Bitcoin : 20 ans de prison pour avoir enlevé les parents d’un ado millionnaire voleur de 4100 BTC
Enlèvement crypto, suite et bientôt fin. Les piratages liés aux cryptomonnaies se comptent par centaines, mais peu basculent dans le fait divers criminel. Celui-ci en fait partie. Un hack à 4 100 BTC mené par un adolescent de 18 ans, un étalage de richesse sur les réseaux sociaux, puis l’enlèvement de ses parents par une bande venue de Floride. Aujourd’hui, l’un des organisateurs vient de plaider coupable devant la justice américaine. Il risque jusqu’à vingt ans de prison.
- Un adolescent de 18 ans a orchestré un piratage de 4 100 BTC, déclenchant une série d’événements tragiques, aboutissant à l’enlèvement de ses parents.
- Les complices de l’enlèvement ont plaidé coupable et risquent jusqu’à vingt ans de prison, révélant les dangers cachés derrière l’ostentation des richesses en cryptomonnaies.
Une affaire rocambolesque dans le secteur des cryptomonnaies
L’histoire commence en 2024, avec le piratage d’un wallet via une attaque par ingénierie sociale. L’opération est l’œuvre du jeune Veer Chetal, alors âgé de 18 ans, épaulé par deux complices. À eux trois, ils parviennent à dérober 4 100 BTC à leur victime, soit une fortune instantanée pour un mineur encore au lycée. Chetal a depuis plaidé coupable pour fraude et blanchiment, et coopère avec les autorités en témoignant contre les autres.
L’affaire aurait pu s’arrêter là, dans l’ombre des serveurs et des mixers. Mais le jeune hacker n’a pas su résister à la tentation d’exhiber son butin sur les réseaux sociaux. Voitures, montres, soirées : la mise en scène se déroule à Miami.
Cette exposition a directement déclenché l’enlèvement de ses parents, Sushil et Radhika Chetal. Derrière l’opération, deux noms : Adam Iza et Saif Faiq, qui ont recruté six hommes originaires de Floride pour passer à l’action. L’objectif était simple : extorquer au fils une partie de sa fortune en bitcoins, en se servant de ses parents comme moyen de pression.
La tentative a échoué. Les ravisseurs ont été interpellés, puis les principaux protagonistes arrêtés dans la foulée. Conséquence directe pour Veer Chetal : la saisie des 4 100 BTC dérobés à sa victime initiale.

Le complice de cet enlèvement plaide coupable
Sur le plan judiciaire, le dossier avance désormais à un rythme soutenu. Les responsables se succèdent à la barre pour plaider coupable. Veer Chetal a ouvert la voie, en reconnaissant sa responsabilité dans le vol des 4 100 BTC.
Les frères Adam Iza et Saif Faiq lui ont emboîté le pas. Ils ont reconnu devant le tribunal fédéral de Hartford, dans le Connecticut, leur culpabilité pour « complot en vue d’interférer avec le commerce par vol ». Une qualification pénale qui peut paraître technique, mais qui couvre, dans le droit américain, les vols commis dans un cadre coordonné affectant l’activité économique.
Selon le Département de la Justice (DoJ), Saif Faiq serait le véritable cerveau de l’opération. C’est lui qui aurait recruté les six hommes de Floride, organisé leur trajet vers le Connecticut et planifié l’invasion du domicile familial.
L’addition pourrait être lourde : jusqu’à vingt ans de prison, selon le DoJ. Sa condamnation est attendue le 28 août prochain. Les six hommes de Floride recrutés pour mener l’opération ont tous plaidé coupable, certains étant déjà condamnés à environ 11 ans de prison.
En France, la situation n’est pas moins préoccupante. Depuis 2025, le pays fait face à une véritable explosion des « crypto-kidnappings » et des attaques violentes : plus de 67 incidents recensés en 2025, déjà des dizaines en 2026, avec des dizaines de mises en examen, dont des mineurs recrutés pour des home-jacking et enlèvements ciblant entrepreneurs et investisseurs crypto. Le ministère de l’Intérieur et la justice française sont mobilisés, mais le message reste le même des deux côtés de l’Atlantique : la discrétion et la sécurité restent les meilleures protections dans l’univers des cryptomonnaies. Afficher sa fortune, c’est parfois inviter le malheur à sa porte… et à celle de ses proches.