gens ressentent, et sur leur incertitude. Et cela va nous prendre un certain temps pour nous en sortir. »

Bien entendu, en tant qu’homme le plus influent sur l’économie américaine, Powell assure qu’il ne manque pas d’outils et de ressources pour relancer cette dernière, fortement affaiblie par la “crise du covid-19”.

« J.P : Nous pouvons faire beaucoup plus. Nous avons fait ce que nous pouvions au fur et à mesure. Mais je dirais que nous sommes loin d’être à court de munitions.

S.P : Est-ce juste de dire que vous avez simplement abreuvé le système de monnaie ?

J.P : Oui. Nous l’avons fait. C’est une autre façon de considérer cela. Nous l’avons fait.

S.P : D’où vient-elle ? Est-ce que vous l’imprimez ?

J.P : Nous l’imprimons numériquement. Donc nous – vous savez, nous en tant que banque centrale – nous avons la capacité de créer de la monnaie numériquement. Nous le faisons en achetant des bons du Trésor, des obligations ou d’autres titres financiers garantis par le gouvernement. Et cela augmente la quantité de monnaie. Nous imprimons également de la “vraie” monnaie, et la distribuons via les banques de la Réserve fédérale. »

Powell ne fait pas dans la langue de bois et décrit avec des mots assez justes la réalité de la politique monétaire de la réserve fédérale : son programme de rachat d’actifs a étendu le solde de la FED à près de 7000 milliards de dollars. Il y a quelques jours, la banque centrale a annoncé que 2999 milliards supplémentaires seraient injectés dans le système.

Rachats d'actifs par la FED
Les achats quotidiens d’actifs (bons du Trésor et MBS) menés par la réserve fédérale ces dernières semaines.

Les taux d’intérêt négatifs ne sont pas au programme

En revanche, si les taux directeurs sont proches du zéro, la barrière fatidique ne sera pas franchie :

« J.P : Je continue de penser, et mes collègues du Federal Open Market Committee (ndlr : l’organe de contrôle de la FED chargé d’appliquer les programmes d’achat de titres) continuent de penser, que les taux d’intérêt négatifs ne sont probablement pas une politique appropriée, ou utile, pour nous ici aux États-Unis.

S.P : Et pourquoi pas ? Le président (Trump) pense que cela aiderait.

J.P : Il n’est pas clairement établi qu’ils soutiennent effectivement l’activité économique. Le problème est que les gens qui déposeront de l’argent dans les banques verront sa valeur diminuer et paieront des intérêts. Donc ce n’est pas une politique très populaire, comme vous pouvez l’imaginer. De plus, cela tend à réduire la profitabilité des banques, ce qui les force à moins prêter, et ce qui pèse sur la croissance. Il n’est pas prouvé, en analyse économique, que les taux d’intérêts négatifs ajoutent de la valeur. »

Nous pouvons certainement apprécier le franc-parler des administrateurs de la Réserve fédérale. Cela tranche avec les élégantes circonvolutions des banquiers centraux européens, qui préfèrent noyer sous des termes obscurs la réalité de leur politique monétaire.

La réaction des marchés

Cette sincérité se ressent d’ailleurs sur les marchés : après ces déclarations, les cours de l’or et de l’argent ont bondi.

Quant à notre ami Bitcoin, de nombreux analystes pensent que la création monétaire déraisonnable des banques centrales sera le principal catalyseur d’un bull run à venir.

On peut par exemple citer les dernières déclarations d’Andreas Anotonopoulos, ou celles de Robert Kiyosaki :

” Priez pour le meilleur, et préparez-vous au pire. “

L’intégralité de l’émission 60 Minutes est disponible sur le site de CBS News.

Illustration : ImageFlow/Shutterstock.com

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Morgan Phuc
Co-fondateur @ BitConseil / Journal du Coin

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