DeepSeek prépare son entrée en bourse : Le pari à 50 milliards de Liang Wenfeng
DeepSeek n’est pas encore coté en bourse. Mais plus pour longtemps, semble-t-il. Le laboratoire chinois qui avait ridiculisé les budgets pharaoniques de la Silicon Valley avec son modèle R1 s’active en coulisses pour préparer son introduction en bourse. Objectif affiché : boucler les rapports financiers d’ici la fin de l’année, puis déposer le dossier d’ici fin 2026 ou début 2027. Un calendrier serré, mais logique pour une entreprise qui vient de multiplier sa valorisation par cinq en quelques mois. Et qui a, au passage, transformé son fondateur en homme le plus riche de l’intelligence artificielle.
- DeepSeek a prévu son entrée en bourse d’ici fin 2026 ou début 2027, avec une valorisation vertigineuse de 50 milliards de dollars.
- Le fondateur Liang Wenfeng a vu sa fortune exploser, devenant l’homme le plus riche de l’intelligence artificielle après un tour de financement spectaculaire.
Deepseek : Une valorisation qui donne le vertige
En juin 2026, DeepSeek a bouclé son tout premier tour de financement externe : 7,4 milliards de dollars levés, une première pour un laboratoire jusque-là financé sur les fonds propres de High-Flyer, le hedge fund quantitatif dont il est issu. Résultat : la valorisation de l’entreprise bondit d’environ 10 milliards de dollars en avril à près de 50 milliards aujourd’hui. Vertigineux.
Liang Wenfeng, le fondateur, en profite directement. Il a personnellement injecté environ 3 milliards de dollars dans l’opération, soit 40 % du total, puisés dans les profits de High-Flyer. Comme le rapportait Bloomberg aujourd’hui, sa fortune personnelle a plus que doublé pour atteindre 36 milliards de dollars, de quoi dépasser Dario Amodei, cofondateur d’Anthropic, et Greg Brockman, cofondateur d’OpenAI, au classement des fondateurs d’IA les plus riches.

Le calendrier d’une IPO qui ne dit pas encore son nom
Reste que rien n’est encore signé. Selon des informations relayées par Bloomberg toujours, DeepSeek travaille actuellement avec des cabinets comptables pour boucler ses états financiers avant fin décembre (un préalable obligatoire avant tout dépôt de dossier d’introduction en bourse). La direction viserait un dépôt officiel d’ici la fin de l’année, ou début 2027.
Les investisseurs entrés au capital lors du tour de juin n’ont, eux, pas grand-chose à dire sur la suite : verrouillage des titres pendant cinq ans, zéro droit de vote. Liang garde la main, entièrement, sur la stratégie et sur l’objectif ultime affiché de l’entreprise, atteindre l’intelligence artificielle générale (AGI). Une gouvernance verrouillée façon start-up chinoise, où l’argent entre mais le pouvoir ne sort pas.
DeepSeek ne serait d’ailleurs pas seul sur ce chemin : l’onde de choc provoquée par le modèle R1 sur les marchés, de Nvidia jusqu’aux mineurs de Bitcoin, avait déjà marqué les esprits dès janvier 2025. Depuis, Zhipu AI et MiniMax ont fait leurs débuts à la Bourse de Hong Kong en janvier 2026, avec des capitalisations respectives proches de 56 et 37 milliards de dollars. La Chine tech accélère. Et DeepSeek ne veut visiblement pas rater le train.
Face au mastodonte SpaceX, DeepSeek fait figure de nain
Pour prendre la mesure du morceau, il suffit de regarder ce qui vient de se passer un peu plus à l’ouest. Le 12 juin 2026, SpaceX a fait ses grands débuts au Nasdaq sous le ticker SPCX, à 135 dollars l’action. 75 milliards de dollars levés. Une valorisation visée autour de 1 750 milliards de dollars. Et au passage, le titre de plus grosse introduction en bourse de l’histoire, devant l’Aramco saoudienne qui détenait le record depuis 2019.
Face à ce mastodonte, les 50 milliards de valorisation de DeepSeek font pâle figure. Rien d’étonnant, remarquons-le : l’entreprise d’Elon Musk pèse dans le dur (fusées, satellites, infrastructures), quand DeepSeek reste avant tout un pari sur du logiciel et des poids de modèles. Deux logiques d’IPO, deux échelles de capital. Mais 2026 restera, dans les deux cas, l’année où la tech a redécouvert le goût de la cotation en bourse.
Un nom qui attire aussi les margoulins
Le succès a un revers : des dizaines de cryptomonnaies frauduleuses ont fleuri sous le nom DeepSeek, sans aucun lien avec la société, portées par l’engouement autour du laboratoire. Une IPO officielle, dûment enregistrée auprès des autorités boursières, aurait au moins le mérite de clarifier qui parle au nom de qui. Ce ne serait pas un luxe.
Reste une question de fond, que la seule mécanique financière ne résout pas : une entreprise pilotée par un fondateur qui refuse de céder la moindre once de contrôle, financée par des investisseurs proches de Pékin, coïncide-t-elle vraiment avec les standards de gouvernance qu’exigent les marchés occidentaux ? Wall Street a boudé Alibaba pour moins que ça. Hong Kong, en revanche, a l’habitude. Et c’est peut-être précisément là que DeepSeek compte atterrir.