Telegram : Des revenus en hausse en 2025 mais plombés par la baisse du Toncoin (TON)
Peut mieux faire. La messagerie Telegram a enregistré une progression significative de ses revenus opérationnels au cours du premier semestre 2025, alors que l’entreprise poursuit sa restructuration financière en vue d’une éventuelle introduction en bourse (IPO). Malgré une croissance soutenue de son activité, la société est confrontée à la forte volatilité de ses actifs numériques et à des défis géopolitiques persistants.
- Telegram a enregistré une hausse importante de ses revenus opérationnels à 870 millions de dollars au premier semestre 2025, malgré une perte nette de 220 millions de dollars.
- L’introduction en bourse de Telegram reste incertaine, entravée par des obstacles juridiques et la volatilité des actifs numériques, notamment le Toncoin.
Une croissance tirée par les accords liés à la blockchain
Selon les données financières non auditées rapportées par le Financial Times, les revenus de Telegram ont atteint 870 millions de dollars au premier semestre 2025, contre 525 millions un an plus tôt. Environ un tiers de cette somme, soit 300 millions de dollars, provient d’accords d’exclusivité liés à l’écosystème Toncoin (TON).
Toutefois, cette dépendance aux cryptoactifs a pesé sur le bilan global. Telegram a ainsi affiché une perte nette supérieure à 220 millions de dollars sur la période, contrastant avec le bénéfice de 334 millions de dollars réalisé au premier semestre 2024. Cette perte est directement attribuée à la dépréciation des avoirs en Toncoin, dont la valeur a chuté de 69 % sur l’année 2025 selon Coinmarketcap. Pour atténuer ce risque et financer ses opérations, l’entreprise a procédé à la vente de plus de 450 millions de dollars de jetons TON depuis le début de l’année, ce qui représente environ 10 % de la capitalisation boursière du jeton.

Structure de la dette et obstacles à l’introduction en bourse
Sur le plan du financement, Telegram a levé 1,7 milliard de dollars via des obligations convertibles en mai 2025, avec la participation d’investisseurs d’envergure tels que BlackRock et la firme d’investissement Mubadala d’Abou Dhabi. Parallèlement, environ 500 millions de dollars d’obligations émises en 2021 se trouvent actuellement gelés dans le dépositaire central de titres de Russie en raison des sanctions occidentales.
La direction de Telegram a toutefois précisé que la société n’est pas dépendante du capital russe, soulignant que ses dernières émissions obligataires ont exclu les investisseurs de cette juridiction. Enfin, le projet d’introduction en bourse reste incertain. Outre les conditions de marché, la situation juridique de Pavel Durov, sous enquête formelle en France, constitue un frein majeur. Telegram a indiqué à ses créanciers qu’une résolution judiciaire était nécessaire avant de pouvoir envisager sereinement une cotation sur les marchés publics.
L’année 2025 marque ainsi une étape de transition pour la société. Si la stratégie de monétisation via l’écosystème Web3 et la publicité porte ses fruits en termes de revenus bruts, l’exposition directe aux fluctuations des cryptoactifs et les incertitudes juridiques pesant sur sa direction limitent pour l’instant sa visibilité financière à long terme.