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Kraken répond une nouvelle fois au procureur de New York

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En avril 2018, le procureur général de New York avait envoyé un questionnaire à 13 exchanges, injonction à laquelle Kraken et deux autres concurrents avaient refusé de se conformer. Ces questionnaires ont porté leurs fruits pour donner naissance quelques mois plus tard au rapport “Virtual Markets Integrity Initiative”.

Le “Virtual Markets Integrity Initiative”

Le questionnaire, matière première du rapport, avait été envoyé à 13 exchanges – Bitfinex, bitFlyer, Bitstamp, Bittrex, Coinbase, Gemini, itBit, Poloniex, Tidex, Huobi, Binance, Gate.io et Kraken. Seuls les trois derniers cités n’ont pas répondu, et Kraken avait été particulièrement vigoureux dans son refus.

Ce faisant, le rapport préconise une enquête quant à de potentielles violations des lois new-yorkaises. Jesse Powel, président de Kraken, s’est empressé de répondre à ces accusations, ce que nous verrons par la suite. Le rapport met en lumière trois principaux sujets de préoccupation.

La polyvalence des exchanges pourrait être source de conflits d’intérêts

Les exchanges interviennent à plusieurs niveaux au sein de la cryptosphère. Les plateformes jouent simultanément un rôle de place boursière et un rôle de transfert de fonds. Parallèlement, nombre d’entre eux détiennent d’importantes quantités de devises numériques. Et certains – comme Binance avec le BNB – émettent leur propre monnaie.

Un exchange endosse donc plusieurs casquettes, qui possèdent chacune des motivations différentes dans l’accomplissement de leur mission, ce qui pourrait amener des conflits d’intérêts. Le rapport prend notamment l’exemple des employés d’un exchange qui obtiennent des informations avant les utilisateurs, et qui parieraient sur le marché contre leurs utilisateurs sur la base de ces informations.

Bien que ces inquiétudes soient tout à fait valides, de telles répartitions des rôles existent aussi sur les marchés traditionnels et l’infraction de délit d’initié – qui consiste à utiliser les informations confidentielles sur une place boursière dont les autres investisseurs ne disposent pas y est toute aussi répandue.

Le spectre des manipulations de marché ne serait pas qu’un spectre

Le rapport affirme que très peu d’exchanges sont protégés contre les pratiques abusives, telles que les manipulations de marché. Les plateformes de change n’auraient pas de standards de surveillance assez élevés permettant d’identifier les échanges suspects – notamment les bots qui procéderaient à du trading automatisé à haute fréquence. Lorsque l’on ajoute ces éléments au fait que la majeure partie des cryptomonnaies sont détenues par un petit nombre d’individus, cela donne un terreau fertile pour les manipulations de marché.

La protection du consommateur laisse à désirer

Enfin, l’équipe du procureur général estime que la protection du consommateur sur les exchanges n’est pas assez aboutie. En effet, le rapport fait état d’inquiétudes relatives à la sécurité des fonds des comptes des utilisateurs et propose la généralisation de l’authentification à deux facteurs pour accéder à un compte sur une place de change. Ensuite, les contrats d’assurance souscrits par les exchanges ne seraient pas à même de protéger les consommateurs contre la perte ou le vol de cryptomonnaies dus a un hack ou une faille de l’exchange.

General attorney vs. Jesse Powel : round 2

Outre les constats évoqués ci-dessus, les équipes du procureur général de l’État de New York ont affirmé avoir transmis le dossier de trois exchanges, dont celui de Kraken, au département des services financiers de l’État pour une enquête sur de potentielles violations des lois new-yorkaises relatives aux cryptomonnaies.

Jesse Powell n’a absolument pas apprécié que de telles allégations soient émises. Après l’envoi du questionnaire, Kraken s’était engagé à ne plus proposer ses services aux résidents new-yorkais, et le rapport ne contient aucun élément à même de prouver que l’exchange propose encore ses services aux New-Yorkais.

Sur Kraken, l’identification des clients se fait par un système de paliers, allant du “tier 0” au “tier 4”. Au “tier 0”, l’exchange ne demande pas de documents officiels au client, cependant, la plateforme vérifie l’adresse IP des clients pour en déduire leur localisation et vérifier leur adresse physique. Cela permet finalement d’exclure des clients en fonction de leur géolocalisation.

Jesse Powell a déclaré en réponse à ce rapport :

« Quelqu’un doit être la voix de la raison. Si nous acceptons des pratiques corrompues comme étant la norme, sans réagir par peur de représailles illégitimes, pourquoi nous sommes-nous lancés dans cette aventure ? (…) Nous répliquons uniquement lorsque nous sommes intimement convaincus que le régulateur se trompe, et que le consommateur risque d’être mis dans une position délicate, ou lorsqu’un organisme outrepasse ses compétences. » Jesse Powell

Sources : Bitcoin Magazine lien 1 & lien 2 || Image from Shutterstock

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Juriste spécialisé en droit des affaires, je suis passionné par les cryptomonnaies depuis leur apparition sur le Deepweb. Fervent supporter du Bitcoin, je suis convaincu que les devises numériques joueront un rôle déterminant dans l'avenir de nos sociétés. Je m'intéresse tout particulièrement aux aspects financiers et législatifs des cryptomonnaies.

2 Commentaires

  1. Où se situe binance dans le classement des tableaux ? Vu que celui ci à l’air d’être sérieux aussi .
    Une adresse i.p ne prouve rien vu que les proxy sont souvent utilisés pour les trafiques .

    • Bonjour gloup,
      Binance s’est implanté a Malte pour ne pas avoir a subir ce genre d’interrogatoire.
      Et comme vous pouvez le voir dans la seconde image très peu d’exchanges bloquent les connexions par VPN, les adresses IP ainsi obtenue n’ont donc en effet aucune valeur indicative quant à la localisation de l’utilisateur.

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