Jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour 1 milliard en cryptomonnaies ?

Si c’est gratuit, c’est vous le produitLes dons de cryptomonnaies (les fameux aidrops) sont monnaie courante dans la cryptosphère. S’ils peuvent être distribués pour attirer de nouveaux utilisateurs, ils peuvent également récompenser des utilisateurs précoces pour avoir testé un protocole. Dans le cas présent, Worldcoin présente une offre généreuse, mais qui cache quelque chose de plutôt inquiétant.

Worldcoin, une crypto gratuite ? Mon œil !

Sorti un peu de nulle part, le projet Worldcoin est pourtant soutenu par des fonds d’investissement géants du secteur des crypto-actifs. Comme le révèle notamment Cointelegraph, ce projet crypto vient en effet de recevoir 25 millions de dollars de financement de la part de Andreessen Horowitz (a16z), Coinbase Ventures et d’autres fonds, faisant monter sa valorisation à 1 milliard de dollars.

Le très ambitieux objectif de Worldcoin est que sa cryptomonnaie atteigne plus d’1 milliard de personnes d’ici 2 ans, avec une proportion égale pour chaque individu. En échange du don « gratuit » de sa crypto, le projet ne demande pas grand-chose, juste un léger petit détail : le scan de l’empreinte rétinienne de votre œil.

Si encore la prise d’empreinte rétinienne se faisait avec un appareil médical à l’apparence un tant soit peu normale, peut-être que cela passerait mieux. Mais le scan d’œil de Worldcoin se fait avec de très étranges sphères à la surface chromée, appelée « Orb » (ludique ou effrayant , selon les goûts).

Worldcoin prévoit de scanner l’empreinte rétinienne de votre œil dans le cadre de son airdrop auprès d'1 milliard de personnes
Image illustrant le scan de l’empreinte rétinienne des bénéficiaires de l’airdrop de Worldcoin – Source : worldcoin.org

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Échange données biométriques personnelles contre Worldcoin

Le projet Worldcoin, co-fondé par Alex Blania, Sam Altman et Max Novendstern, aurait déjà vu la participation de plus de 100 000 personnes durant sa première phase de test, avant une distribution (et des scans oculaires) de masse qui commence ce mois de novembre. Worldcoin compte produire pas moins de 4 000 de ces orbes très indiscrètes par mois.

Bien sûr, tout cela est pour la bonne cause et pour s’assurer que tous les participants touchent une part égalitaire de Worldcoin. Le scan rétinien assurerait ainsi qu’aucun petit malin n’essaie de recevoir plusieurs fois sa part.

De même, son co-fondateur Alex Blania nous assure que les photos des rétines des utilisateurs ne sont « stockées nulle part », qu’elles sont transformées en un code numérique, et qu’un protocole de preuves à divulgation nulle de connaissance (zero-knowledge proofs) est utilisé pour garder les informations des utilisateurs « privées et sécurisées ».

On se demande malgré tout pourquoi une bonne vieille empreinte digitale ne suffirait pas, vu qu’elles sont déjà devenues obligatoires dans les documents d’identité récents, on n’était plus à ça prêt (et encore…). Et justement, cela n’est heureusement pas encore le cas des scans oculaires. De là à penser que ce serait pour habituer les gens à ce genre de procédés, ce serait vraiment du vilain « complotisme ». Il est vrai que la crise de la Covid n’a entraîné aucune dérive de ce genre.

Ferez-vous confiance aux « opérateurs d’Orb » que vous allez peut-être bientôt croiser dans les rues ? Sachez en tout cas que ces derniers répandront la bonne parole de Worldcoin contre de juteuses incitations financières. Des bonnes (?) intentions qui rappellent le wallet pour instaurer l’identité numérique dans l’Union européenne. Les Cypherpunks apprécieront.

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Rémy R.

Issu d’une formation universitaire en Sciences, je m’intéresse aux blockchains et à Bitcoin depuis 2013 et en ai même miné à l’époque. La bulle qui s'en est suivie m'en a détourné, mais je m'y suis replongé depuis 2017 et les étudie depuis avec passion.

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