Tokenisation : Singapour va toujours plus loin dans l’exploration du secteur
En avant, Singapour ! La petite république du sud asiatique assume fièrement sa devise officielle et se positionne actuellement comme un des leaders mondiaux de l’innovation financière. Le pays avance à toute vitesse sur le chemin de la tokenisation des actifs financiers et multiplie les annonces à ce sujet. À peine deux semaines après avoir communiqué sur son projet Guardian avec les autorités monétaires du Royaume-Uni, du Japon et de la Suisse, mais aussi plus d’une quinzaine d’institutions financières internationales, la Monetary Authority of Singapore (MAS) a publié un nouveau document qui en dit un peu plus sur le déroulement des opérations.
On y retrouve les rôles de chacun dans le projet, mais il est aussi question d’un nouveau réseau mondial baptisé Global Layer One. La cité-État a un coup d’avance sur tout le monde et accélère encore. Direction l’Extrême-Orient à plus de 10 000 km de Paris pour faire le point sur la situation.
On en sait un peu plus sur le projet Guardian piloté par la MAS de Singapour
L’idée principale des autorités de Singapour est de mener un maximum d’expérimentations dans le domaine de la tokenisation des actifs financiers en concertation et en bonne intelligence avec le secteur de la finance traditionnelle. C’est pour cela que le projet Guardian a vu le jour. Selon le communiqué de presse, il aura trois objectifs principaux :
- libérer des liquidités
- débloquer des opportunités d’investissement
- accroître l’efficacité des marchés financiers
Pour mener à bien tout ceci, la MAS s’est entouré d’institutions internationales avec qui elle travaillera à la mise en place de nouveaux outils et de nouveaux standards. Mais, en parallèle du Guardian Project, cinq projets industriels pilotes sont également sur la table avec des missions bien précises pour chacun des acteurs concernés.
Citi, T. Rowe Price et Fidelity testeront par exemple, des transactions bilatérales d’actifs numériques quand Oversea-Chinese Banking et BNY Mellon expérimenteront de leur côté des paiements transfrontaliers en différentes devises.
A.N.T International travaillera à la mise en place d’une solution de trésorerie pour améliorer la gestion des liquidités à l’échelle mondiale pendant que Franklin Templeton teste la tokenisation d’actifs sous la forme d’une société à capital variable (VCC).
Enfin, J.P. Morgan et Apollo collaboreront sur l’utilisation concrète des actifs numériques pour permettre une gestion plus fluide des portefeuilles.
Le projet Global Layer One (GL1) ou le premier réseau mondial pour échanger des RWA
Mais, la nouveauté du présent communiqué est surtout la mise en place d’un réseau numérique baptisé Global Layer One (GL1) avec des ambitions assumées :
« GL1 facilitera la mise en place de transactions transfrontalières transparentes et permettra d’échanger des actifs tokenisés entre des pools de liquidité mondiaux, tout en répondant aux exigences et aux directives réglementaires nécessaires.
La participation des acteurs publics et privés contribuera à garantir que les infrastructures numériques fondamentales sont établies conformément aux normes internationales. »
Monetary Authority of Singapore à propos du GL1 – Source : communiqué de presse
Dans ce projet, on retrouve BNY Mellon, DBS Bank, JP Morgan et Mitsubishi UFJ Financial Group qui travailleront en concertation avec l’ensemble des membres du Projet Guardian et notamment les autorités nationales de régulations financières.
Enfin, il est aussi question d’un modèle de réseau interconnecté (INM) défini en ces termes :
« [L’INM] servira de cadre commun pour l’échange d’actifs numériques sur des réseaux indépendants. Cela permettra aux institutions financières d’effectuer des transactions entre elles sans qu’il soit nécessaire qu’elles soient toutes sur le même réseau. »
Monetary Authority of Singapore à propos du INM – Source : communiqué de presse
La dernière information concerne le Fonds Monétaire International (FMI) qui rejoint la gouvernance du Projet Guardian aux côtés des décideurs politiques du Japon, de la Suisse, du Royaume-Uni et donc de Singapour. Le pays du président Tharman Shanmugaratnam a su rassembler autour de la même table des acteurs historiques de la finance ainsi que des institutions internationales de régulation afin de bâtir ce qui sera sûrement le premier embryon de réseau mondial pour l’échange d’actifs financiers tokenisés.