Pétrole à 100 dollars : Les Houthis rallument la guerre du Golfe, Bitcoin trinque
Qui sème le vent récolte la tempête. Ce mercredi 9 septembre, le Brent a franchi les 100 dollars, un plus haut intrajournalier à 100,19 $, une première depuis fin mai. La veille, mardi, les frappes houthies avaient propulsé le baril vers les trois chiffres. Un pic éphémère à ce niveau, le 23 juillet, s’était effacé dès la séance suivante (clôture à 96,78 $ le 24). Cette fois, le seuil tient. La guerre du Golfe trouve un nouveau front, du côté saoudien.
- Le Brent a franchi les 100 dollars, atteignant un sommet intrajournalier historique suite aux frappes houthis en Arabie saoudite.
- Les attaques ont provoqué des incendies dans des installations de Saudi Aramco, entraînant une escalade inquiétante des tensions géopolitiques et un impact majeur sur le marché pétrolier.
Le pétrole s’envole après les frappes houthies
Mardi, des drones et missiles balistiques des rebelles houthis, soutenus par l’Iran, ont visé quatre villes du sud de l’Arabie saoudite, Abha, Jazan, Najran et Khamis Mushait, rapporte NPR. Des incendies se sont déclarés sur des sites de Saudi Aramco. 73 personnes ont été blessées, femmes et enfants compris. La raffinerie de Jazan, à elle seule, traite 400 000 barils par jour. Le général de division Turki al-Malki, porte-parole militaire saoudien, a qualifié l’assaut d’escalade sérieuse et promis des mesures de dissuasion.
Ces frappes suivent des tirs américains du week-end contre trois pétroliers iraniens. Sept mois de guerre. La spirale continue, un coup en entraîne un autre.

Hormuz à sec, Goldman Sachs revoit sa copie
Le détroit d’Hormuz acheminait 8 à 9 millions de barils par jour avant la reprise des combats le 30 août. Depuis, les flux seraient tombés sous les 2 millions. Les exportations du Golfe tournent désormais autour de 11 millions de barils quotidiens contre 18 millions avant-guerre. Les qualités Dubai et Oman s’échangent déjà entre 104 et 105 dollars. Goldman Sachs a relevé mardi sa prévision sur le Brent de 5 dollars, à 85 $ pour décembre et 80 $ pour 2027, selon une note citée par Reuters. La banque évoque même un scénario au-delà de 120 dollars en cas d’escalade des attaques contre le transport maritime, selon Daan Struyven, coresponsable de la recherche matières premières chez Goldman Sachs.
La facture, elle, ne fait qu’enfler. Le compteur en temps réel du Climate Solutions Lab de l’université Brown chiffre à plus de 100 milliards de dollars le surcoût énergétique déjà payé par les consommateurs américains, à raison d’un million de dollars supplémentaires toutes les deux minutes. L’inflation grimpe avec le baril. Elle a déjà atteint 3,4 % sur un an en juillet, essence en tête avec +24,6 %, selon le Bureau of Labor Statistics. Les chiffres d’août tombent vendredi.
Bitcoin trinque, mais refuse de s’effondrer
Sur les marchés crypto, la facture se paie aussi. Bitcoin recule autour de 78 300 à 78 700 dollars ce 9 septembre, après avoir brièvement touché 82 283 $ le 3 septembre. Le mécanisme n’a rien de mystérieux. Un pétrole durablement cher pousse les rendements obligataires vers le haut et durcit les anticipations de taux américains, deux vents contraires pour les actifs les plus risqués du marché. Le seuil des 80 000 $ résiste toujours aux assauts du BTC.
Bitcoin recule d’environ 4 % depuis son pic de la semaine dernière, une baisse contenue pour un choc énergétique de cette ampleur.
Le précédent le plus proche remonte à juin 2026, quand cinq mois de guerre s’étaient effacés du cours du Brent en quatre jours à peine, avant de repartir de plus belle quelques semaines plus tard. Cette fois, la mèche est rallumée du côté saoudien plutôt qu’iranien, un nouveau chapitre de la guerre du pétrole qui pèse sur Bitcoin depuis sept mois. Les chiffres d’inflation américains d’août, attendus vendredi, offriront le premier vrai test de ce baril à trois chiffres sur les prix à la consommation.